Pirna
Pirna (autrefois Pirne en français) est une ville de Saxe, en Allemagne. Elle est située dans l'arrondissement de Suisse-Saxonne-Monts-Métallifères-de-l'Est et le district de Dresde. C'est une Große Kreisstadt et le siège d'administration de l'arrondissement. Sa population s'élevait à 40 259 en 2004.
| Pirna | |
Vue de Pirna | |
Armoiries |
Drapeau |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Land | |
| District (Regierungsbezirk) |
Dresde |
| Arrondissement (Landkreis) |
Suisse-Saxonne-Monts-Métallifères-de-l'Est |
| Nombre de quartiers (Ortsteile) |
16 |
| Bourgmestre (Bürgermeister) |
Tím Lochner |
| Partis au pouvoir | AfD |
| Code postal | 01781–01796 |
| Code communal (Gemeindeschlüssel) |
14 6 28 270 |
| Indicatif téléphonique | 03501 |
| Immatriculation | PIR, DW, FTL, SEB |
| Démographie | |
| Population | 40 128 hab. () |
| Densité | 757 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 50° 58′ 01″ nord, 13° 55′ 59″ est |
| Altitude | 118 m Min. 109 m Max. 340 m |
| Superficie | 5 302 ha = 53,02 km2 |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.pirna.de |
| modifier |
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Géographie
modifierPirna se trouve au pied de l'Elbsandsteingebirge au début de la vallée de l'Elbe à Dresde, où la Wesenitz au nord et la Gottleuba au sud se jettent dans l'Elbe. Cernée au nord par les collines et la faille de Lusace et au sud par les contreforts des Monts Métallifères, la ville s'est établie sur un défilé de l'Elbe, qui en fait la porte de la Suisse saxonne. La Route saxonne des vins, inaugurée en 1992, commence à Pirna et poursuit vers l'aval via Pillnitz, Dresde et Meisen, jusqu'à Diesbar-Seusslitz. Pirna a été gravement affectée par les crues désastreuses d' et de .
Histoire
modifierLa révolution industrielle, l'unité allemande et la République de Weimar
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Pirna élit un bourgmestre depuis 1832. Le 31 mars 1845, la grande crue de 1845 inonda une grande partie du centre-ville de Pirna. Le niveau de l'eau a Dresde avait atteint 8,77 m et le débit de l'Elbe était de 5 700 m3/s[1]. Ce record fixa la cote retenue pour la ligne ferroviaire de Tetschen à Dresde-Neustadt, avec une revanche de 1 m. La ligne Dresde–Pirna fut inaugurée, elle, en 1848 : le première gare fut établie au pied des anciens remparts, non loin de l'abbatiale Saint-Henri, et l'on occupa la moitié de l'ancien cloître pour faciliter l'accès à la gare depuis le centre-ville. Cet édifice en grès rouge est aujourd'hui l'une des plus anciennes gares de Saxe.
Le botaniste Emil Adolf Roßmäßler était député de la circonscription de Pirna au Parlement de Francfort. Plusieurs citoyens de Pirna prirent part au Soulèvement de mai à Dresde pour maintenir la constitution de 1849, et le député W. A. Hauszner trouva la mort lors de ces manifestations. Le musée, ouvert en 1861, est l'un des plus anciens de Saxe ; depuis 1923, il occupe la salle capitulaire de l’ancien cloître, précédemment utilisée comme école (la Schulbau am Klosterhof, cf. Rippich). Cette école, la Goetheschule, a été transférée sur la place Dohna.
Après la défaite de la Saxe, alliée de l’Autriche dans la guerre austro-prussienne, Pirna devint une ville de garnison prussienne pendant plus de deux ans. Anticipant la démolition de l’ancienne église (catholique) Saint-Nicolas (1875, dans l’actuel Friedenspark), on édifia une nouvelle église de style néogothique, sur la rue du Dr-Külz, date de 1869. Le presbytère et l’école religieuse attenante possèdent également un pignon néogothique.

La révolution industrielle toucha Pirna avec l’installation, en 1862, d’une usine d’émaillage des métaux. La connexion à Dresde par le chemin de fer favorisait l’implantation de nouvelles usines, faisant de cette petite ville une véritable cité industrielle, spécialisée dans les constructions mécaniques (1871), la verrerie (1874), la production de cellulose (1886) et de soie artificielle (1909). L’industrialisation rapide a également bénéficié de la construction d’un grand pont en maçonnerie sur l'Elbe (1875), ouvrant l’accès à plusieurs faubourgs depuis la gare.

