Phosphoglycéride

molécule amphiphile appartenant à la classe des phospholipides

Un phosphoglycéride — également appelé phosphatide, glycérophospholipide (GPL), phosphoglycérolipide ou encore phosphoacylglycérol — est un phospholipide constitué de deux résidus d'acides gras estérifiant un résidu glycérol lui-même estérifié par un résidu phosphate, cet ensemble formant un acide phosphatidique lié, à travers une liaison phosphodiester, à l'alcool (groupe hydroxyle) d'une molécule polaire telle que :

(en) Structure de différents glycérophospholipides. R1 et R2 représentent deux chaînes latérales d'acide gras, Z étant un résidu de molécule polaire.
Formule développée d'un phosphoglycérolipide
Formule développée d'une phosphatidylcholine typique :
    1. choline,
    2. phosphate,
    3. glycérol,
    4. acide gras insaturé en C2 du résidu,
    5. acide gras saturé en C1 du résidu glycérol.

Les phosphoglycérides forment, avec les sphingomyélines, la classe des phospholipides.

Structure

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Les phosphoglycérides sont des lipides organisés autour d'un résidu de glycérol-3-phosphate, à la différence des triglycérides qui ne contiennent pas de groupe phosphate mais sont au contraire formés de trois résidus d'acides gras estérifiant un résidu glycérol. Contrairement aux triglycérides, les phosphoglycérides sont des molécules clairement amphiphiles, c'est-à-dire constituées d'une tête polaire (hydrophile) et de queues aliphatiques (hydrophobes) :

  • le résidu glycérol, le groupe phosphate et le résidu polaire — souvent ionisé positivement — constituent la « tête » hydrophile de la molécule,
  • les résidus d'acides gras constituent les « queues » hydrophobes de la molécule.

Auto-assemblage en milieu aqueux

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Comme tous les phospholipides, les phosphoglycérides s'organisent, en milieu aqueux, afin de minimiser les contacts entre les molécules d'eau et les queues aliphatiques de leurs molécules, ce qui conduit à des structures en micelle, en liposome ou en bicouche lipidique :

(en) Organisation des phospholipides en solution aqueuse.
Structure d'un plasmalogène.
Structure d'une cardiolipine.

C'est la base des structures vivantes, qui s'organisent toujours à partir d'une membrane cellulaire séparant l'intérieur de la cellule (soit le milieu intracellulaire), du milieu extracellulaire.

Exemples

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Rôle biologique

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Au-delà de leur rôle structural dans les membranes, les phosphoglycérides constituent un réservoir de précurseurs pour de nombreux médiateurs lipidiques. Leur clivage par différentes phospholipases libère des fragments qui agissent comme seconds messagers intracellulaires ou comme signaux extracellulaires : le diacylglycérol et l'acide phosphatidique issus de l'action des phospholipases C et D, ou l'action des phospholipases A2 sur certains phosphoglycérides alkyl-acylés, qui libère à la fois l'acide arachidonique - précurseur des eicosanoïdes (prostaglandines, thromboxanes, leucotriènes) - et un lyso-composé qui, après acétylation, donne le facteur d'activation plaquettaire (PAF)[1].

Ce rôle de signalisation est particulièrement développé dans le tissu nerveux, où coexistent plusieurs classes de phosphoglycérides membranaires : dérivés diacylés, dérivés alkyl-acylés, plasmalogènes. Leur proportion respective conditionne la stabilité, la perméabilité et la fluidité des membranes neuronales. La longueur des chaînes d'acides gras et leur degré d'insaturation déterminent la formation de microdomaines membranaires riches en acides gras polyinsaturés[2]. Par l'action des phospholipases, ces molécules interviennent également dans l'apoptose et la régulation de transporteurs et d'enzymes membranaires[2].

Des altérations marquées de la composition en phosphoglycérides des membranes neuronales peuvent survenir dans certaines maladies neurologiques. Elles se caractérisent par des modifications de la fluidité et de la perméabilité membranaires[3]. Associées à une accumulation de peroxydes lipidiques et à des troubles du métabolisme énergétique, ces perturbations sont susceptibles de contribuer à la neurodégénérescence observée dans ces pathologies[3].

Références

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  1. (en) Matthias P. Wymann et Roger Schneiter, « Lipid signalling in disease », Nature Reviews Molecular Cell Biology, vol. 9, no 2, , p. 162–176 (ISSN 1471-0072 et 1471-0080, DOI 10.1038/nrm2335, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 (en) George J. Siegel, Basic Neurochemistry: Molecular, Cellular and Medical Aspects, Philadelphie, Lippincott-Raven, (ISBN 0-397-51820-X, url=https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK27995/), chapitre=Complex Lipids, section « Glycerolipids are derivatives of glycerol and fatty acids
  3. 1 2 (en) Akhlaq A Farooqui, Lloyd A Horrocks et Tahira Farooqui, « Glycerophospholipids in brain: their metabolism, incorporation into membranes, functions, and involvement in neurological disorders », Chemistry and Physics of Lipids, vol. 106, no 1, , p. 1–29 (DOI 10.1016/S0009-3084(00)00128-6, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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