Penne (folklore)

casquette étudiante portée par les étudiants laïcs de Bruxelles et Liège

La penne est la coiffe traditionnelle et folklorique des étudiants belges des universités non catholiques (d'État comme l'ULiège et l'UMons, ou libre comme l'ULB et la VUB) ainsi que de plusieurs hautes écoles et écoles supérieures des arts en BelgiqueLiège, à Namur, à Gembloux et à Charleroi, y compris dans les établissements catholiques).

Penne d'un étudiant du cercle de médecine de l'ULB (baptisé en 1999).

Bien que la penne soit considérée comme un élément traditionnel porteur d'une grande signification symbolique, tant les traditions que leur symbolique varient de faculté en faculté et d'université en université.

La penne est indissociable du baptême et du cercle étudiant qui l'a administré. Ce cercle est fortement lié à une faculté ou à une section de faculté. Le corps professoral de chaque faculté a fréquemment été baptisé ou baptiste (ou farouchement anti-baptême) en d'autres temps. Toutes ces notions tendent à se télescoper. On ne peut parler de la penne sans parler de cercle, faculté et baptême estudiantin.

Historique

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Origine

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Elle serait apparue vers 1850 dans les internats de l'ULB[1]. Les premières mentions de ce couvre-chef à Liège datent des années 1860[2].

Plusieurs interprétations de son origine et de sa signification existent :

  • la casquette, emblème à l'époque des gens du peuple, permet à l'étudiant de marquer son indépendance par rapport à la bourgeoisie (dont l'étudiant est bien souvent issu lui-même)[2];
  • une interprétation nous vient du bibliothécaire de l'ULg Eugène Polain: « Leur costume, nous-dit-il, le jour de sortie, était très curieux : en 1869 [1867 ndlr], lors de la célébration du 50e de l’Université : ils avaient quelque peu copié le costume des universitaires allemands et portaient le pantalon blanc, une veste assez courte et fort étriquée. Ils avaient comme coiffure une petite casquette étroite avec une petite visière entoile cirée. »[2]
  • d'autres[Qui ?] considèrent que la penne ayant été créée en opposition à la calotte, la longue visière de cette casquette sert à protéger nos yeux du regard de Dieu. Cette interprétation est cependant soumise à polémique, la calotte ayant été créée en 1895, donc postérieurement à la penne[3]. Cela dit les étudiants portant la penne étaient souvent athées voire anticléricaux.
  • on trouve aussi quelques sources qui font référence, en tout cas pour les pennes noires de Polytechnique, aux casquettes portées au XVIIIe siècle par les mineurs, les métallurgistes et les cheminots[réf. nécessaire].

Évolution

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À l'époque de son apparition à Liège, elle est décrite comme une « casquette étroite en drap avec visière en toile cirée »[4]. Elle était alors verte, couleur également de l’ULg, bien qu'il ne soit pas possible de déterminer dans quel sens s'est fait influence[2]. 20 ans plus tard, la casquette est clairement devenue commune chez les étudiants. Les couleurs se sont, alors, multipliées: le vert pour les étudiants en médecine, le blanc pour les juristes et les philosophes et le noir ou le bleu chez les étudiants des Mines.[2]

Jusqu'en 1926 à l'ULB, les pennes arboraient toutes un ruban vert et rouge (couleurs de Bruxelles). L'assemblée générale des étudiants de l'ULB, voulait se différencier des étudiants d'autres écoles. Même les élèves de l'enseignement secondaire portaient une penne, comme en témoignent les fresques de l'Athénée Solvay de Charleroi. Elle instaure donc le code de couleurs des bordereaux distinguant les facultés. L'écusson de l'ULB et l'insigne facultaire sont alors également ajoutés aux pennes[5]

La visière s’est progressivement allongée pour atteindre ses dimensions actuelles au cours des années 1970[4].

