Phyllida Barlow

artiste britannique

Phyllida Barlow, née Gillian Phyllida Barlow le à Newcastle upon Tyne et morte le à Londres, est une sculptrice, artiste d'installation et enseignante britannique.

Phyllida Barlow
Phyllida Barlow en 2019.
Naissance
Décès
(à 78 ans)
Londres, Angleterre
Période d'activité
Nom de naissance
Gillian Phyllida Barlow
Nationalité
Britannique
Activité
Formation
Représentée par
Mouvement
Père
Mère
Brigit Ursula Hope Black (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Fabian Benedict Peake (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Florence Peake (d)
Beatrix Clover Peake (d)
Tabitha R. Peake (d)
Edward Caspar Peake (d)
Lewis Conrad Peake (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Kunstpreis Aachen (2012) ; CBE (2016) ; DBE (2021) ; prix Kurt-Schwitters (2022)

Elle est connue pour ses sculptures et installations de grande échelle réalisées à partir de matériaux ordinaires ou peu coûteux, notamment le contreplaqué, le carton, le plâtre, le ciment, le polystyrène, le tissu et la peinture. Ses œuvres, souvent conçues en relation étroite avec l'espace d'exposition, jouent sur les notions de masse, d'instabilité, d'obstacle et de précarité[1],[2].

Après une longue carrière d'enseignante dans plusieurs écoles d'art britanniques, notamment à la Slade School of Fine Art, sa reconnaissance internationale s'accroît à partir des années 2000. Elle représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise en 2017 avec l'installation folly au pavillon britannique[3].

Biographie

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Jeunesse et formation

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Gillian Phyllida Barlow naît le 4 avril 1944 à Newcastle upon Tyne. Elle est la fille de Brigit Ursula Hope Black et du psychiatre Erasmus Darwin Barlow. Par son père, elle est l'arrière-arrière-petite-fille du naturaliste Charles Darwin[4].

Sa famille s'installe à Londres après la Seconde Guerre mondiale. Elle grandit dans une ville encore marquée par les destructions du conflit, expérience qu'elle évoquera par la suite comme l'une des sources de son intérêt pour les structures fragmentées, les matériaux de récupération et les architectures en transformation[5].

Elle étudie au Chelsea College of Art de 1960 à 1963, puis à la Slade School of Fine Art de 1963 à 1966[3]. À Chelsea, elle rencontre l'artiste et écrivain Fabian Peake, fils de l'écrivain et illustrateur Mervyn Peake. Ils se marient en 1966 et ont cinq enfants, parmi lesquels les artistes Florence Peake et Eddie Peake[4].

Enseignement

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Barlow mène parallèlement à sa pratique artistique une longue carrière dans l'enseignement. Elle enseigne dans différentes écoles d'art britanniques, notamment à Bristol, Brighton, Camberwell et à la Slade School of Fine Art[1]. Elle rejoint le corps enseignant de la Slade en 1986 et y exerce notamment comme professeure de beaux-arts et directrice des études de premier cycle avant de prendre sa retraite en 2009[6]. Après son départ à la retraite en 2009, elle devient professeure émérite de beaux-arts de la Slade School of Fine Art[3]. Parmi les artistes qu'elle a accompagnés figurent notamment Rachel Whiteread, Tacita Dean, Douglas Gordon, Martin Creed, Eva Rothschild et Bill Woodrow[6],[7].

Carrière artistique

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Barlow développe son travail de sculpture dès les années 1960 mais demeure pendant plusieurs décennies relativement peu présente dans les grandes institutions, tout en étant reconnue comme enseignante et par ses pairs[4]. En 2004, elle présente Peninsula, une installation de grande ampleur au BALTIC Centre for Contemporary Art à Gateshead. Cette exposition, réalisée à partir de matériaux récupérés et ordinaires, constitue une étape importante dans la visibilité de son travail[8].

En 2010, la Serpentine Gallery de Londres réunit son travail et celui de la sculptrice Nairy Baghramian dans une exposition consacrée à leurs approches respectives de la forme, de l'espace et de la relation entre sculpture et architecture[9].

