Pierre Marec
Pierre Marec, né le à Brest (intendance de Bretagne, actuel département du Finistère), mort le à Paris (ancien 1er arrondissement) est un homme politique de la Révolution française.
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Entre 1792 et 1797, il est député à la Convention nationale, où il vote la détention de Louis XVI et où il siège au Comité de Salut public, puis au Conseil des Cinq-Cents.
Biographie
modifierSuppléant à la Législative
modifierSous l'Ancien régime, Pierre Marec est chef du contrôle au port de Brest.
La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Pierre Marec est élu député suppléant du Finistère, le deuxième sur trois, à l'Assemblée nationale législative. Il n'est cependant pas appelé à siéger[1].
Mandat à la Convention
modifierLa monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, Pierre Marec est élu député du Finistère, le quatrième sur huit, à la Convention nationale[2].
Il siège dans les rangs de la Plaine et affiche des proximités avec les députés de la Gironde. Le 24 décembre 1792, il est dénoncé par Jean-Paul Marat, dans Le Journal de la République française, pour avoir envoyé une lettre hostile aux Montagnards à la municipalité de Quimper[3] :
[...] Kervélégan, Gomaire et Marec ont écrit une lettre alarmante : voici la substance de leurs impostures. « Le parti Marat et Robespierre, ne demande la punition du roi, que pour élever l’Égalité au trône. La Convention ne délibère pas librement, elle n'est même pas en sûreté à Paris. Ils finissent par inviter le département à tenir une force armée, prête à se rendre à Paris au premier signal...
Lors du procès de Louis XVI, il vote la détention, et le bannissement à la paix, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[4]. Le 13 avril 1793, Pierre Marec s'abstient de voter lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[5] :
Marat m'a fait l'honneur de me calomnier deux fois dans ses feuilles : ce motif m'interdit la faculté de voter dans cette question.
Marat le dénonce à nouveau, un mois plus tard dans son journal, comme membre de la « faction des hommes d’État »[6]. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[7].
Après la chute de Robespierre, Pierre Marec participe à la réaction thermidorienne. Le 15 nivôse an III (le 4 janvier 1795), il est élu membre du Comité de Salut public aux côtés de Jean-Jacques Bréard (député de Charente-Inférieure) et de Jean-Pierre Chazal (député du Gard)[8]. Le 15 prairial (le 3 juin), il est réélu membre du Comité aux côtés de Claude Blad (député du Finistère), de François-Joseph Gamon (député de l'Ardèche) et de Pierre-Henri Larivière (député du Calvados)[9].
Le 8 prairial (le 27 mai), il dénonce la conduite de Joseph Laignelot (député de la Seine), qui est décrété d'arrestation[10],[11] :
Laignelot a assassiné tout ce qu’il y avait à Brest d'honnêtes gens... il était au secrétariat dans la nuit du 1er prairial.
Mandat aux Cinq-Cents
modifierSous le Directoire, Pierre Marec est réélu député par les départements de Saône-et-Loire (il opte pour celui-ci), de la Seine et de Seine-et-Oise et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le 20 mai 1797)[12].
Il continua à s'occuper des réformes à apporter dans le recrutement maritime, fit proroger l'exécution du code hypothécaire, présenta un projet sur le droit de sortie des vins, etc.
Sous l'Empire, il fut nommé inspecteur de la marine à Gênes qu'il dut remettre aux étrangers par suite de la convention du . Nommé, aux Cent-Jours, inspecteur du port de Bordeaux (), il ne se rendit pas à son poste.
La Restauration le mit à la retraite (1818), et lui donna (1820) la croix de Saint-Louis.
Son fils, Théophile-Marie Marec, né en 1792, mort en 1851 à Paris (ancien 2e arrondissement)[13], fut directeur du personnel de la marine en 1848.
Mandats
modifier- 07/09/1792 - 26/10/1795 : Finistère - Modérés
- 14/10/1795 - 20/05/1797 : Saône-et-Loire - Modérés
Notes
modifier- ↑ Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Marat, Jean-Paul (1743-1793), « Journal de la République française n°83 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Michel Pertué, « La liste des Girondins de Jean-Paul Marat », Annales historiques de la Révolution française, vol. 245, no 1, , p. 379–389 (DOI 10.3406/ahrf.1981.4254, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 19 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 24 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°252, « Convention nationale, séance du 8 prairial (27 mai) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 12 prairial an 3 (31 mai 1795) (consulté le ) - ↑ Françoise Brunel, « Les derniers Montagnards et l'unité révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, vol. 229, no 1, , p. 385–404 (DOI 10.3406/ahrf.1977.1009, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le ) - ↑ Archives de Paris, « État civil reconstitué, registre des décès, vue 20 / 51, V3E/D 1001 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
Références
modifier- Dictionnaire des parlementaires français, par Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny, tome 4, Lav-Pla, Bourloton éditeur, Paris 1891.
- Biographie bretonne – Recueil de notices sur tous les Bretons qui se sont fait un nom, p. 400 sur Google Livres, Tome 2, par Prosper Levot, Cauderan éditeur, Vannes, 1857.
Liens internes
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