Pluvier des Andes
Phegornis mitchellii, Phegornis
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Charadriiformes |
| Famille | Charadriidae |
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NT C2a(i) : Quasi menacé
Le Pluvier des Andes (Phegornis mitchellii) est une espèce d'oiseaux Charadriiformes de la famille des Charadriidae. Elle est l'unique représentante du genre Phegornis. C'est un petit limicole qui vit dans la cordillère des Andes.
Le Pluvier des Andes est un petit oiseau très reconnaissable, à la silhouette compacte et aux mouvements lents, avec un bec courbé vers le bas et une attitude rigide en vol. Le dessus de son corps est brun-gris et sa tête est noire avec un cercle blanc à son sommet. L'abdomen et les flancs sont blancs et striés de bandes noires.
Présent du nord du Pérou au sud du Chili, en passant par l'ouest de la Bolivie et l'Argentine, le Pluvier des Andes est un oiseau d'altitude. Il vit dans la puna, entre 2 000 et 5 000 m d'altitude, dans des zones humides comme des tourbières et des marécages. Les populations les plus méridionales migrent à plus basse altitude en hiver, et certains oiseaux migrent peut-être du nord au sud des Andes.
Le comportement du Pluvier des Andes est mal connu. C'est un oiseau plutôt solitaire et discret, qui se laisse approcher mais est difficile à repérer du fait de sa petite taille, son plumage et ses mouvements lents.
Le Pluvier des Andes est une espèce quasi menacée. Malgré une aire de répartition très étendue, sa population est dispersée en petits groupes et ses effectifs ne dépassent pas 10 000 individus. Il est menacé par la dégradation et la perte de son habitat.
Description
modifierDimensions et plumage
modifierLe Pluvier des Andes mesure entre 16,5 et 19 cm de long, pour un poids compris entre 28 et 46 g[1]. Son bec mesure 22 à 26 mm, ses tarses 21 à 24 mm et sa queue 47 à 52 mm[2].
C'est un pluvier très reconnaissable, à la silhouette petite et compacte[1]. Le dessus de son corps est brun-gris, avec de discrets reflets bronze. La tête est noire et entourée à son sommet d'une ligne blanche. La poitrine et les flancs sont blancs, avec des bandes noires étroites, et l'abdomen est blanc. Son bec est noir et courbé vers le bas, rappelant ceux des espèces de Calidris, et ses pattes sont jaunes[3],[1]. Il n'y a ni dimorphisme sexuel, bien que la femelle soit un peu plus terne, ni variations saisonnières. Les juvéniles ont la tête grise avec un sourcil moins évident, le dessus du corps brun foncé avec des franges chamois, et le dessous plus pâle et moins strié[1],[2].
Voix
modifierLe Pluvier des Andes émet un sifflement clair et pénétrant, assez bas. Lorsqu'il est effrayé, son chant est plus bas et plaintif[2].
Répartition et habitat
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- Présence permanente.
Le Pluvier des Andes est présent en Argentine, en Bolivie, au Chili et au Pérou[4]. Son aire de répartition s'étend du nord du Pérou et de l'ouest de la Bolivie au sud du Chili et de l'Argentine[1]. Les oiseaux qui vivent le plus au sud de l'aire de répartition migre à des altitudes plus basses en hiver, à partir de mars, et rejoignent leur zone de reproduction en octobre. Ils peuvent alors descendre à 2 000 m d'altitude, alors que les oiseaux plus au nord ne descendent pas en dessous de 3 300 m[1],[2]. Il est possible que certains oiseaux migrent du nord au sud des Andes[2].
C'est un oiseau d'altitude, qui vit dans la puna. Il niche entre 2 850 et 5 000 m[4],[3]. On le trouve dans des zones humides : berges de cours d'eau, zones détrempées, marécages, tourbières, et dans la toundra avec un couvert végétal, comme de la mousse et des espèces du genre Distichia[4],[1].
Écologie et comportement
modifierComportement
modifierAlimentation
modifierOn connaît mal son régime alimentaire. Il se nourrit dans des criques et des zones dissimulées, chassant des proies dans des plantes aquatiques et fouillant le sol avec son bec. Il cherche généralement sa nourriture seul ou en couple[1].