Appellations

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À l'origine à Liège, le couvre-chef est simplement appelé casquette. À partir de 1908, le mot d'origine wallonne penne signifiant visière s'étend à l'ensemble du chapeau[2]. L'évolution est probablement la même à l'ULB mais cela demande confirmation.[style à revoir]

En 1912, La revue estudiantine Viens-y-Philis !! de l’Association des étudiants en médecine de Liège voit apparaître le terme crapuleuse (du grec kraipalê et du latin crapula signifiant ivresse) qui sera utilisé jusqu'à la Seconde Guerre mondiale dans la cité ardente[2]. À l'ULB au début du XXe siècle, on utilisait également le terme de clippe pour désigner la penne, celui qui la porte étant un clippard[6]

Description

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La penne se compose de quatre parties :

  • le calot
  • le bordereau
  • le liseré
  • la visière

Des similitudes et des différences notables entre universités et facultés compliquent grandement la description de ces trois pièces.

Le calot

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Il s’agit de la pièce de tissu recouvrant le crâne. Sur son sommet est fréquemment inscrit le nom de l'université ou de l'école supérieure. Sa couleur de départ varie selon les facultés et les universités et peut par la suite être altérée par les produits utilisés lors des baptêmes (bleu de méthylène, mélasse de betteraves, etc.).

On y accroche toutes sortes d'insignes, symboles et décorations ; notamment le symbole facultaire. Ce symbole peut être classique (Bâton d'Asclépios, souvent appelé erronément caducée[7]) pour la médecine, couronne de laurier pour les sciences politiques...) ou inattendu (serpent enlaçant une flèche entre deux éclairs pour la psycho, au lieu de la lettre grecque (Ψ) à laquelle on s'attendrait).

L’UCL possède un système particulièrement élaboré de symboles sous forme de petites broches en métal doré à placer sur les calottes, qui n'est repris que partiellement sur les pennes.

Une penne porte fréquemment des objets ordinaires (voir photo) ayant une signification particulière pour l'étudiant. Il est sous-entendu que des pennes portant des objets semblables (pompon, plaquette de contraceptif...) indiquent une communauté d'expérience chez leurs porteurs (participation aux mêmes évènements, accidents semblables...)

À l'ULB et à la VUB

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L’ULB et la VUB, son homologue néerlandophone, suivent les mêmes traditions.

Le calot est au départ de couleur beige clair (noir charbon pour les ingénieurs) et porte un large triangle[8] brodé sur le sommet contenant les lettres ULB ou VUB dans la couleur facultaire. Un écusson en tissu représentant le symbole du cercle est cousu à l'avant du callot. Un insigne métallisé représentant le même symbole (ou un assimilé) est placé de l’autre côté, à l'arrière. Fréquemment, cet insigne permet de distinguer les étudiants de départements différents (par exemple Chimie versus Mathématiques) qui appartiennent à la même faculté (la Faculté des sciences dans notre exemple).

Après la bleusaille de son propriétaire, la date du baptême est écrite (ou cousue) sur le côté droit ou à l'arrière avec d'éventuels détails cérémonials (Baptisé versus Accueilli, Tondu, Picraté).

Penne Ingénieur Civil de l'Ulg

L'ULB et la VUB se distingue également par les médailles de Saint-Verhaegen, éditées chaque année pour la date anniversaire de l'université. Ses médailles font l’objet de collections, même longtemps après que l’étudiant a quitté l’université.

À Liège

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À Liège (à l'exception de la faculté de médecine vétérinaire), les baptisés cousent un morceau de tissu représentant le blason de la Province de Liège. L’insigne métallisé représentant le symbole de la faculté est placé à l'avant de la penne en faculté de médecine vétérinaire, à la droite de l'insigne représentant le perron, sur le calot au-dessus du ruban, pour les autres[9].

À Mons

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Pennes FUSAGx (1976 & 2009).

À l'exception des étudiants de la Faculté Warocqué sur la penne desquels est cousu le logo de leur cercle (La penne wawa, a un calot noir (rappelant les ingénieurs des mines, un liseré rouge (pour mons), un bordereau bleu (pour la faculté de gestion) et le symbole cousu représente les ailes croisées de mercure le dieu du commerce)., les calots montois sont généralement de couleurs unies et sobres. Autre dérogation à cette règle, chez les étudiants de l'Institut d'architecture dont le calot s'orne du fameux triangle reprenant le "A" pour Archi et le "M" pour Mons, ainsi que du logo des étudiants en architecture représentant des outils de dessin.

Les étudiants de l'UCL Mons (Fucam-Consule) portent une penne à courte visière, pour laquelle le folklore d'attribution est pareil aux autres facultés du folklore de la penne, mais étant inscrit à une université obédience catholique leur couvre chef est parfois appelé calotte, le plus souvent penne consulaire.

À Gembloux

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À Gembloux, les pennes sont de couleur blanche à bande verte. Pour la faculté agronomique, le calot est brodé FAGx, et pour l'ISIa il est brodé ISI. En tête du calot, il y a un écusson représentant une charrue et quelquefois un ou deux autres ornements. L'ancienne tradition qui consistait à orner la penne avec différents éléments liés aux orientations des études et à divers événements de la vie du guindailleur a évolué vers la collection de ces objets accrochés directement aux maillons de la chaîne d'attache.

À La Reid

À La Reid, le callot est blanc et le liseret est vert maïs, sur le dessus de celui-ci est inscrit dans un octogone : ISA (institut supérieur agronomique). À l’avant du callot, une charrue y est brodée. Les chaines, attachées à la penne, sont par coutûmes, des chaines d’attelage pour vache, portée croisée dans le dos et sur le torse[10].

À Arlon

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À Arlon, les pennes sont de couleur noir à bande verte et blanche. Pour les deux Hautes Écoles d'Arlon, la Haute École Robert Schuman (HERS) et la Haute Blaise Pascal (HEBP), il est brodé ISI en tête du calot. Il est de coutume d'orner sa penne avec les décorations et la chaine avec les trophées de guindaille. Contrairement aux autres grandes villes belges comprenant plus d'une haute école, la ville d'Arlon n'a qu'un seul comité de baptême pour deux Hautes écoles.

Penne du Cercle Espena-Mat (ici, penne Espena).

À Namur

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À Namur, il existe six cercles pennés, chacun associé à une Haute École de la région. Contrairement aux calottés de l’université, qui sont liés aux régions, les cercles pennés représentent les écoles supérieures namuroises et rassemblent les étudiants de leur institution respective.

Les couleurs des pennes et leurs liserts (bords) varient selon l’école :

  • Blanches et vertes pour le Cercle Espena-Mat (HEAJ pour l’ESPENA et secteur Maternité de la HEPN). Les pennes vertes symbolisent l’ESPENA, tandis que les blanches représentent la Maternité. Certaines pennes arborent le blason de la ville de Namur cousu au sommet.
  • Grises pour le Cercle Sainte-Élisabeth (département paramédical de l’HENALLUX), penné depuis 1997. Lisert : jaune sur vert.
  • Lie-de-vin pour le Cercle ISGH (Institut Supérieur de Gestion Hôtelière de la HEPN), penné depuis 1996. Les comitards de l’ISGH portent tous la toge. Lisert : blanc sur rouge.
  • Bleues royal pour le Cercle ISFS (Institut Supérieur de Formation Sociale de l’HENALLUX), penné depuis 1997. Lisert : vert sur bleu.
  • Noires pour le Cercle IESN (Institut d’Enseignement Supérieur de Namur, départements économie, technique et pédagogie de l’HENALLUX), penné depuis 2002. Les lettres de l’IESN y sont brodées sur le dessus. Lisert : bleu sur rouge.
  • Rouges pour le Cercle IMEP (Institut de Musique et de Pédagogie), penné depuis 2014. Lisert : jaune sur bleu.