C’est ainsi que jusqu'à la Grande guerre, un quartier résidentiel a vu le jour entre le centre historique et la gare, le Westvorstadt, avec ses beaux immeubles de style gründerzeit, avec leurs grandes vitrines en rez-de-chaussée et leurs linteaux en fer forgé, gravés de motifs floraux. L’hôtel Kaiserhof et le cinéma datent de 1916. C’est dans ce quartier que se trouve la fabrique de meubles Hengst, aujourd’hui classée aux monuments historiques, et qui, avec la centrale électrique, est l’un des premiers témoins du passé industriel de la ville. La rive droite de l’Elbe possède également un quartier de même style, dans le prolongement du pont, le long du boulevard entre Copitz et Lohmen.

Vers la fin du XIXe siècle, et suite à l’implantation d’un quartier militaire (1888-89), l’urbanisation, malgré de nouvelles crues de l'Elbe (1890, 1897), s'orienta vers le sud, faisant grimper la population à 13 852 habitants (1890). La Graue Kaserne abrita le 2e Régiment d'artillerie de campagne[2] puis le 1er Régiment du génie (rég. Nr. 12). La Roten Kaserne accueillit en 1906 le 5e Régiment d'artillerie de campagne. Ces casernes permettaient de stationner 1700 soldats. Le champ de tir fut aménagé sur des terrains à Heidenau et le long d’un chemin entre le pont de l’aérodrome et Copitz.
Il y avait jusqu’en 1922 sur l'Elbe un quai de déchargement équipé d’une grue motorisée pour le déchargement des moellons de grès. La seule route reliant Pirna à Sonnenstein était une voie très raide, Am Hausberg. Elle fut remplacée en 1902 par la Serpentinenstraße, passant par l'ancien hôpital de la Schützengilde (appelé „Hanno“).
Le 12 septembre 1911, 11 uhlans autrichiens se noyèrent en tentant de franchir l’Elbe à cheval : un mémorial, non loin de l’actuel monuments aux morts, commémore cet accident[3]. Remodelé sous le IIIe Reich, il a été reconstitué dans le style d'origine en 2012.



L’électrification de la ville remonte à 1912 , avec l’équipement d’une papeterie en génératrices hydroélectriques. Elle pouvait à peine suffire à éclairer la Grand-rue, une maison et les locaux de la centrale elle-même. La centrale électrique municipale entra en service l’année suivante : c’était une centrale thermique dont les turbines à vapeur fonctionnaient au lignite, et qui délivrait une puissance de 5 000 CV. Grâce à la centrale hydroélectrique de Liebethal, le faubourg de Copitz était électrifié depuis 1895[4] ; quant à l’Elbtalzentrale, entre la zone industrielle et celle de Pirna-Heidenau, et aujourd’hui en ruines, elle n’entra en service qu'en 1929[5],[6].
Au cours de la Première guerre mondiale, les deux régiments, ordinairement stationnés à Pirna : le 1er régiment du génie et le 5e régiment d'artillerie de campagne, essuyèrent de lourdes pertes.
La proclamation de la République et la sécularisation (1919) amenèrent la laïcisation des institutions catholiques (écoles et hôpitaux). Les 27-28 juillet 1920, les ouvriers stoppèrent un convoi militaire et s’emparèrent des armes : un monument rappelle ces événements le long de la gare.
Siegfried Rädel, natif de Copitz, fut de 1922 à 1933 le député communiste de Pirna ; mais au mois d'octobre 1923, la Reichswehr défilait à Pirna, pour tenter de mater la grève. Les 23 et 24 octobre, deux jeunes ouvriers, Artur Müller et Hans Wittig, furent exécutés : leur souvenir est célébré depuis 1963 par une plaque sur l'hôtel de ville. Au mois de décembre 1923, l’hyperinflation avait fait bondir le nombre de chômeurs à 5000 à Pirna.