Reproduction
modifierLe Pluvier des Andes niche à haute altitude, dans la puna, entre 2 850 et 5 000 m[4]. Bien qu'il se laisse assez facilement approcher, il est très discret du fait de sa petite taille, ses mouvements lents et son plumage qui lui permet de se camoufler[2].
Il pond entre octobre et décembre au Chili, en janvier en Bolivie[1]. La densité de population est faible sur les sites de reproduction[2].
Une génération dure en moyenne 3,1 ans[4].
Effectifs, menaces et conservation
modifierEffectifs
modifierD'après des estimations de BirdLife International, il y aurait entre 1 500 et 7 000 Pluviers des Andes matures en 2023, pour une population totale entre 2 500 et 10 000 individus. En 2005 et en 2012, on estimait déjà la population totale à moins de 10 000 individus. Malgré son aire de distribution très vaste, le Pluvier des Andes est réparti en plusieurs petites populations éparpillées[4].
Menaces
modifierLe Pluvier des Andes est menacé par la dégradation et la perte de son habitat, qui causent probablement un lent déclin de sa population. Ces menaces incluent la transformation des tourbières en terrains agricoles et l'extraction de la tourbe, ainsi que le changement climatique qui risque d'impacter ces milieux[4].
Statut et conservation
modifierLe Pluvier des Andes est une espèce quasi menacée selon les critères de la liste rouge de l'UICN, ce qui signifie qu'il n'atteint pas les critères pour être considéré comme vulnérable ou en danger, mais s'en rapproche et pourrait le devenir dans un futur proche. Son statut d'espèce quasi menacée est motivé par sa population réduite, qui connaît potentiellement un déclin faible à cause de la dégradation de son habitat[4].
Birdlife International ne recense aucune action de conservation particulière pour cette espèce en 2023. Elle est présente dans 6 zones importantes pour la conservation des oiseaux, toutes situées en Argentine : la Sierra de Santa Victoria (en), le Parc national Campo de los Alisos, la Réserve provinciale Laguna Brava, le Parc provincial La Florida (en), la Réserve provinciale de Olaroz-Cauchari (es) et le Parc provincial Cumbres Calchaquíes (es)[4]. Elle est aussi inscrite à l'annexe II de la convention de Bonn[4].
Taxonomie
modifierClassification
modifierLe Pluvier des Andes est décrit en 1845 par le zoologiste britannique Louis Fraser, d'après un spécimen collecté au Chili, probablement dans la province de Colchagua. Fraser le nomme à l'origine Leptopus Mitchellii. Dans la publication originale, le nom de genre Leptodactylus est aussi proposé dans le cas où Leptopus serait déjà utilisé<[5],[6].
Il est aujourd'hui placé dans le genre Phegornis, dont il est l'unique espèce[7].
Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[7], c'est une espèce monotypique (non subdivisée en sous-espèces).
Noms et étymologie
modifierLe Pluvier des Andes est parfois appelé Gravelot des Andes en français. Il est nommé Chorlo cordillerano et Chorlito cordillerano (Pluvier de la cordillère) respectivement au Pérou et au Chili, et Chorlito de vincha (Pluvier à bandeau) en Argentine. En anglais, il est généralement appelé Diademed Plover ou Diademed Sandpiper-Plover (Pluvier à diadème), parfois Mitchell's Plover (Pluvier de Mitchell)[3],[8]. Le Congrès ornithologique international recommande le nom Diademed Sandpiper-Plover[7].
Le nom de genre Phegornis signifie « oiseau clair » (des racines grecques φέγγος (phéngō) « clair » et ὄρνις (órnis) « oiseau » )[9]. L'épithète spécifique mitchellii est un hommage au zoologiste et illustrateur britannique David William Mitchell (1813–1859)[10].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 del Hoyo, Elliott et Sargatal 1996, p. 441.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Hayman, Marchant et Prater 1986, p. 308.
- 1 2 3 Araya et Chester 1993, p. 168.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Birdlife International, « Species factsheet: Diademed Plover Phegornis mitchellii », sur Datazone by Birdlife International, (consulté le ).
