Piscine Deligny

piscine parisienne

La piscine Deligny, ou bains Deligny, était une piscine flottante amarrée sur la rive gauche de la Seine à Paris (quai Anatole-France, dans le 7e arrondissement), qui coula le [1].

Carte postale ancienne (vers ) représentant les bains flottants du port d'Austerlitz, de structure analogue à la piscine Deligny.

Histoire

modifier
Les bains Deligny, au quai d'Orsay par Victor Marec en , musée Carnavalet.

En , les bains sur pilotis sont créés. La piscine comprenait un restaurant et des salons privés. En , le maître-nageur Deligny fonde une école royale de natation.

En , les épreuves de natation des Jeux olympiques à Paris se déroulent à la piscine Deligny.

En , est mis en place un système de filtrage des dépôts boueux qui incommodent les baigneurs.

Dans les années , des défilés de mode en maillots de bain y sont organisés.

À partir des années , le solarium supérieur de la piscine est un haut lieu d'exposition des seins nus à Paris[2].

Le député RI de la 8e circonscription du Rhône, Emmanuel Hamel, a écrit une lettre de protestation au ministère de l'Intérieur en , en raison de la proximité de la piscine avec l'Assemblée nationale (on pouvait voir l'intérieur de la piscine depuis un endroit précis du pont de la Concorde). Cette réclamation ne fut pas suivie d'effet, mais le directeur de la piscine réserva un secteur du solarium pour les adeptes du monokini, dont l'entrée était interdite aux enfants[3].

En , une péniche amarrée au pont de Tolbiac heurte la piscine.

Le , en quarante minutes, la piscine coule dans la Seine[4].

Dans la culture

modifier

On peut voir de nombreuses vues de cette piscine dans le film d'Éric Rohmer, La Carrière de Suzanne (), dans les cinq dernières minutes du film, ainsi que dans Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz ().

Les dernières pages du roman Walking at Sea Level de Richard Kearney (en), publié en mais dont l'action se déroule en , ont pour décor la piscine et ses abords[5],[6].

Selon Jérôme Garcin, l'écrivain Gabriel Matzneff et le psychanalyste Roland Jaccard venaient à la piscine y draguer les «nymphettes»[7].

Références

modifier
  1. « La piscine Deligny se noie dans la Seine », L'Humanité, (version du sur archive.org).
  2. Florence Dartois, « La piscine Deligny dans les années 70 : du soleil, un peu d'eau et beaucoup de drague », sur ina.fr, Institut national de l'audiovisuel, .
  3. Jean-Claude Loiseau, « Seins nus : Les Français sont pour ! », L'Express, no 1256, , p. 48.
  4. « La piscine Deligny coulée », extrait des actualités régionales sur France 3 Paris [vidéo], sur ina.fr, Institut national de l'audiovisuel, (consulté le ).
  5. (en) Anne O'Byrne, « Richard Kearney's itineraries : Salvage, Hosting Earth, and Anacarnation », Continental Philosophy Review (en), vol. 58, no 3, , p. 551–560 (DOI 10.1007/s11007-025-09704-3 Accès payant, lire en ligne Accès libre).
  6. (en) Richard Kearney (en), Walking at sea level, Londres, Sceptre (Hodder & Stoughton), (réimpr. 1998), 248 p. (ISBN 0-340-68975-7 et 0-340-68976-5).
  7. Jérôme Garcin, « « Matzneff, Jaccard : nihilisme distingué » », L'Obs, (lire en ligne)

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

modifier
  • Richard Alix, Deligny : Une École royale de natation à Paris, -, Chissey-les-Mâcon, Musée de la natation, , 233 p. (BNF 41314823).

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier