Pierre sonnante de saint Gildas
La pierre sonnante de saint Gildas est une grosse pierre posée sur un socle dans l'ermitage Saint-Gildas à Bieuzy-les-Eaux dans le Morbihan, en Bretagne.
Faire sonner la pierre de saint Gildas *
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Pierre sonnante chapelle Saint-Gildas de Bieuzy | ||
| Domaine | Pratiques rituelles | |
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| Lieu d'inventaire | Bretagne Morbihan Bieuzy-les-Eaux |
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| * Descriptif officiel Ministère de la Culture (France) | ||
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La pierre sonnante
modifierLa pierre sonnante se trouve dans la chapelle Saint-Gildas, construite au bord de la rivière du Blavet. Au VIe siècle, Saint Gildas, moine évangélisateur, y aurait vécu en ermite, avec son disciple Bieuzy. Le site était à l’origine une grotte, une chapelle troglodyte s'y trouve encore.
La pierre réside sur un socle de granit et émet un son comparable à celui d’une cloche lorsqu’on la frappe avec une autre pierre. L’origine de cette pierre est inconnue (les pierres sonnantes étant généralement des phonolites, d'origine volcanique).
Une légende raconte que la pierre sonnante ait été découverte par Saint Gildas, dans la Chaussée des Géants au nord de l'Irlande. Il se serait servi de cette pierre pour construire son embarcation jusqu'à ce qu'il s’aperçoive qu'elle sonnait. Il en aurait alors fait une cloche.
Elle est complétée par une autre pierre plus petite, qui sert à la frapper afin de produire son son métallique caractéristique. Cela en fait un idiophone, c'est-à-dire un instrument de la famille des percussions dont le son est produit par le matériau de l’instrument lui-même lors d'un impact[1]. La pierre est inscrite aux Monuments Historiques comme instrument de musique depuis 1981.
Les pratiques autour de cette pierre font l’objet d’une inscription à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[2].
La pierre sonnante a été inscrite comme instrument de musique le . Depuis, elle fait l'objet de mesures de sauvegarde aux Monuments Historiques[3].
Statue de Saint Gildas à l'intérieur de la chapelle Saint-Gildas de Bieuzy. Chapelle Saint Gildas à Bieuzy.
Histoire
modifierUne utilisation inconnue
modifierAvec le son qu’elle émet, la pierre est naturellement et couramment surnommée « la Pierre de Fer ». Plusieurs origines légendaires lui sont attribuées.
Cette pierre aurait servi à saint Gildas pour appeler les fidèles à la prière dans sa grotte transformée en ermitage.
Elle aurait servi de meule à saint Gildas: « il y introduisait le grain et la tournait à la main », et grâce aux « mérites du saint homme », la pierre guérissait les malades[4].
La pierre a toujours été l’objet d’attentions et a servi dans la vie religieuse. Le Lundi de Pentecôte est la seule journée de culte à la chapelle, jour du pardon de saint Gildas, la pierre était sortie de l’église, posée sur un socle extérieur, et servait à sonner les vêpres après le déjeuner. Au XIXe siècle, les mendiants utilisaient le son de la pierre pour attirer l’attention sur eux et obtenir l'aumône[5].
À travers elle, le croyant pouvait s’adresser au saint et demander de l’aide. Ce rituel s’exécute avec des mouvements particuliers : frapper la pierre à coups répétés, en faisant des cercles sur le dessus, dans le sens des aiguilles d’une montre, le nombre de tours dépendant de la longueur du vœu.
Le seul rituel contemporain est de faire un vœu.
Une seconde pierre
modifierUne seconde pierre sonnante existe dans la commune. Elle aurait également servi de cloche à saint Bieuzy : elle se trouvait alors avec celle de saint Gildas dans l’ermitage du Blavet où les deux saints auraient vécu. La pierre de saint Bieuzy est aujourd’hui installée dans l'église paroissiale de la commune. Contrairement à celle de saint Gildas, aucune pratique n'existe autour de cette pierre. Elle est mise en scène de manière similaire : sur une colonne, avec un galet pour la frapper.
Elle se serait trouvée autrefois dans le cimetière de Bieuzy, aurait été vendue ou volée au XVIIe siècle par un seigneur des environs de Pontivy, puis récupérée par le recteur de Bieuzy en 1702. Elle aurait été transportée ensuite dans l’église.
Tourisme
modifierLa pierre sonnante attire le tourisme culturel. Des personnes visitent la chapelle pour faire tinter la cloche. Cette pierre, a, selon les croyances, une dimension magique, intemporelle et/ou traditionnelle. Faire sonner la pierre est un geste ancestral, issu d’une tradition ancrée dans le territoire[6][source insuffisante].
Bibliographie
modifier- [Cayot-Delandre 1847] M. Cayot-Delandre, Le Morbihan, son histoire et ses monuments, Vannes, Ed. Cauderon, , p. 410.
- [Danigo 1974] J. Danigo (Chanoine), Églises et chapelles du pays de Baud, Lorient, Presses du Morbihan, , p. 50-53.
- [Foussagrives 1908] J. Foussagrives (Chanoine), Saint Gildas de Ruis et la société bretonne au VIe siècle (493-570), Paris, libr. Ch. Poussielgue, , p. 246-249.
- [Guenin 1910] G. Guenin, « Les rochers et les mégalithes de Bretagne. Légendes, traditions, superstitions », Bulletin de la Société Académique de Brest, t. 35, 1910-1911, p. 205-206.
- [Corson 1898] Guillotin de Corson (Abbé), Les pardons et pèlerinages de Basse-Bretagne. 1re série. Diocèse de Vannes, Rennes, .
- [Kerboul-Vilhon 1997] C. Kerboul-Vilhon, Gildas Le Sage. Vies et œuvres, Sautron, Ed. du Pontig, , p. 148-149. (D’après la Vie de saint Gildas écrite par Vitalis, moine de Saint-Gildas-de-Rhuys au XIe siècle)
- [Maho 1985] H. Maho, Guide pratique. Le pays de Baud, éd. A.R.E.O. (publié par l’office du tourisme et le syndicat d’initiative), , p. 10.
- [Martin 1880] H. Martin, « Inventaire des monuments mégalithiques de France », Bulletins de la société d’anthropologie de Paris, t. 3, IIIe série, , p. 67–76.
- [Rosenzweig 1863] M. Rosenzweig, Répertoire archéologique du département du Morbihan, Paris, imprimerie Impériale, , p. 69-70.
- [Toscer 2001] Catherine Toscer, « Pierre sonnante », pour l'Inventaire général du patrimoine culturel, 2001, dans la base Palissy, ministère de la Culture, notice no IM56005466
- [Toscer-Vogel 2003] C. Toscer-Vogel, Vallée du Blavet. Le canton de Baud. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Région Bretagne, Rennes, Ed. Apogée, , p. 26.
- Morbihan, Guide Gallimard, coll. « Encyclopédies du voyage », , p. 323.
Références
modifier- ↑ Idiophone, définition du Larousse : Instrument de musique, non pourvu de cordes ou de membranes, dont le corps solide suffit à produire un son (castagnettes, xylophone, hochet, guimbarde, etc.)
- ↑ « Pierre sonnante de saint Gildas », Fiche d’inventaire, sur culturecommunication.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « Fiches d'inventaire - Patrimoine Culturel Immatériel en France », sur pci-lab.fr (consulté le ).
- ↑ La vie de saint Gildas, XIe siècle, traduite par C.Kerboul-Vilhon, 1997
- ↑ Guillotin de Corson, 1898
- ↑ « Fiches d'inventaire - Patrimoine Culturel Immatériel en France », sur www.pci-lab.fr (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Les pierres animées », Dossier de recherche [PDF], sur culturecommunication.gouv.fr (consulté le ).