À Charleroi

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À Charleroi, il existe actuellement [Quand ?] 3 pennes et 2 calottes différentes. Comme dans beaucoup d'autres villes, les couleurs dépendent de l'école ou des études qu'elles représentent. Ainsi, on peut retrouver 3 cercles pennés : l'IPSMa (Institut Provincial Supérieur de Marcinelle) dont la penne est blanche à liseré jaune, l'ISIH (Institut Supérieur Industriel du Hainaut) dont la penne noire à liseré noir et le CECH (Cercle Étudiant Carolo de l’HELHA) (anciennement ISIC Charleroi) la pennes grises à liseré noir ou bleu roi avec le calot lie de vin ; et 2 cercles calottés : la calotte avec le croisillon or et deuil, couleurs de la Ville de Fleurus pour l'ISC Fleurus (Institut Catholique Supérieur) et la calotte avec le croisillon azur sur argent de l'IESCA (Institut d'Enseignement Secondaire complémentaire Catholique). La calotte de l'IESCa porte ces couleurs, celles de l'Alma Mater de l'UCL, car elle est issue directement de celle-ci.

Il existe également une autre association étudiante, la VIGIE. Cette dernière, n'étant associée à aucun établissement scolaire supérieur, n'est pas reconnue par les autres associations de la région et d'ailleurs. Elle s'est dotée, sans concertation aucune des autres cercles baptismaux de la région, d'une penne blanche à liseré vert sur jaune.

On retrouve trois autre pennes à Charleroi, la penne noire à liseré bordeaux pour l'ISEC (Institut supérieur économique de Charleroi);la penne grise à lisere noir de l’ISIC; la penne de l’ESIPH. Ces dernier sont des cercle qui ne sont plus en activité.

Il existe aussi un comité de baptême estudiantin.

Ornements

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Une penne est un objet personnel. Il représente le parcours académique et folklorique de son porteur. Des objets s'y ajoutent, et parfois se perdent, donnant ainsi une vie et une identité à la penne. Il n'est donc pas étonnant que celle-ci soit parfois comparée à une carte d'identité.

Chaîne et jugulaire

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Un cordon ou une chaîne peut être attaché d'une tempe à l'autre. Son utilité première est d'empêcher que la penne ne s'envole par grand vent ou dans un milieu hostile. Certains y voient également un symbole de la fraternité étudiante.

Les cordons peuvent être des jugulaires en plastique fournies par le chapelier, des cordes de différents calibres, voire des choses plus exotiques (fourragère en macramé...)

Les chaînes peuvent aller des fines mailles de cuivres utilisés pour les bijoux fantaisies jusqu'aux mailles d'un pouce en acier nickelé (essentiellement au GxABT, ex-FUSAGx de Gembloux). Les chaînes massives apportent un élément supplémentaire de sécurité : le port de la chaîne lourde, à l'ULiège comme à l'ULB, avait initialement pour but d'empêcher le vol de pennes par des guindailleurs d'autres régions. Au temps où les frictions entre pennés et calotins étaient encore fréquentes, les porteurs de calotte se rendant aux 24 heures-vélo de Louvain-la-Neuve avaient l'habitude de l'attacher à leur ceinture par un câble.

Certains écrits rapportent que le port de chaînes attachant la penne viendrait en fait des étudiants en médecine vétérinaire du quartier de Cureghem, réputé pour être malfamé à l'époque, et apportant ainsi une protection supplémentaire contre des attaques[11].

La jugulaire permet également de porter la penne au repos, c'est-à-dire sans la poser sur la tête. Les modes en ce domaine changent avec le temps et le lieu. Ainsi, l'ULB a actuellement tendance à la porter en sac à main, tandis qu'à l'Ulg on la portera en bandoulière, sur l'épaule ou, plus communément, sur le cœur[9].

On dit aussi parfois qu'il existe une autre raison folklorique aux chaines, qu'elles servent à frapper sur les bourgeois et les calotins. Il ne s'agit bien entendu que de folklore, en réalité il n'en est rien.

Étoiles et boulons

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Il s'agit de petits ornements en cuivre (jaune dit doré) ou en cuivre anodisé (blanc dit argenté) fixés à la bande de couleur facultaire juste au-dessus de la visière[9].