Simultanément, à l’initiative du bourgmestre Arthur Gaitzsch, plusieurs communes voisines (Posta, Niedervogelgesang, Obervogelgesang, Copitz, Hinterjessen, Neundorf, Zuschendorf, Rottwerndorf) furent regroupées avec Pirna, qui passa ainsi à 30 000 habitants et accéda dès 1924 au statue de municipalité autonome.
Les crues de 1927 des rivières de Gottleuba et Seidewitz firent d’énormes dégâts à Pirna et 13 victimes, dont 9 pour le quartier de Pirna-Neundorf. Comme en 1897, l'Altstadt et le faubourg ouest furent inondés.
La première ligne de bus, comptant 4 lignes et 12 autobus, fut inaugurée le 4 avril 1928 par un investisseur, Hans Jensen. La compagnie fut nationalisée en 1952 par la VEB Kraftverkehr, puis rebaptisée en 1992 RVSOE[7]. L’école professionnelle de la Thälmannplatz date de 1929.
Sous le IIIe reich
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Aux Élections législatives allemandes de mars 1933, le parti nazi obtint à Pirna plus de 40 % des voix. Il s'ensuivit des manifestations et des arrestations. Le , un journal socialiste (le Volkszeitung) fut interdit et une librairie incendiée, anticipant de deux mois les autodafés en Allemagne. Quatre magasins juifs ont été détruits à Pirna lors de la nuit de Cristal. Au mois de , les thermes de l'ancien octroi donnant sur l'Elbe furent détruit par une tempête. Reconstruits plus en aval sous le nom de Carolabad, ils ont disparu en 1945. Il y avait encore, sous le IIIe Reich, un centre culturel Hermann-Göring dans les faubourgs sud, de style néo-germanique, qui a été préservé.
Depuis 1928, le Dr Nitsche dirigeait le sanatorium de Sonnenstein : il entreprit l'isolement systématique de tous les malades mentaux de l'établissement. En tant que porte-parole du mouvement contre les vies indignes d'être vécues et de l’eugénisme, il préconisait la stérilisation forcée des patients atteints de maldies héréditaires et dénonçait le coût des soins pour ces malades[8]. Au mois de , le sanatorium fut fermé et converti en hôpital militaire et centre d'accueil pour les réfugiés.
Mais il acquit une réputation sinistre par sa place dans l'Aktion T4 : entre et ,13 720 patients et plus de 1 000 déportés furent gazés à Pirna sous la direction du Dr Horst Schumann. La plupart des victimes de l'euthanasie avaient été extraits des hôpitaux psychiatriques, des centres d'handicapés et des hospices du pays. Au plus fort de son activité, ce centre d'extermination exécutait 200 victimes, et malgré le secret entourant son rôle, la rumeur d'une euthanasie d'Etat se répandit, sans cependant soulever de manifestations parmi la population. Au temps de la RDA, la chose fut encore gardée secrète, en raison de l'utilisation militaro-industrielle du site. Depuis 2008, une plaque commémorative à l'angle de la Schössergasse et d'Ecke Markt rappelle le passé de la ville.
À partir du , plus de 1 000 détenus du camp de Mockethal-Zatzschke ont été forcés de travailler pour Deutsche Gasolin dans l'usine souterraine Dachs VII dans le quartier de l'Ancienne Poste, et pour HASAG dans la raffinerie Carnallit. Parmi ces déportés, des centaines avaient été prélevés sur les effectifs de l'usine Metallwerk Striesen de Dresde[9],[10].
| Appartenances historiques
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Jumelages
modifierPersonnalités
modifier- Oskar Speck (1855-1922), enseignant et historien de Pirna, et qui y est décédé.
- Barbara Raetsch (1936-), peintre allemande née à Pirna.
Pirna vue par Bernardo Bellotto
modifierLe peintre italien Bernardo Bellotto, dit Canaletto le Jeune, nous a laissé plusieurs vues de Pirna au XVIIIe siècle
- La Place du marché
- Vue de Pirna avec la forteresse de Sonnenstein
- Vue de Pirna de la forteresse de Sonnenstein
- Vue du port fluvial de Pirna.
- L'Obertor vu du sud
- Vue de Pirna de la rive droite de l'Elbe
Notes
modifier- ↑ D'après Dieter Fügner, Hochwasserschutz in Sachsen., SMUL (auj. SMEKUL), .
- ↑ « Verbände und Truppenteile der Sächsischen Armee », sur archives municipales de Dresde (consulté le )
- ↑ (de) Hermann Sczepansky, « Was geschah in Posta? (Ulanendenkmal 1911). », KV, , p. 3–5.
- ↑ D'après Stadtwerke plus, Kundenmagazin der Stadtwerke Pirna, décembre 2011.
- ↑ « E-Werk Elbtalzentrale Pirna » (version du sur archive.org)
- ↑ « Elbtalzentrale » (version du sur archive.org).
- ↑ Pirnaer Anzeiger. 15/2011
- ↑ Au temps du IIIe Reich : l'année 1938.
- ↑ Pascal Cziborra, KZ Dresden Striesen. Das Familienlager Bernsdorf & Co. in der Schandauer Str. 68. Lorbeer Verlag, Bielefeld (2013).
- ↑ « Le mémorial du camp de Flossenbürg » (version du sur archive.org).
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :