Pentécontère
La pentécontère ou la pentécontore (grec ancien : πεντηκόντερος) est un bateau de guerre à 50 rameurs — d'où son nom — auquel il faut ajouter un barreur et peut-être d'autres marins.


En Grèce antique, au VIIe siècle av. J.-C., il existe trois types de pentécontores, à savoir : la monère, à 50 rameurs ; la dière courte, de 80 hommes ; et la dière longue, à une centaine de rameurs[1].
Histoire
modifierLe grec ancien πεντηκόντορος / pentēkóntoros (« pentécontore ») est attesté au Ve siècle av. J.-C. : sa première occurrence connue se trouve dans la quatrième Pythique de Pindare[2].
Il mesurait environ 35 mètres de long, pour 5 mètres de large. Les premiers pentécontères apparaissent vers les XIIIe siècle av. J.-C. et XIIe siècle av. J.-C., à l’époque de la Guerre de Troie. Selon Hérodote, ce sont les Phocéens qui, les premiers à avoir accompli des navigations lointaines, voyagent non pas à bord de vaisseaux ronds mais sur des « vaisseaux à cinquante rames »[3]. Ce type de navire disparaît avec le développement de la birème vers 700 av. J.-C , cédant finalement sa place à la trière, qui s'impose à partir du VIe siècle av. J.-C.
Mythologie
modifierDans la mythologie grecque, selon la tradition rapportée dans la Bibliothèque du pseudo-Apollodore[4],[5] (IIe siècle) et déjà présente dans l'Hypsipyle d'Euripide[6],[7] et les Pythiques de Pindare[8],[9] (Ve siècle av. J.-C.), le navire Argo (Ἀργώ / Argṓ) est une pentécontère[10].
Dans l'Odyssée, le bateau d'Ulysse, de son départ de Troie jusqu'à son naufrage, est une pentécontère[10].
Dans les Suppliantes d'Eschyle, le navire qui conduit les Danaïdes à Argos est une pentécontère[10].
Dans l'Iphigénie en Tauride d'Euripide, une pentécontère porte Oreste et Pylade en Tauride et y emmène Iphigénie[10].
Notes et références
modifier- ↑ Bash 1987, p. 198, col. 1.
- ↑ Wallinga 1992, p. 45.
- ↑ Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], I, 163.
- ↑ Saviat 1984, n. 18, p. 217.
- ↑ Pseudo-Apollodore, I, 9, 16.
- ↑ Saviat 1984, n. 19, p. 217.
- ↑ Euripide, fr. I, ii, 20 (Bond, p. 26).
- ↑ Saviat 1984, n. 20, p. 217.
- ↑ Pindare, IV, 245-246.
- 1 2 3 4 Saviat 1984, p. 217.
Voir aussi
modifierSources antiques
modifier- [Apollonios de Rhodes] Apollonios de Rhodes, Argonautiques (BNF 12008316).
- [Euripide] Euripide, Hypsipyle (BNF 12130045).
- [Pindare] Pindare, Pythiques (BNF 12252835).
- [Pseudo-Apollodore] Pseudo-Apollodore, Bibliothèque (BNF 15771906).
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- [Bash 1987] Lucien Basch, Le musée imaginaire de la marine antique, Athènes, Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, hors coll., , 1re éd., 525 p., 21 × 27,5 cm (OCLC 470688636, BNF 40995017, SUDOC 00306784X, présentation en ligne, lire en ligne), Ve salle (« Le monde grec de à »), p. 155-336 (lire en ligne
[PDF]). - [Chamoux 1985] François Chamoux, « Le lancement du navire Argo (Apollonios de Rhodes, Argonautiques, I, 367-393) », Bulletin de la société nationale des Antiquaires de France, vol. année , , séance du , communication, p. 45-49 (OCLC 7290971826, DOI 10.3406/bsnaf.1985.8969
, S2CID 135301616, lire en ligne
[PDF]). - [Saviat 1984] François Salviat, « Le navire Argô sur les métopes sicyoniennes à Delphes », Archaeonautica, no 4, , art. no 7, p. 213-222 (OCLC 754158547, DOI 10.3406/nauti.1984.957
, S2CID 85420936, lire en ligne
[PDF]). 
- [Wallinga 1992] (en) Herman T. Wallinga, Ships and sea-power before the great Persian war : the ancestry of the ancient trireme, Leyde, E. J. Brill, coll. « Mnemosyne : bibliotheca classica Batava / supplementum » (no 121), (réimpr. ), 1re éd., XV-217-[13] p., 17,2 × 25,4 cm (ISBN 90-04-09650-7 et 90-04-09709-0, EAN 9789004096509, OCLC 722444176, BNF 35550279, DOI 10.1163/9789004329171, SUDOC 002771667, présentation en ligne, lire en ligne), chap. III (« Shipping in the eighth century B.C. »), sec. 2 (« Terms for ships and oarsmen »), § 2.2 (« The pentekontoros »), p. 45-53.