Le boulon est la marque des facultés et instituts d'ingénieurs. Selon la tradition, il s'agirait au départ d'authentiques boulons ramassés sur un chantier par les étudiants ingénieurs. Dans le milieu de la construction, les matériaux anodisés ont une durée de vie et un coût plus élevés que ceux en cuivre simple, d'où une valeur symbolique plus grande accordée à l'argenté qu'au doré.

L'étoile porte six branches et ressemble dans sa forme à l'étoile de David. Certains y voient parfois un symbole maçonnique d'équilibre entre le corps et l'esprit.

Chaque étoile/boulon représente une année d'étude. Les étoiles dorées et les boulons argentés représentent les années entamées pour la première fois (réussies ou en cours), tandis que les étoiles argentées et les boulons dorés représentent les années doublées ou triplées (éventuellement en cours). Il existe aussi les étoiles rouges signifiant une année d'étude passée à l'étranger mais celles-ci sont peu fréquemment utilisées.

Le parcours académique se lit de gauche à droite, ce qui oblige les doubleurs à déplacer les étoiles argentées / boulons dorés à chaque début d'année.

Un bleu ou plus précisément un néo-poil de psycho portera donc une unique étoile dorée, tandis qu’un néo-poil de polytech portera un boulon argenté - vu que c'est leur première année et qu'ils ne la doublent pas. Un étudiant en droit doublant sa troisième année portera trois étoiles dorées et une étoile argentée.

Dans le cas de changement de faculté (ou de double inscription), une bande de couleur correspondant à la faculté adéquate sera placée sous les étoiles/boulons correspondants. Un étudiant ayant doublé sa première baccalauréat (ex-candidature) en science avant d'entamer polytechnique portera ainsi une étoile dorée et une étoile argentée sur une bande mauve et un boulon argenté sur un morceau de bande noire.

Un titulaire d'un master (ex-licence) devrait théoriquement terminer ses études avec cinq étoiles dorées (ou boulons argentés); un bachelier avec trois; un docteur en médecine avec sept. Cependant, les licences spéciales, diplôme d'études approfondies (DEA), doctorats, agrégation, master supplémentaire, spécialisations et autres formations supérieures annexes amènent également leurs étoiles et boulons.

On considère généralement qu'un grand nombre d'étoiles/boulons (ce qu’on appelle une constellation) marque une sagesse accumulée par la longue expérience. A contrario, un poil ou une plume ne portant que deux étoiles (ou pire : une de chaque couleur) aura tout à prouver.

Certains cercles étudiants n'accordent aucun poste en dessous de trois étoiles, pas même dans le comité de baptême. Un président de cercle ou de baptême est souvent snobé s'il n'a pas au moins quatre étoiles. Au-delà de cinq étoiles, on parle parfois de vieilles bêtes. Cependant, le nombre croissant de multi-doubleurs revendiquant le même respect amoindrit considérablement cette tradition. On a vu d'éternels guindailleurs s'inscrire à des formations sans les suivre dans le seul but d'ajouter de l'or à leur penne.

Bannières

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Sous ce vocable sont regroupées toutes pièces de tissus fixés à la penne pour rappeler une victoire ou un événement. Elle peut se présenter sous plusieurs formes :

  • bande de couleur, marquant l'appartenance au service de sécurité de la Saint-Verhaegen (la couleur change chaque année)
  • morceau de vêtement, reçu ou arraché lors d'un baptême que l'on a apprécié
  • slip ou caleçon, soit déchiré lors d'un rite dit "Luigi" ou "auto-Luigi", soit reçu/volé à un(e) partenaire sexuel(le) lors d'une guindaille [12]
  • soutien-gorge, reçu ou ramassé lors d'un baptême ou d'une guindaille.

Récapitulatif des caractéristiques locales

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Ci-dessous les caractéristiques spécifiques des pennes de l'ULB en fonction des différents cercles et régionales.

Ci-dessous les caractéristiques spécifiques des pennes de la VUB en fonction des différents cercles et régionales.

Ci-dessous les caractéristiques spécifiques des pennes de Liège en fonction des différents comités de baptême. À l'exception de la Faculté de médecine vétérinaire, et de la Grand-ducale (GDL) qui est membre d'honneur, les autres comités de baptême sont ou ont été membres de l'AGEL[13].

Autres facultés et écoles

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Traditions liées à la penne

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  • Dépucelage: lorsqu'au terme de son baptême, le bleu reçoit sa penne, il ne peut la coiffer tout de suite. Elle doit en effet d'abord être dépucelée. Le rituel consiste à percer un trou sur la face intérieure du calot (parfois, notamment à Liège, à travers toute l'épaisseur de celui-ci) avec une cigarette (ou un briquet) puis à la remplir de bière (parfois versée directement sur la visière) qui devra alors être bue en à-fond par le nouveau baptisé avant qu'on ne lui ne retourne la penne sur sa tête avec le contenu restant. À Liège, Namur et à Charleroi, le "dépuceleur" ajoutera à la bière toute autre substance qu'il considère utile (urine, vomi...). La cérémonie est généralement accomplie par le(s) parrain(s) du bleu voire, comme c'est parfois le cas à l'ULB, par un comitard de baptême. Porter une penne neuve dans laquelle on a versé un liquide a l'avantage de former le couvre-chef à son porteur. C'est donc autant un acte d'appropriation qu'une « retouche » du vêtement[14].
  • Rachat: à l'ULB, à Liège ainsi qu'à Namur, Mons et à Charleroi, lorsqu'une penne a été égarée, son propriétaire peut la racheter auprès de celui qui l'aurait retrouvée en à-fonnant un certain nombre de bières correspondant au nombre d'étoiles présentes sur le bordereau et aux fonctions exercées par le distrait. Un vol de penne ne permet pas d'exiger un rachat. De même, une penne n'est pas réputée perdue quand elle repose dans le cercle du propriétaire[12].
  • Penne sur le cœur: il est de tradition de se découvrir et de poser sa penne sur le cœur lorsque sont entonnés certains chants ou cris comme Le Semeur, le Valeureux Liégeois, le Lied van geen taal, le Chant des étudiants wallons, les chants de cercle, les chants facultaires, de régionale, de guilde...
  • Manières de la porter: si les étudiants montois, bruxellois et carolos portent en général la penne simplement sur la tête, à Liège, la majorité des étudiants la laissent en général pendre sur le cœur, tenue par les chaînes. Les vétérinaires de Cureghem préfèrent la porter sur l'épaule.
    A Gembloux, la penne est arborée de différentes façons (sur la tête, autour du cou ou en bandoulière) mais aussi sur l'épaule gauche (côté cœur) lorsqu'on entonne "le chant de Gembloux" et "penne en arrière" pour le traditionnel "légionnaire".
  • Étudiant jadere : dans de rares situations où l'étudiant veut exprimer la folie ou un handicap mental (par exemple pendant le chant "la balade du mutant" ou le chant de la fac de Psycho de l'ULg), la penne peut être posé inversé sur la tête, l'intérieur au-dessus et l'extérieur sur le cuir chevelu. Le terme viendrait d'un slogan de l'opération 11.11.11 : " 11.11.11 j'adhère !".

Pennes particulières et dérivés

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En 1988, est apparue une bizarrerie dans l'univers dichotomique de la penne et de la calotte : l'alto.

Il s'agit d'un calot de tissu gris clair, fruit d'un consensus réunissant des deux principaux folklores bruxellois: la penne et la calotte. En effet, bien que né à HEC Saint-Louis (ISC Saint-Louis), une école issue de l'Université Saint-Louis - Bruxelles (établissement rattaché, à l'origine, à l'UCL), les étudiants baptisés voulant créer le CEA[15] provenaient tous des baptêmes de l'ULB.

Quelques années plus tard, l'ajout d'une visière fut accepté et rentra dans les usages. Dès lors, l'alto se présente le plus souvent comme une penne dont la toile est grise. L'alto disparut lors de l'intégration de l'ISC Saint-Louis au sein de l'ICHEC, fondé par des membres de l'Université Saint-Louis - Bruxelles, et fut ainsi remplacée par la calotte.

