Pippo Delbono

acteur et metteur en scène italien

Pippo Delbono, né à Varazze, dans la province de Savone, en Ligurie en 1959, est un metteur en scène, réalisateur et acteur italien.

Pippo Delbono
Pippo Delbono à la Lomax (Catania, Sicile) en mars 2010
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Italienne
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Distinction

Il est l'une des figures les plus importantes de la scène théâtrale contemporaine italienne. Il a aussi réalisé plusieurs films pour le cinéma.

Biographie

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Pippo Delbono fait ses études à l'école de théâtre de Savone où il rencontre l'acteur argentin Pepe Robledo. Depuis sa plus petite enfance il a une grande passion pour le théâtre et aime se mettre en scène.

Au début des années 1980 il s'installe au Danemark avec Pepe Robledo. Il participe au groupe Farfa, dirigé par Iben Nagel Rasmussen issu de l'Odin Teatret.

Il revient en Italie et travaille à son premier spectacle Il tempo degli assassini (Le temps des assassins) qu'il présente sur scène en 1986 au festival de Sant'Arcangelo[1]. Ses spectacles se caractériseront par le fait de ne pas être construits autour d’une narration ; il ne s'organisent pas selon un temps linéaire[2].

Pendant une tournée en Allemagne Pepe et Pippo rencontrent Pina Bausch[1] et participent à son spectacle Ahnen. L'année suivante ils continuent de jouer Il tempo degli assassini dans le monde entier, que ce soit en Suisse, en Espagne, en Amérique Latine ou en Irak.

En 1989, commencent différents projets, où ils mêlent acteurs et danseurs de différents horizons : Morire di Musica (1989), Il Muro (1990 avec des danseurs de Pina Bausch).

En 1992, ils collaborent avec l'Université de Parme, et commencent à travailler sur Enrico V d'après la pièce de Shakespeare Henry V . Le résultat est original : les participants aux ateliers de théâtre sont insérés dans le spectacle, dans chaque ville où la pièce est représentée.

En 1993, ils s'établissent à Loano (Province de Savone) avec un espace permanent de formation appelé La Danza nel Teatro.

En 1995, la Compagnie donne La Rabbia, spectacle dédié à Pier Paolo Pasolini.

En 1997, ils donnent à Naples le spectacle Barboni. Ce spectacle est né de rencontres avec les internés de l'asile psychiatrique d'Aversa près de Naples, mais aussi avec des artistes de rue et des chanteurs de rock. Barboni reçoit le Prix spécial Ubu pour la recherche à la frontière entre l'art et la vie ainsi que le Prix de la critique 1998, et rencontre un immense succès de par le monde[3].

L'année suivante, le spectacle Guerra poursuit la recherche commencée avec Barboni avec les mêmes personnes.

En 1999, ils créent Esodo à Modène. En 2000 c'est au tour de Il Silenzio au festival Orestiadi de Gibellina en Sicile, un village victime d'un tremblement de terre en 1968 et dont il ne reste rien[4].

En 2002, Gente di Plastica est créé à Modène ; cette pièce exubérante sur une musique de Frank Zappa, en hommage à Sarah Kane, reçoit le Prix Olimpici del teatro en 2003.

En 2003, de retour de la tournée de sa pièce Guerra en Israël et en Palestine, Pippo Delbono réalise son premier long métrage Guerra, qui est sélectionné à la 60e Mostra de Venise.

Urlo est créé au Festival d'Avignon en 2004, avec la participation de Giovanna Marini et d'Umberto Orsini[5].

En 2006, est créé au Teatro Argentina, à Rome, Questo Buio Feroce, un spectacle qui traite de la mort et de la maladie dont souffre le metteur en scène. Mêlant poésie, beauté plastique et musique « cette féroce obscurité » est composée de plusieurs séquences qui apparaissent comme des images arrêtées, des photographies. Les réactions des spectateurs sont diverses, certains pouvant être choqués[6].

En , il participe au projet Tyerri Salmon comme professeur à un stage intitulé « La danse du corps et des mots » avec de jeunes acteurs de cinq pays européens sous la direction artistique de Franco Quadri.

Le , il présente à Spolète (Ombrie) l'opéra Obra Maestra, un projet inédit de Frank Zappa écrit par le Vénitien Giovanni Mancuso, sur un livret de Pilar Garcia.

En 2008, il crée La Menzogna dont le point de départ est la mort à Turin, en de sept ouvriers brûlés vifs dans l'incendie d'une usine vétuste du groupe ThyssenKrupp[7] ; la première a lieu à Turin.

En , il a reçu le XIe Prix Europe pour le théâtre, à Wrocław[8].

En , Pippo Delbono réalise son premier long métrage, un documentaire intitulé Grido. Il évoque la folie, sa rencontre avec son acteur fétiche Vincenzo Cannavacciuolo dit Bobò, un homme sourd et muet qu'il a rencontré dans un hôpital psychiatrique alors qu'il y vivait depuis quarante-cinq ans[9], et le sens du compagnonnage qui les lie[10].

Son spectacle Dopo la Battaglia, créé en 2011 à Padoue, rencontre un grand succès lors de sa tournée en France en 2012-2014[11]. En 2011 également, le Residenztheater de Munich lui passe commande d'une pièce en tant que metteur en scène invité : il y crée Erpressung (chantage, Ricatto en italien), sa première création avec des comédiens n'appartenant pas à sa troupe ; le spectacle est créé à Munich le et entre au répertoire du théâtre[12].

Dans La gioia, son dernier spectacle, Pippo Delbono rend hommage à Bobò[6], disparu en 2019[13].

Théâtre

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Publications

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  • Le Corps de l'acteur, six entretiens romains avec Hervé Pons, Éditions Les Solitaires Intempestifs, 2004
  • Mon théâtre, Actes Sud, 2004
  • Récits de juin, [Racconti di giugno], Actes Sud, 2008

Filmographie

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Réalisateur

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Distinctions

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Références

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  1. 1 2 Myriam Bloedé et Claudia Palazzolo 2010.
  2. Bruno Tackels 2009, p. 43.
  3. Pepe Robledo et Oliviero Ponte di Pino 2003.
  4. 1 2 « Fragments de vie dans le silence de Gibbelina, sous son linceul de pierres », Le Monde, (lire en ligne).
  5. 1 2 « Dans le village des songes, un long cri venu de la nuit », Le Monde, (lire en ligne).
  6. 1 2 Pierre Katuszewski, « Romeo Castellucci, Pippo Delbono : obscène, scandale et émotion », dans Peter Frei, Nelly Labère (dir.), L’obscène, mode d’emploi. Considérations intempestives à l’usage du monde contemporain, Pessac, MSHA, coll. « PrimaLun@ » (no 16), (lire en ligne), p. 67-78.
  7. 1 2 René Solis, « Les bleus de Delbono », Libération, (lire en ligne).
  8. « Prix Europe pour le Théâtre - XIIIème Edition - XIIIe Edition Prix Europe pour le Théâtre », sur archivio.premioeuropa.org (consulté le ).
  9. Myriam Blœdé et Claudia Palazzolo 2004, p. 113-133.
  10. Brigitte Salino, « L’acteur italien Bobo est mort », Le Monde, (lire en ligne).
  11. Fabienne Darge, « Voyage au bout de la folie. Pippo Delbono », Le Monde, (lire en ligne).
  12. 1 2 (de) Michael Weiser, « Erpressung in der Residenz: Das Pandämonium des Pippo Delbono », sur kultur-vollzug.de, .
  13. 1 2 Brigitte Salino, « Théâtre : l’hymne à la joie de Pippo Delbono. L’auteur et metteur en scène italien présente La Gioia, au Théâtre du Rond-Point à Paris. », Le Monde, (lire en ligne).
  14. « Les éclats de vie de Pippo Delbono », Le Monde, (lire en ligne).
  15. « Enrico V », sur Les Archives du spectacle.
  16. « Enrico V (Henri V) d'après William Shakespeare. Pippo Delbono », sur Festival d'Avignon.
  17. Denis Bonneville, « Enrico V : quand Pippo Delbono engloutit son roi », La Marseillaise, (lire en ligne).
  18. « La rabbia », sur Les Archives du spectacle.
  19. Maïa Bouteillet, « La Rabbia, rage au corps », Libération, (lire en ligne).
  20. Jean-Louis Perrier, « Les poèmes d'un clochard et le théâtre pour "continuer à vivre" », Le Monde, (lire en ligne).
  21. « Avignon. Deuxième volet du triptyque présenté en Avignon par Pippo Delbono, Guerra est une pièce d'une humanité rare. Bouleversant », L'Humanité, (lire en ligne)
  22. « Exode - 2006 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  23. Colette Godard, « Bizarre et beau Pippo Delbono », Libération, (lire en ligne).
  24. Laurence Bertels, « Pippo Delbono, éloquent Silenzio », La Libre Belgique, (lire en ligne).
  25. « Pippo Delbono brise le bonheur en plastique », Le Monde, (lire en ligne).
  26. Martine Silber, « Pippo Delbono, nouvel électrochoc. Questo buio feroce (cette obscurité féroce), du dramaturge italien, est présenté au Théâtre du Rond-Point », Le Monde, (lire en ligne).
  27. Brigitte Salino, « L'humanité rageuse de Pippo Delbono. La Menzogna est présenté à Avignon », Le Monde, (lire en ligne).
  28. Camille Hazard, « Dopo la Battaglia de Pippo Delbono au Théâtre du Rond-Point », sur unfauteuilpourlorchestre.com, .
  29. Jacques Testud, « Pippo Delbono revient à la Comédie de Clermont pour Dopo la battaglia, jouée deux fois », La Montagne, (lire en ligne).
  30. Marie-Aude Roux, « Pippo Delbono, l'espoir d'ouvrir l'opéra au peuple », Le Monde, (lire en ligne).
  31. Fabienne Darge, « Noyées dans les images, les Orchidées de Pippo Delbono perdent leur parfum », Le Monde, (lire en ligne).
  32. « Vangelo (Évangile). Dossier de presse », sur Théâtre de Vidy.
  33. Brigitte Salino, « Vangelo, l’Évangile selon Pippo Delbono », Le Monde, (lire en ligne).
  34. (en) Dumitriana Condurache, « A Diverse Beauty: Amore, by Pippo Delbono », dans Intersections in artistic research. The model of the other and the culture of mobility (actes de la conférence internationale sur George Enescu, National University of Arts, Iaşi, 3-5 novembre 2022), (présentation en ligne), p. 204-209.
  35. « Amore - 2021 », sur Les Archives du spectacle.
  36. Catherine Robert, « Il Risveglio, Pippo Delbono revient au théâtre du Rond-Point pour dire le nécessaire réveil individuel et collectif », La Terrasse, no 34, (lire en ligne).
  37. Déborah Bucchi, « La mêlée des invisibles : un théâtre de la rencontre. Sur Le Réveil de Pippo Delbono », Les Temps qui restent, no 3, , p. 240-250 (lire en ligne Accès libre).
  38. « Un film italien primé au Festival de Clermont-Ferrand », Le Monde, (lire en ligne).
  39. (it) Maura Bergonzoni, « La paura di Pippo Delbono : breve riflessione sul documentario », dans Antonio C. Vitti (dir.), Incontri cinematografici e culturali tra due mondi, Pesaro, Metauro, (ISBN 978-88-6156-091-8), p. 311-327.
  40. Gérard Lefort, « Amore carne : : la ballade du Pippo fêlé », Libération, (lire en ligne).
  41. Jacques Mandelbaum, « Amore carne : la vie célébrée jusque dans l'inquiétude de la mort », Le Monde, (lire en ligne).
  42. Franck Nouchi, « Sangue : l'histoire de deux vies, entre religion et révolution », Le Monde, (lire en ligne).
  43. Thomas Sotinel, « Amore : éblouissante débauche de tous les sens sur grand écran », Le Monde, (lire en ligne).
  44. Franck Nouchi, « Cha cha cha : danse macabre sur fond de combines à l'italienne », Le Monde, (lire en ligne).
  45. Noémie Luciani, « Rendez-vous à Atlit : le retour de trois sœurs en Israël », Le Monde, (lire en ligne).
  46. (it) « Palmares », sur Premio Europa per il Teatro (consulté le ).

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • (it) Leonetta Bentivoglio (dir.), Pippo Delbono : corpi senza menzogna, Florence, Barbès Editore, .
  • Myriam Blœdé (dir.) et Claudia Palazzolo (dir.), Pippo Delbono. Mon théâtre, Arles, Actes Sud, coll. « Le temps du théâtre », , 233 p. (ISBN 2-7427-4590-4).
  • Myriam Bloedé et Claudia Palazzolo, « Pippo Delbono, à la recherche d’un théâtre qui danse », Études théâtrales, vol. 3, no 49, , p. 123-128 (lire en ligne Accès libre).
  • Jean-Pierre Han, « Delbono Pippo », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, (ISBN 9782047312957), p. 415.
  • Pierre Katuszewski, « Changer de rythme pour sortir de la représentation. Pippo Delbono et Romeo Castellucci », Cahiers de littérature orale, , p. 73-74 (lire en ligne Accès libre).
  • (it) Gianni Manzella, La possibilità della gioia : Pippo Delbono, Florence, Edizioni Clichy, , 221 p. (ISBN 978-88-6799-452-6).
  • Baptiste Pizzinat, « Pippo Delbono et le courage de la vérité », Jeu, no 143, , p. 154-158 (lire en ligne Accès libre [PDF]).
  • Baptiste Pizzinat (préf. Jean-Michel Ribes), Pippo Delbono, le théâtre au temps des assassins : une approche ethnographique, Paris, éditions de l'Amandier, , 489 p. (ISBN 978-2-35516-228-2).
  • (it) Pepe Robledo et Oliviero Ponte di Pino, Barboni : il teatro di Pippo Delbono, Milan, Ubulibri,
  • Bruno Tackels, Pippo Delbono, Besançon, Les Solitaires intempestifs, coll. « Écrivains de plateau » (no 5), (ISBN 978-2-84681-258-0).

Liens externes

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