Phasenvoid
Phasenvoid est un album du groupe Vibravoid, originaire de Düsseldorf, qui joue du Neo-Psychedelic Rock et du Neo-Kraut Rock. La compilation documente les premières années du groupe. Selon le magazine musical TimeMazine, elle annonçait avec plusieurs décennies d'avance le son de la scène « Neo-Kraut-Psych » apparue par la suite.[1] Dans les rétrospectives consacrées au groupe, Vibravoid est présenté comme un pionnier du renouveau du vinyle et comme l'un des créateurs du Neo-Kraut Rock.[2]
| Sortie | 2003 |
|---|---|
| Enregistré | 1992–1997 |
| Genre | Neo-Psychedelic Rock, Neo-Kraut Rock |
| Label | Nasoni Records, Stoned Karma Records |
Albums de Vibravoid
Genèse et techniques d'enregistrement
modifierLes morceaux réunis sur l'album ont été enregistrés entre 1992 et 1997. Ils ont été produits dans un home studio, à l'aide de magnétophones à cassette analogiques et d'enregistreurs multipistes. Le matériel utilisé comprenait un Nordmende Clipper, un Fostex X-15 et un Tascam Portastudio 424.
Les morceaux ont été enregistrés avec des instruments analogiques et des effets de studio. Parmi les instruments utilisés figuraient des guitares électriques, notamment une Fender Telecaster et une Gibson SG, ainsi que plusieurs orgues électroniques anciens : Vox Super Continental II, Vox Jaguar et Bontempi Top Electronic. Les effets d'écho et de modulation caractéristiques ont été obtenus avec le dispositif analogique BOSS DM-1 Delay Machine.
Les arrangements comprennent également une sitar, une cloche tibétaine (ghanta), des enregistrements de terrain réalisés avec un seau rempli d'eau (« Waterbucket »), des carillons éoliens (« Windchimes ») et des sons obtenus en détournant l'usage d'un téléviseur. Christian Koch a enregistré l'ensemble des parties instrumentales et des percussions.[3][4]
Le concept visuel de l'album fait directement référence au matériel utilisé lors des enregistrements. La pochette représente le phaser analogique Lemonstudio Babyphase, qui a servi à produire les effets de phasing présents sur les enregistrements.[5]
Historique des éditions
modifierLa première édition de l'album paraît en 2003 chez le label indépendant Nasoni Records. Il s'agit d'un disque partagé avec Sula Bassana. Le tirage comprend 400 exemplaires en vinyle noir et 100 exemplaires en vinyle marbré rouge et blanc. La parution exclusivement sur disque vinyle intervient à une période où les ventes de ce support sont particulièrement faibles.[6] La situation de la production de disques vinyles à cette époque est également évoquée dans un article contemporain du magazine Der Spiegel.[7]
En 2013, Stoned Karma Records publie son premier disque, le double CD The Politics of Ecstasy, qui comprend l'album Phasenvoid en bonus.
En 2022, Stoned Karma Records publie une réédition augmentée intitulée Phasenvoid 1992–1997 (Vibrations From A Lost Decade), disponible en double CD et en double vinyle. Le matériel original est entièrement remastérisé. Onze enregistrements d'archives inédits, réalisés au cours de la même période, ainsi qu'une interview de 1997, complètent cette édition. La version double vinyle est dotée d'une pochette lenticulaire produisant un effet d'image animée.
Réception critique
modifierDans la presse musicale, l’album est évoqué pour sa valeur de témoignage historique. Le magazine spécialisé Ox-Fanzine décrit la réédition comme un aperçu complet des débuts du groupe. Gereon Helmer observe : « Le son évoque par moments Spacemen 3, mais aussi les premiers Harmonia, les premiers Kluster ou les deux premiers albums de Kraftwerk. »[8]
Dans une critique publiée en 2003 à l'occasion de la première édition, le magazine musical Eclipsed qualifie l'album de « petite perle psychédélique ». Le critique Bernd Sievers décrit les sept morceaux de Vibravoid comme des « paysages sonores instrumentaux, abstraits et merveilleusement détachés », qui ne sont jamais stridents, mais plutôt subtils, et reposent parfois sur de simples séquences de séquenceur. Sur le plan stylistique, il rapproche la musique de l'album Sorcerer de Tangerine Dream et de A Saucerful of Secrets de Pink Floyd.[9]
Le magazine musical italien Blow Up décrit l'album comme une mosaïque complexe d'enregistrements domestiques, réalisés à l'aide d'un ensemble de matériel analogique comprenant des claviers, des effets de guitare et des rythmes électroniques. Le critique Roberto Calabrò replace les premiers morceaux du groupe dans le contexte de la néopsychédélie internationale des années 1990. Il établit des parallèles stylistiques avec les groupes britanniques Spacemen 3 et Sun Dial. Il relève également l'influence marquante des premiers travaux de Pink Floyd et de la période immédiatement postérieure au départ de Syd Barrett sur les morceaux de Phasenvoid.[10]
Le magazine grec TimeMazine souligne lui aussi, dans sa critique de la réédition, la valeur historique des enregistrements. À propos des archives, le critique décrit le morceau Jukebox comme un titre « Electro-Kraut » au son brut. Il y reconnaît un croisement entre Kraftwerk et Neu!, dans un paysage sonore industriel évoquant le groupe Can. La rédaction insiste également sur les techniques d'enregistrement employées à l'époque. Le matériel analogique utilisé n'était alors pas considéré comme du matériel vintage digne d'être préservé, mais plutôt comme de l'équipement d'occasion ou du rebut.[1]
Dans Ox-Fanzine, Claus Wittwer décrit la première réédition de Phasenvoid comme une facette musicalement distincte de Vibravoid. Selon lui, la texture sonore, dominée par l'électronique, révèle « un tout autre aspect de Vibravoid ». Il qualifie la musique d'ambient méditatif et de chill-out aux éléments psychédéliques.[11]
Dans It's Psychedelic Baby Magazine, Andrija Babovic écrit que Vibravoid libère l'esprit des auditeurs avec les morceaux rétro-psychédéliques au son moderne Void Vibrato, Minddecision, Bellflight et Microvoid. Il qualifie Journey To the Center Of The Sun d'unique et de phénoménal.[12]
En 2013, le magazine Slam écrit dans une critique de la réédition de The Politics of Ecstasy à propos de Phasenvoid : « On pourrait penser à une overdose de rock psychédélique, mais la musique proposée nous enchante dès la première seconde et rend presque impossible toute saturation de ces sonorités hypnotiques. »[13]
Dans le magazine espagnol Ruta 66, Alfred Crespo décrit le double CD comme une réunion de rééditions, de nouveaux remixes et de l'album complet Phasenvoid. Il rapproche le style de celui de Hawkwind, d'Amon Düül et de la scène krautrock psychédélique. Il qualifie la musique d'intemporelle.[14]
Dans Visions, Jan Schwarzkamp décrit le double CD comme « une belle collection de morceaux qui donne aux nouveaux auditeurs un aperçu du travail accompli jusqu'à présent par le groupe ».[15]
En 2013, Rebekka Mruck écrit dans le magazine Melodie & Rhythmus que « le rôle prépondérant attribué à Vibravoid dans la scène psychédélique underground européenne est justifié ».[16]
Dans le magazine italien Rumore, Claudio Sorge décrit la réédition en double CD, qui comprend l'album Phasenvoid de 2003, comme un voyage hypnotique dans le space rock. Il caractérise cette musique par le terme « Transpsichedelia ».[17]
Liste des titres
modifierLa face consacrée à Phasenvoid sur la première édition de 2003 comprend les morceaux suivants :
- Void Vibrato
- Minddecision
- Bellflight
- Microvoid
- Excerpt From A Journey To The Sun
- Meditation Endstation
- Phasenvoid
Références
modifier- 1 2 (en) TimeLord Michalis, « VIBRAVOID – Phasenvoid (2022, 2LP/2CD Stoned Karma Records) », sur TimeMazine / TimeMachine Productions, (consulté le ) : « In order to understand a little bit the “music” of “Phasenvoid”, you need to think of all those cruel recording techniques that were used and the analog and “vintage” equipment when “vintage” did not even exist in this context! [Traduction en français : « Pour comprendre un peu la “musique” de “Phasenvoid”, il faut penser à toutes ces techniques d'enregistrement rudimentaires qui étaient utilisées, ainsi qu'au matériel analogique et “vintage”, à une époque où le terme “vintage” n'existait même pas dans ce contexte ! »] »
- ↑ (de) Christoph Höhl, Vibravoid, , chap. 10, p. 50 :
« Darüber hinaus erfanden sie den Neo Kraut Rock, sind Pioniere des Vinylhypes... [Traduction en français : « En outre, ils ont inventé le Neo-Kraut Rock et sont des pionniers de l'engouement pour le vinyle… »] »
- ↑ (de) Phasenvoid / Retronique, Nasoni Records, , Notice et notes de pochette de la première édition vinyle
- ↑ (en) Jim Bybee, « Echoes in Time: The History of BOSS Delay Pedals », sur BOSS Articles / Roland, (consulté le )
- ↑ (en) « Lemon Studio Sound Babyphase », sur Effects Database (consulté le )
- ↑ (de) Kristoffer Cornils, « Was ist vom Vinyl-Boom übrig geblieben? », sur Loop Rituals, (consulté le ) : « Im Jahr 2006 erreichten die vom Bundesverband Musikindustrie ermittelten Absatzzahlen mit nur 300.000 in Deutschland verkauften Exemplaren ihren Tiefpunkt [Traduction en français : « En 2006, les chiffres de vente établis par l'association allemande de l'industrie musicale ont atteint leur niveau le plus bas, avec seulement 300 000 exemplaires vendus en Allemagne. »] »
- ↑ (de) Thomas Wübker, « Die Letzten ihrer Art: Pallas presst noch Schallplatten », sur Der Spiegel, (consulté le ) : « Zur Kundschaft seines Unternehmens gehörten zu 80 Prozent unabhängige Plattenfirmen [Traduction en français : « Les maisons de disques indépendantes représentaient 80 % de la clientèle de son entreprise. »] »
- ↑ Gereon Helmer, « Vibravoid – Phasenvoid / A Sparkle In The Twilight / The Clocks That Time Forgot », Ox-Fanzine, (lire en ligne, consulté le ) :
« Das klingt dann teils nach SPACEMEN 3, aber auch nach HARMONIA frühen KLUSTER oder den ersten beiden KRAFTWERK-Alben. [Traduction en français : « Le son évoque par moments Spacemen 3, mais aussi les premiers Harmonia, les premiers Kluster ou les deux premiers albums de Kraftwerk. »] »
- ↑ (de) Bernd Sievers, Sula Bassana / Vibravoid – Retronique / Phasenvoid, , chap. 54 :
« Vibravoids Anteil trägt den Titel „Phasenvoid“, besteht aus sieben ineinander übergehenden Tracks, die allesamt herrlich entrückte, instrumentale, abstrakte Soundlandschaften darstellen. Nie schrill, sondern eher subtil... [Traduction en français : « La contribution de Vibravoid s'intitule “Phasenvoid”. Elle se compose de sept morceaux qui s'enchaînent et forment tous des paysages sonores instrumentaux, abstraits et merveilleusement détachés. Jamais stridents, ils sont plutôt subtils… »] »
- ↑ (it) Roberto Calabrò, Vibravoid – Phasenvoid / A Sparkle In The Twilight / The Clocks That Time Forgot, :
« ...un mosaico composto da ventotto tasselli: registrazioni casalinghe effettuate su nastro, utilizzando un armamento analogico di tastiere, effetti per chitarra e batterie elettroniche. [Traduction en français : « … une mosaïque composée de vingt-huit éléments : des enregistrements domestiques sur bande, réalisés à l'aide d'un équipement analogique comprenant des claviers, des effets de guitare et des batteries électroniques. »] »
- ↑ (de) « VIBRAVOID – The Politics Of Ecstasy », sur Ox-Fanzine (consulté le )
- ↑ (en) Andrija Babovic, « Vibravoid – The Politics of Ecstasy (2012) », sur It's Psychedelic Baby Magazine, (consulté le ) : « Starting with ‘Void Vibrato’ and following with ‘Minddecision’, ‘Bellflight’ and ‘Microvoid’, band rocks the minds off with these modern sounding, retro psychedelic tracks. Unique and phenomenal ‘Journey To the Center Of The Sun’ – will definitely take you there! [Traduction en français : « Avec “Void Vibrato”, puis “Minddecision”, “Bellflight” et “Microvoid”, le groupe fait vibrer les esprits grâce à ces morceaux rétro-psychédéliques au son moderne. “Journey To the Center Of The Sun”, unique et phénoménal, vous y emmènera à coup sûr ! »] »
- ↑ (de) The Politics of Ecstasy 2CD,
- ↑ (es) Alfred Crespo, The Politics of Ecstasy,
- ↑ (de) Jan Schwarzkamp, The Politics of Ecstasy,
- ↑ (de) Rebekka Mruck, The Politics of Ecstasy,
- ↑ (it) Claudio Sorge, The Politics of Ecstasy,