Fabrication

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Il n'y a pas de fabricant "officiel" de pennes. Cependant, plusieurs artisans se proposent de les fabriquer, notamment la Maison de la Casquette depuis 1927 (Fermé en 2024), située rue de Flandre, à Bruxelles et fondée en 1890[16], Dhaenens-Lammens situé à Schaerbeek, et plus récemment la Maison Antheunis (ouvert en 2025), situé également à Bruxelles dans le quartier de Saint-Gilles.

Voir aussi

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Liens internes

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Autres couvre-chefs estudiantins dans le monde
  • En Belgique : La calotte, l'alto
  • En France : La Faluche
  • Au Grand-duché de Luxembourg : La casquette luxembourgeoise
  • En Italie : La feluca (aussi appelée pileo, goliardo ou berretto universitario) porté par la Goliardia
  • En Suisse : La stella
  • En Pologne : La Dekiel ou czapka studencka (pl)
  • Dans les pays scandinaves: on trouve un chapeau proche de la penne nommé studentmössa (sv) en Suède, Studenterhue (da) au Danemark, Studenterlue (no) en Norvège, Ylioppilaslakki (fi) en Finlande et Stúdentspróf (is) en Islande. Pour une explication en anglais, voyez Student cap (en).
  • Dans les pays germaniques, l'ensemble des attributs arborés par les étudiants porte le nom de couleur (de) et comprend notamment une écharpe (band) et un couvre-chef (Kopfbedeckung). À noter que l'expression Band est employée également en Belgique pour nommer l'écharpe portée par les membres de certaines guildes, corpo ou comités de cercles.
  • La très ancienne tradition de groupes musicaux costumés d'Espagne, Portugal et Amérique latine, les tunas, comportait jadis un bicorne avec accroché dessus une cuillère servant à manger la soupe.

Notes et références

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  1. Touffe Decostre, Aperçus de guindailles au XIXe siècle suivi du discours inaugural d'Auguste Baron, Presses Universitaires de Bruxelles, , 60 p.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 Michel Péters, « Liège : De la casquette à la penne », sur En bordeaux et bleu, (consulté le ).
  3. Bréviaire du folklore calottin, Bitu Magnifique, édité par l'Academicus Sanctae Barbae Ordo
  4. 1 2 « Extrait « de S. A., Philo fête ses 10 ans : l'Expo!, Catalogue d'exposition, Liège, 1997, pp. 12 et 13. », sur site du comité de baptême philo-lettres (consulté le ).
  5. « Aux origines de la codification de la penne », sur En bordeaux et bleu, (consulté le ) (Basé sur le Bruxelles Universitaire du 15/11/1926)
  6. « En 1909, l'ULB fête ses 75 ans », sur En bordeaux et bleu, (consulté le ) (Basé sur l'Almanach de l'Université de Gand de 1910 consultable ici sur la digithèque de l'ULB)
  7. Voir les pages wikipedia respectives pour la différence entre caducée et bâton d'Asclépios.
  8. À noter que ce dernier ne se retrouvait pas à l'origine comme on peut voir sur cette penne de 1929 sur le site http://www.quevivelaguindaille.be. Dernière consultation le 29 octobre 2009. .
  9. 1 2 3 « La penne », sur AGEL (consulté le ).
  10. Folklore oral transmis par le comité de Baptême de La Reid depuis sa création en 1988
  11. Paul-Pierre Pastoret, De l'art à la science ou 150 ans de médecine vétérinaire à Cureghem, Ed. des Annales de médecine vétérinaire, , 584 p.
  12. 1 2 commandant Roswell, « Livre de l'artiste plasticien Commandant Roswell », sur commandant RoSWeLL, .
  13. « La Penne | CB Philo et Lettres », sur cb-philo.be (consulté le ).
  14. commandant Roswell, « ebook de l'artiste plasticien Commandant Roswell », sur commandant RoSWeLL, .
  15. CEA (version archivée par internet archive)
  16. N.C., « De la penne pour la Saint-V », Sud Presse, 18 novembre 2010 (page consulté le 29 mai 2011).

Articles connexes

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