Philippe Boutinaud
Philippe Boutinaud, né le à Limoges, est un général français, commandant de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris du au . Il dirige notamment les secours lors des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.
| Commandant de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris | |
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Philippe, Henri, Denis Boutinaud |
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Il est depuis conseiller en stratégie et sécurité auprès du Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF), à Genève.
Biographie
modifierFamille et formation
modifierPhilippe, Henri, Denis Boutinaud naît le à Limoges[1]. Après le collège militaire d'Aix-en-Provence, il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr au sein de la promotion « Lieutenant-Colonel Gaucher » (1983-1986), puis l'école d'application du Génie à Angers[1]. Il est marié et père de trois enfants[1].
Carrière militaire
modifierPremiers postes et missions internationales (1987-2015)
modifierIl sert à deux reprises au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, d'abord comme chef de section de combat (1987-1989), puis comme chef du bureau opérations instruction (2000-2002)[1]. En 1989, il rejoint pour la première fois la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, où il est successivement chef de garde, capitaine adjoint et commandant d'unité d'incendie[1]. En 1994, il est affecté à la Délégation générale pour l'armement[1],[2]. Il est promu capitaine à partir du , commandant à partir du , puis lieutenant-colonel à partir du [3]. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le (alors lieutenant-colonel, 19 ans de service)[3].
En 2002, il intègre l'état-major interarmées des forces sud de l'OTAN à Naples, comme officier de liaison terre chargé du suivi des opérations dans les Balkans, effectuant de fréquentes missions en Bosnie et au Kosovo[1]. Il est promu colonel à partir du [3] et retourne à la BSPP en 2005 comme chef du bureau études pilotage, puis prend la tête du 3e groupement d'incendie, à Courbevoie-La Défense, de 2006 à 2008[1].
En 2008, il est nommé special assistant du président du Comité militaire à l'état-major de l'OTAN à Bruxelles, poste qui le conduit à effectuer de nombreuses missions sur différents théâtres d'opérations de l'OTAN, notamment dans les Balkans et en Afghanistan[1]. De 2012 à 2014, il est directeur de cabinet du président du Comité militaire de l'Union européenne, toujours à Bruxelles[4]. Son parcours l'amène également, au fil de sa carrière, au Congo, au Collège interarmées de défense à Paris, et à l'École de guerre en Italie[2]. Il parle couramment l'anglais et l'italien[1],[2].
Nommé général de brigade par décret du , avec rang au [3], il est promu officier de la Légion d'honneur par décret du [3]. Il devient adjoint au commandant de la BSPP à partir du , puis commandant en second à compter de décembre 2014[3].
Commandement de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (2015-2017)
modifierIl est nommé commandant de la BSPP par décret du , avec rang au [3], succédant au général Gaëtan Poncelin de Raucourt ; sa prise de fonction est officialisée par le préfet de police Michel Cadot[5].
Le , alors qu'il assiste en civil au match de football France-Allemagne au Stade de France, il est informé des fusillades en cours dans Paris et rejoint la BSPP dès sa sortie du stade, au moment de la seconde explosion, pour diriger l'engagement de la Brigade lors des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, qui font 130 morts et 485 blessés, majoritairement par arme à feu[6],[7]. Par un hasard qu'il qualifie lui-même de déterminant, un exercice de simulation d'attentats multi-sites avait été mené avec le SAMU le matin même de l'attaque[8]. Il commande également les secours lors d'une autre séquence d'attaques survenue à Paris en 2016[9].
À l'issue des interventions, chaque sapeur-pompier engagé est invité à consigner librement par écrit ce qu'il vient de vivre, afin à la fois de fixer les faits sans réécriture ultérieure et d'amorcer un travail de désamorçage psychologique ; l'ensemble du personnel engagé, le général Boutinaud y compris, rencontre ensuite un psychologue[8]. Le , il est auditionné par la commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale, une première pour un commandant de la BSPP[10]. Il tire de cette expérience deux articles publiés dans la Revue Défense Nationale, dont « Les secours face au terrorisme de masse : l'adaptation de la BSPP à la menace » (2017)[11]. Il est nommé commandeur de l'Ordre national du Mérite par décret du [3].
Il quitte le commandement de la BSPP le , après onze années de services au sein de la Brigade dont deux à sa tête, lors d'une cérémonie où le préfet de police Michel Delpuech salue sa carrière internationale[2]. Le , il fait don au Musée-Mémorial du terrorisme, en cours de préfiguration à Paris, du képi de général de brigade qu'il portait le soir des attentats du 13 novembre 2015[7].
Après la BSPP
modifierÀ compter du , il est nommé chargé de mission auprès du chef d'état-major de l'armée de terre[3]. Il reçoit la médaille de la sécurité intérieure, échelon or, le [3], et est promu général de division par décret du , avec rang au [3]. Sa dernière affectation militaire est celle de chef du service des affaires de sécurité internationale à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées[4],[9].
Depuis novembre 2020, il est conseiller senior en stratégie et sécurité auprès de la direction du Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF), organisation basée à Genève[4]. Il y intervient notamment sur des programmes de gouvernance du secteur de la sécurité en Afrique de l'Ouest et au Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie, Tchad)[12], et donne régulièrement des conférences sur la gestion de crise, tirant notamment les enseignements de son expérience lors des attentats de 2015[9]. Il poursuit également des échanges réguliers avec des responsables politiques français, dont le sénateur Olivier Cadic[6].
Distinctions et honneurs
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Officier de la Légion d'honneur, par décret du [3]
Chevalier de la Légion d'honneur, nommé le (alors lieutenant-colonel, 19 ans de service)[3]
Commandeur de l'ordre national du Mérite, par décret du [3]
Médaille de la sécurité intérieure, or, agrafe « Sapeurs-pompiers », attribué le [3]- Médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement (x2)[1]
Publications
modifier- « Les secours face au terrorisme de masse : l'adaptation de la BSPP à la menace », Revue Défense Nationale, n° 797, 2017/2
- Article, Revue Défense Nationale, n° 786, 2016/1
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Philippe Boutinaud, « Biographie du Général Philippe Boutinaud - titre et contenu amélioré par IA », sur Scribd
- 1 2 3 4 « Prise d'armes à la BSPP en l'honneur du départ du Général Philippe Boutinaud - Discours de M. Michel Delpuech, préfet de Police », sur AASPP Ouest Seine 78-95,
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 « Philippe Boutinaud - Nominations au Journal officiel de la République française », sur JORFSearch
- 1 2 3 « Philippe Boutinaud », sur DCAF – Geneva Centre for Security Sector Governance
- ↑ « Général Philippe Boutinaud, nouveau chef de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris », sur AASPP91,
- 1 2 « Rencontre avec le général Philippe Boutinaud », sur Site du sénateur Olivier Cadic
- 1 2 « L'objet du mois », sur Musée-Mémorial du terrorisme
- 1 2 « Conduire l'action en situations extrêmes : conférence du général Philippe Boutinaud », sur Haute école de gestion Fribourg,
- 1 2 3 « Conduire l'action en situations extrêmes », sur Haute école de gestion Fribourg,
- ↑ « Audition du général Philippe Boutinaud, commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris », sur Assemblée nationale
- ↑ « Philippe Boutinaud », sur Cairn.info
- ↑ « Gouvernance démocratique : pour un cadre de dialogue soutenu », sur École de maintien de la paix Alioune Blondin Beye