Sa reconnaissance institutionnelle s'accélère au début des années 2010. Elle présente siege au New Museum de New York en 2012[10], puis reçoit la même année le Kunstpreis Aachen, accompagné de l'exposition BRINK au Ludwig Forum für Internationale Kunst d'Aix-la-Chapelle[11].

En 2014, la Tate Britain lui confie la commande annuelle des Duveen Galleries. Son installation dock occupe les galeries monumentales en combinant bois, acier, carton, polystyrène, tissu, plâtre et ciment[12]. Elle expose ensuite tryst au Nasher Sculpture Center de Dallas en 2015[13], puis demo à la Kunsthalle Zürich en 2016[3].

En 2017, elle est choisie par le British Council pour représenter la Grande-Bretagne à la 57e Biennale de Venise. Son installation folly investit l'ensemble du pavillon britannique, jusque dans les espaces extérieurs, avec un ensemble de sculptures monumentales et volontairement précaires réalisées à partir de matériaux courants[3].

Elle présente cul-de-sac à la Royal Academy of Arts de Londres en 2019, installation conçue pour les Gabrielle Jungels-Winkler Galleries[14]. En 2021, le Haus der Kunst de Munich lui consacre frontier, présentée comme une importante rétrospective réunissant installations, sculptures et œuvres sur papier des deux décennies précédentes ainsi que de nouvelles œuvres in situ[15].

En 2022, elle reçoit le prix Kurt-Schwitters de la Niedersächsische Sparkassenstiftung et présente à cette occasion l'installation BREACH au Sprengel Museum Hannover[16].

Phyllida Barlow meurt à Londres le 12 mars 2023, à l'âge de 78 ans[4]. Son dernier ensemble de sculptures monumentales destinées à l'espace public, PRANK, achevé avant sa mort, est présenté quelques mois plus tard à City Hall Park à New York par le Public Art Fund[17]. En 2024, Phyllida Barlow. unscripted, commissariée par Frances Morris, constitue la première grande exposition de synthèse organisée après sa disparition[18].

L'œuvre de Phyllida Barlow repose sur une approche physique et expérimentale de la sculpture. Elle utilise de manière récurrente des matériaux associés à la construction, au bricolage ou à l'emballage : contreplaqué, tasseaux de bois, carton, plâtre, ciment, polystyrène, mousse, tissu, ruban adhésif ou peinture[1]. Les assemblages, joints, traces de peinture et procédés de fabrication restent souvent visibles.

À partir des années 1990, elle développe plus particulièrement une réflexion sur l'« anti-forme », privilégiant le processus de fabrication, l'impermanence et la transformation plutôt que l'idée d'une sculpture achevée et pérenne. Certaines œuvres sont démontées après leur exposition et leurs matériaux réutilisés[19].

La relation entre l'objet, l'architecture et le déplacement du spectateur constitue un autre aspect central de sa pratique. Ses installations peuvent barrer un passage, occuper toute la hauteur d'une salle, paraître s'appuyer sur l'architecture ou contraindre le visiteur à modifier sa trajectoire[15]. La disproportion entre la monumentalité des formes et la pauvreté ou la fragilité apparente de leurs matériaux produit une tension récurrente dans son œuvre. Plusieurs critiques et institutions ont ainsi décrit son travail en termes d'« anti-monumentalité »[2].

Son travail met également en jeu la couleur et la matérialité de la surface. Les formes brutes sont fréquemment recouvertes de couleurs vives ou industrielles, tandis que les irrégularités et les marques liées à leur fabrication sont conservées plutôt que dissimulées[15].

Principales expositions personnelles et projets

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Collections publiques

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Des œuvres de Phyllida Barlow sont notamment conservées dans les collections ARTIST ROOMS, copropriété de la Tate et des National Galleries of Scotland, ainsi que dans la collection du British Council[20],[21]. Le Ludwig Forum für Internationale Kunst conserve également sad monument, œuvre réalisée pour son exposition BRINK en 2012[11]. La Leeds Art Gallery conserve également plusieurs œuvres de Phyllida Barlow, parmi lesquelles les sculptures HOLD (1986-1989) et untitled: venicecolumns (2016-2017), entrées dans les collections en 2019, ainsi qu'un ensemble d'œuvres sur papier couvrant plusieurs décennies de sa pratique[22].

Distinctions

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Publications

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  • (en) Frances Morris et Fiona Bradley, Phyllida Barlow: Sculpture 1963–2015, Fruitmarket Gallery / Hatje Cantz, , 240 p. (ISBN 978-3-7757-4011-1)
  • (en) Frances Morris et Fiona Bradley, Phyllida Barlow: Sculpture 1963–2023, Hauser & Wirth Publishers, , 304 p. (ISBN 978-3-906915-93-7)

Notes et références

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  1. 1 2 3 (en) « Phyllida Barlow », sur National Galleries of Scotland (consulté le )
  2. 1 2 (en) Ben Luke, « Remembering Phyllida Barlow, one of the most significant, and original, British artists of recent years », sur The Art Newspaper, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 (en) « British Pavilion: Phyllida Barlow », sur British Council (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (en) Charles Darwent, « Dame Phyllida Barlow obituary », sur The Guardian, (consulté le )
  5. ↑ (en) Mark Brown, « Phyllida Barlow: an artistic outsider who has finally come inside », sur The Guardian, (consulté le )
  6. 1 2 3 (en) « Tributes paid to sculptor and art educator Dame Phyllida Barlow », sur University College London, (consulté le )
  7. ↑ (en) Gareth Harris, « Phyllida Barlow—British sculptor who found global fame after retiring from teaching—has died, aged 78 », sur The Art Newspaper, (consulté le )
  8. ↑ (en) Alfred Hickling, « Phyllida Barlow », sur The Guardian, (consulté le )
  9. ↑ (en) « Nairy Baghramian and Phyllida Barlow », sur Serpentine Galleries, (consulté le )
  10. ↑ (en) « Phyllida Barlow: siege », sur New Museum Digital Archive, (consulté le )
  11. 1 2 3 4 (en) « Art Prize Aachen 2012: Phyllida Barlow », sur Ludwig Forum für Internationale Kunst, (consulté le )
  12. ↑ (en) Louisa Buck, « Phyllida Barlow: the artist working with the Tate collection to interrogate the essential nature of sculpture », sur The Art Newspaper, (consulté le )
  13. ↑ (en) « Phyllida Barlow », sur Nasher Sculpture Center, (consulté le )
  14. ↑ (en) « Phyllida Barlow RA: cul-de-sac », sur Sotheby's / Royal Academy of Arts, (consulté le )
  15. 1 2 3 4 (en) « Phyllida Barlow. frontier », sur Haus der Kunst, (consulté le )
  16. 1 2 3 (en) « Phyllida Barlow receives the Niedersächsische Sparkassenstiftung’s 2022 Kurt Schwitters Prize », sur Niedersächsische Sparkassenstiftung, (consulté le )
  17. 1 2 (en) « Phyllida Barlow: PRANK », sur Public Art Fund, (consulté le )
  18. ↑ (en) Dale Berning Sawa, « Phyllida Barlow: Unscripted review – exhilarating glimpses of a colossal talent », sur The Guardian, (consulté le )
  19. ↑ (en) « Phyllida Barlow: Shaping a new understanding of sculpture », sur University College London, (consulté le )
  20. ↑ (en) « untitled: upturnedhouse2, 2012 by Phyllida Barlow », sur National Galleries of Scotland (consulté le )
  21. ↑ (en) « Barlow, Phyllida », sur British Council Collection (consulté le )
  22. ↑ (en) « Phyllida Barlow: Sculpture and Drawings from the Leeds Collection », sur Henry Moore Foundation, (consulté le )
  23. ↑ (en) « New Year Honours List — United Kingdom », sur The London Gazette, (consulté le )
  24. ↑ (en) « Order of the British Empire — Professor Phyllida Barlow C.B.E. R.A. », sur The London Gazette, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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