Pierre-Yves Le Rhun

géographe français

Pierre-Yves Le Rhun, né à Tréméoc (Finistère) le et mort à Pont-l’Abbé (Finistère) le , est un géographe français, professeur d'université et militant breton (notamment) pour la réunification administrative de la Bretagne historique.

Pierre-Yves Le Rhun
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Pierre Marcel Yves Marie Le RhunVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
École normale de Bordeaux
Université de Lyon (agrégation de géographie, 1962)
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Distinction

Spécialiste de la géographie de la Bretagne, il est l'auteur et coordinateur de plusieurs ouvrages de référence sur le sujet, dont Géographie de la Bretagne (1976) et sa version numérique (2014). Engagé dans le mouvement breton, il préside l'association Ar Falz et le Comité pour l'unité administrative de la Bretagne (CUAB), devenu Bretagne réunie.

Biographie

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Jeunesse et formation

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Pierre-Yves Le Rhun naît le à Tréméoc[1], en pays Bigouden (Finistère), au sein d'une famille nombreuse de paysans bigoudens[2],[3]. Après des études secondaires au lycée La Tour-d'Auvergne à Quimper, il intègre l'École normale d'instituteurs de Bordeaux pour devenir instituteur. Il poursuit ensuite ses études à l'institut de géographie de l'Université de Lyon, dirigé par le géographe breton Maurice Le Lannou. Agrégé de géographie en 1962, il effectue son service militaire avant de rentrer en Bretagne.[3]

Carrière universitaire

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Devenu professeur d'histoire-géographie au lycée Clemenceau à Nantes, Pierre-Yves Le Rhun rejoint l'Université de Nantes en 1968 en tant qu'assistant[4]. Il y devient professeur de géographie et soutient en 1972 une thèse de troisième cycle intitulée L'aviculture intensive en Bretagne.[3] Sa carrière est marquée par un engagement académique au service de l'analyse de la Bretagne contemporaine, avec une attention particulière aux transformations économiques, environnementales et territoriales de la région.

Il est l'auteur de nombreux articles scientifiques et de contributions à des ouvrages collectifs, publiés notamment dans des revues comme Le Monde diplomatique[5]. En tant que géographe engagé, il défend des causes environnementales telles que la préservation du bocage breton, la promotion des marais salants de Guérande et l'opposition au projet de centrale nucléaire du Carnet.[3]

Engagement dans le mouvement breton

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Militant breton convaincu, Pierre-Yves Le Rhun s'implique dès les années 1970 dans plusieurs associations culturelles et politiques. Il est président d'Ar Falz (association pour l'enseignement du breton) à partir des années 1970, où il dirige la section de Loire-Atlantique (Ar Falz – Skol Vreiz)[4]. Sous sa présidence, Ar Falz participe à la création du Front culturel progressiste breton en collaboration avec d'autres mouvements.[3]

Il est également un fervent défenseur de la réunification administrative de la Bretagne historique, incluant la Loire-Atlantique. Il préside le Comité pour l'unité administrative de la Bretagne (CUAB) de 1983 à 1986, puis de 1996 à 2000, date à laquelle il cède la présidence à Alain Grand-Guillot en raison de problèmes de santé[4].,[3],[6] Le CUAB devient par la suite l'association Bretagne réunie. Dans ce cadre, il contribue à des analyses et sondages sur l'opinion publique, soulignant l'importance d'un débat démocratique sur les frontières régionales[7],[8]. Il critique régulièrement la centralisation française, qu'il accuse de bloquer le développement régional, comme dans un article de 1998 dans Le Monde diplomatique où il dénonce la « coalition inavouable des centralisateurs »[5].

Dès 1973, il publie dans le quotidien Le Monde un article intitulé Bretons en France ou Bretons contre la France ? Une réaction de rejet, analysant le réveil identitaire breton post-Mai 68 et plaidant pour une reconnaissance fédérale des peuples périphériques[9].

Il est membre de la SEPNB (Société pour l'étude et la protection de la nature en Bretagne, aujourd'hui Bretagne vivante), où il s'engage pour la protection environnementale.[3]

Distinctions

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Pierre-Yves Le Rhun est décoré du collier de l'Hermine en 2000 par l'Institut culturel de Bretagne, en reconnaissance de son engagement pour la culture et l'identité bretonnes.[3] En 2015, il reçoit la médaille de l'Institut culturel de Bretagne, conjointement avec les éditions Skol Vreizh, pour la réalisation de la Géographie numérique de la Bretagne[10],[11].

Œuvres principales

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Pierre-Yves Le Rhun est coordinateur de plusieurs ouvrages collectifs sur la géographie bretonne, souvent publiés aux éditions Skol Vreizh. Ses travaux mettent l'accent sur les évolutions socio-économiques, environnementales et territoriales de la région, avec une perspective critique et engagée.

  • Géographie économique de la Bretagne, éd. Breizh, 1971.
  • Géographie de la Bretagne (coord.), Skol Vreizh, 1976, 240 p.[3]
  • Bretagne et Grand Ouest, Skol Vreizh, 1988.[3]
  • La Bretagne face à l'Europe et à l'Île-de-France, Skol Vreizh, 1991.[3]
  • Géographie et aménagement de la Bretagne (coord.), Skol Vreizh, 1994.[3],[11]
  • Géographie numérique de la Bretagne (coord., en ligne), Skol Vreizh, 2014 (mise à jour des éditions précédentes, avec documents annexes ; plus de 91 000 vues en 2016)[11],[12].

Il contribue également à l'Atlas de Bretagne (1990) et à de nombreux articles, dont ceux cités ci-dessus dans la presse.[3]

Pierre-Yves Le Rhun meurt le , à l'âge de 89 ans, à l'hôpital de Pont-l'Abbé des suites de problèmes respiratoires[4],[13]. Ses obsèques ont lieu le à l'église de Tréméoc[4].

Notes et références

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  1. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. Cadiou 2013, p. 269.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Henry 2013, p. 296.
  4. 1 2 3 4 5 ,« Pierre le Rhun, militant breton et ancien professeur à Nantes, est décédé », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
  5. 1 2 Pierre-Yves Le Rhun, « La faute aux centralisateurs », Le Monde diplomatique, no 6536, , p. 14 (lire en ligne, consulté le )
  6. « La Bretagne en quatre ou cinq dimensions », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
  7. « Pierre-Yves le Rhun (CUAB) : « éclairer l’électeur » », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
  8. « Faut-il démanteler la Région des Pays de la Loire ? », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
  9. Pierre-Yves Le Rhun, « Bretons en France ou Bretons contre la France ? Une réaction de rejet », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  10. « Pierre-Yves Le Rhun et Skol Vreizh médaillés à Vannes », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
  11. 1 2 3 Jean-Laurent Bras, « Une géographie numérique de la Bretagne », Ouest-France,
  12. « Plus de 91 000 vues sur Wiki géographie », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
  13. « Disparition du géographe Pierre-Yves Le Rhun », sur Agence Bretagne Presse, (consulté le )

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Georges Cadiou, Emsav, dictionnaire critique, historique et biographique, le mouvement breton de A à Z, Spézet, Coop Breizh, (ISBN 978-2-84346-574-1)
  • Lionel Henry, Dictionnaire biographique du mouvement breton, Yoran embanner,

Voir aussi

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