- ↑ Avibase, consulté le .
- ↑ (en) Louis Fraser, « On Birds from Chile, and description of Leptopus mitchellii », Proceedings of the Zoological Society of London, , p. 157 (lire en ligne
). - 1 2 3 Congrès ornithologique international, version 15.1, 2025.
- ↑ (en) « Phegornis mitchellii », sur Avibase (consulté le )
- ↑ Jobling 2010, p. 302.
- ↑ Jobling 2010, p. 257.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrages généraux et guides d'identification
modifier- (en) Braulio Araya et Sharon Chester, The Birds of Chile, Santiago, Miguel Gallegos, , 400 p. (ISBN 956-7309-01-9, lire en ligne
), p. 168-169.
. - (en) Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World : Hoatzin to Auks, vol. 3, Barcelone, Lynx edicions, , 821 p. (ISBN 978-84-87334-20-7, lire en ligne
), p. 441 & planche 39 p. 436. - (en) Peter Hayman, John Marchant et Tony Prater, Shorebirds: an identification guide to the waders of the world, Boston, Houghton Mifflin Company, , 412 p. (ISBN 0-395-37903-2, lire en ligne
), p. 308 & planche 47 p. 130-131.
. - (en) James A. Jobling, The Helm Dictionary of Scientific Bird Names: From Aalge to Zusii., Christopher Helm, , 432 p. (ISBN 978-1-4081-2501-4, lire en ligne
).
.
Articles spécialisés
modifier- (es) G. Fernandes d'Oliveira et H. Rodríguez Moulin, « Hallazgo de un nido de Chorlito de Vincha (Phegornis mitchelli) en Mendoza, Argentina », Hornero, vol. 14, no 4, , p. 255-256 (lire en ligne [PDF])
- (es) Diego Ferrer, Leandro Manuel Alvarez Guerrero, Sebastián Caprio et Nicolás Ledesma, « Registro invernal del chorlito de vincha (Phegornis mitchellii) en el Parque Provincial Cordón del Plata, Luján de Cuyo, Mendoza, Argentina », Nótulas Faunísticas, 2e série, vol. 257, , p. 1-6 (lire en ligne
). - (en) Raymond Pierce, « Observaciones sobre Phegornis mitchellii en Marca pomacocha, Perú », Hornero, vol. 13, no 2, , p. 168-169 (lire en ligne [PDF]).
- (en) Alejandro G. Pietrek, Kristina L. Cockle, Andrea E. Izquierdo, Viviana S. Berrios et Bruce E. Lyon, « Habitat occupancy of the threatened Diademed Plover (Phegornis mitchellii) is not affected by llama grazing or peatland size, but declines with peatland humidity », PLOS ONE, vol. 19, no 7, , e0305462 (DOI 10.1371/journal.pone.0305462
).
Liens externes
modifier- Genre Phegornis
- (en) Animal Diversity Web : Phegornis (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Phegornis G. R. Gray, 1847 (consulté le )
- (en) Congrès ornithologique international : Phegornis dans l'ordre Charadriiformes (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Phegornis G. R. Gray, 1847 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Phegornis G. R. Gray, 1847 (consulté le )
- (en) NCBI : Phegornis (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Phegornis dans Charadriiformes (consulté le )
- Espèce Phegornis mitchellii
- (en) Animal Diversity Web : Phegornis mitchellii (consulté le )
- (fr + en) Avibase : Phegornis mitchellii (+ répartition) (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Phegornis mitchellii (Fraser, 1845) (consulté le )
- (en) Congrès ornithologique international : Phegornis mitchellii dans l'ordre Charadriiformes (consulté le )
- (fr) eBird : Phegornis mitchellii (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Phegornis mitchellii (Fraser, 1845) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Phegornis mitchellii (Fraser, 1845) (consulté le )
- (en) NCBI : Phegornis mitchellii (taxons inclus) (consulté le )
- Oiseaux.net : Phegornis mitchellii (+ répartition) (consulté le )
- (en) UICN : espèce Phegornis mitchellii (Fraser, 1845) (consulté le )
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Phegornis mitchellii dans Charadriiformes (consulté le )