Phare de Lervily
Le phare de Lervily (parfois appelé « phare de la pointe de Lervily »[1],[2],[3]) est un phare en France. Il se situe sur la pointe rocheuse de Lervily, face à la baie d'Audierne[2],[4],[5], à 410 mètres à l’ouest de l’Île aux Vaches[3], au sud du village de Lervily et à l’ouest de l’embouchure du Goyen, dans l’aire du cap Sizun. Il est situé dans la commune d’Audierne (anciennement Esquibien, avant que celle-ci fusionne avec Audierne en 2016), canton de Pont-Croix, département du Finistère, en région Bretagne[6],[7].
| Coordonnées | |
|---|---|
| Localisation |
| Automatisation |
Oui |
|---|---|
| Patrimonialité |
Recensé à l'inventaire général |
| Gardienné |
Non |
| Visiteurs |
Non |
| Hauteur |
12 m |
|---|---|
| Matériau |
| Portée |
14 milles marins (secteur blanc) 11 milles (secteur rouge) |
|---|
Description
modifierLe phare de Lervily est une tour cylindrique de 12 mètres de hauteur[1],[2],[6],[7],[8],[9], construite en moellons de granite recouverts d’un enduit[2],[6],[7] blanc, sur lequel son nom est peint en lettres majuscules rouges, disposées à la verticale, une lettre au-dessus de l’autre : « LERVILY ».
La tour possède quatre ouvertures : une porte côté Est, et trois petites fenêtres au sud, à l’ouest et au nord. Les encadrements de ces ouvertures sont en pierre de taille, de même que la corniche qui coiffe le fût. Au sommet se trouve la lanterne, peinte en rouge, et quatre panneaux solaires[6],[7] qui l’alimentent. La couverture est un toit à longs pans en croupe et à pignon découvert[6],[7] en ardoise[2],[6],[7].
Le feu est à éclats (un éclat toutes les deux secondes) et comporte deux secteurs, blanc et rouge[9]. Sa portée est de 14 milles marins pour le secteur blanc, et de 11 milles pour le secteur rouge[1],[8].
Juste à côté du phare, il y a un ancien sémaphore[1],[2],[9] dont les deux bâtiments forment un T[6],[7],[5]. Il est également construit en moellons de granite enduits, avec juste les encadrements des ouvertures en pierre de taille[6],[7].
Le phare est entouré de centaines d'hectares de lande sauvage, protégée par le Conservatoire du littoral[5]. Le sentier de grande randonnée 34 (GR 34), qui longe la côte, passe devant le phare[5],[10], de même que le circuit de petite randonnée, formant une boucle de 9 km, nommé « circuit d'Esquibien » (PR 17)[10],[11].
Historique
modifierDès 1744, un plan d’élévation dessiné par Dominique Alexis du Breuil du Marchais (1700-1745), ingénieur ordinaire du Roi, atteste de la présence à cet endroit d’une tour cylindrique haute de 30 pieds (environ 9 mètres) et d’un diamètre de 2 toises (environ 3,70 m), avec au rez-de-chaussée un logement pour un gardien et un escalier à vis pour atteindre le sommet. Une carte marine de 1776 la nomme « Fanal du Pharillon ». En 1793, pour protéger le port d’Audierne et les plages de Sainte-Evette et Trescadec, les armes du Génie et de l’Artillerie construisent au sud de la tour, plus près du littoral, une batterie côtière équipée de deux canons de 18 livres, une poudrière, un corps de garde avec logements et une guérite. Cette batterie pouvait croiser ses feux avec les batteries de Cremenec en Plouhinec et du Raoulic à Audierne. Il est probable que la tour ait été équipée à cette époque d’un mât à signaux[6],[7] (télégraphe Chappe déployé à partir de 1793).
Sur le cadastre de 1837, l’ensemble formé par la tour et la batterie est désigné comme le « fort de Lervily ». De nos jours la batterie a disparu, mais son emplacement est toujours signalé par une borne sur laquelle est gravée une ancre de marine[6],[7].
En 1862, sous le règne de l’empereur Napoléon III, un sémaphore de la Marine nationale[5] est construit à l’ouest de la tour, plus en retrait de la côte que ne l’était la batterie. Il faisait partie d'une ligne de sémaphores, tous bâtis entre 1860 et 1862[6],[7], établie le long des côtes françaises pour assurer la communication entre la terre et les navires en mer. Les sémaphores étaient équipés d'un mât avec des bras articulés permettant de communiquer par signaux avec les navires[5]. Le sémaphore de Lervily occupait un emplacement stratégique entre la Pointe du Raz et la Pointe de Penmarc'h[4]. Son architecture suivait un modèle adopté par l'Amirauté de Brest en 1860[6],[7] : deux bâtiments en forme de T, avec à la pointe une grande chambre de veille (ou salle de vigie) comportant sept fenêtres dans toutes les directions et offrant une vue panoramique sur la mer, ainsi que des logements pour les guetteurs. Le sémaphore de Lervily avait la particularité d’avoir une tour de guet accolée à la maison[5]. Une gravure de 1871 montre la tour, la batterie et le sémaphore[6],[7].
Les sémaphores sont restés en activité jusqu'à la Seconde Guerre mondiale[5]. Celui de Lervily fut occupé par les Allemands pendant la guerre, et détruit par un incendie lors de la défaite allemande en 1944[4]. Le sémaphore fut abandonné après la guerre et tomba en ruine[5]. Après avoir été en sommeil pendant 25 ans[4], la tour de guet est vendue en 1960 par la Marine au service des Phares et Balises[4],[6],[7] pour être transformée en phare afin de sécuriser la navigation dans cette zone particulièrement dangereuse[5]. Le sémaphore, quant à lui, est cédé par la Marine en 1968[5] (ou 1969[4]) à un propriétaire privé[4],[5], ce qui le sauva de la démolition[5]. Il a été restauré et transformé en hébergement touristique[6],[7].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 admin, « Feu de la pointe de Lervily », sur PLEINS FEUX SUR LES PHARES, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 « Phare de Liverly », sur Wikimapia (consulté le ).
- 1 2 « phare de la Pointe de Lervily », sur Mapcarta (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 « Le Sémaphore de Lervily », sur Route des pépites, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Dans le Finistère, à la pointe de Lervily, un ancien sémaphore et son penty dominant la mer », sur Patrice Besse (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Toscer Catherine et Serre Fabien, « Phare de Lervily (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016) », sur Inventaire Général du Patrimoine Culturel (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Toscer Catherine et Serre Fabien, « Phare de Lervily (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016) », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, .
- 1 2 audierneinfo, « Lervily », sur AUDIERNE INFO, (consulté le ).
- 1 2 3 « Les feux à l'approche du port d'Audierne. », sur Le port d'Audierne (consulté le ).
- 1 2 « Le circuit d'Esquibien », sur Mon GR® (consulté le ).
- ↑ « Le circuit d'Esquibien - PR® 17 – Audierne », sur www.capsizuntourisme.com (consulté le ).
Annexes
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Henri Chalm, Les guetteurs de l'Iroise : vigies et sémaphores en Cap-Sizun et Finistère, 1793-1814, H. Chalm, Plabennec, , 69 p. (ISBN 978-2-9540923-0-0).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'architecture :
- « Le phare de Lervily », sur Audierne (29) (consulté le ).
- KrisQuimper29, « ESQUIBIEN - Phare de Lervily », sur BRETAGNE - Finistère 29, (consulté le ).