Le plan de Constantine, officiellement « Plan de développement économique et social en Algérie », est un programme de développement de l'Algérie élaboré par le gouvernement français pendant la guerre d'Algérie. Annoncé par le général de Gaulle dans un discours prononcé à Constantine le [1], il couvre une période quinquennale, de 1959 à 1963. Il s'appuie sur des travaux antérieurs, notamment le rapport Maspétiol (), les Perspectives décennales de développement économique de l'Algérie () et la commission Byé (1958), dont il reprend les analyses à une échelle sans précédent[2]. Ses objectifs annoncés sont la création de 400 000 emplois, la construction de 200 000 logements pour un million de personnes, la redistribution de 250 000 hectares, l'extension de la scolarisation et l'accès des musulmans à 10 % des emplois publics[1]. Il poursuit aussi un but politique : rallier la population algérienne et affaiblir le FLN. Sa mise en œuvre est confiée à Paul Delouvrier, délégué général du gouvernement en Algérie, et son financement à la Caisse d'équipement pour le développement de l'Algérie (CEDA), créée en . Ralenti dès 1961, il cesse d'être appliqué dans sa forme initiale après les accords d'Évian de [3].

Plan de Constantine
Description de cette image, également commentée ci-après
Construction d'un bâtiment à Constantine, Algérie, en 1961.
Présentation
Titre Plan de développement économique et social en Algérie
Pays Drapeau de la France France
Territoire d'application Départements français d'Algérie
Langue(s) officielle(s) français
Adoption et entrée en vigueur
Gouvernement Présidence de Charles de Gaulle

Préparation et contenu

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C'est à Paul Delouvrier (inspecteur des Finances qui a fait carrière dans divers cabinets ministériels de la IVe République), nommé délégué général du gouvernement en Algérie de 1958 à 1960[4], et son adjoint Salah Bouakouir (polytechnicien)[5], que reviennent la mission de mettre en œuvre ce plan dans le but de pacifier l'Algérie[6]. Il est mis en place à partir de [7].

Le plan de Constantine, s'inspirant en cela de la planification mise en place pour la reconstruction après-guerre en métropole, se veut indicatif et non-contraignant. Il prévoit des investissements à la fois publics et privés, à hauteur de 50 % chacun.

Les principaux objectifs fixés par ce plan sont :

  • la construction de 200 000 logements, permettant d'héberger 1 million de personnes ;
  • la redistribution de 250 000 hectares de terres agricoles ;
  • le développement de l'irrigation ;
  • la création de 400 000 emplois industriels[8] ;
  • la scolarisation de tous les enfants en âge d'être scolarisés à l'horizon de 1966[9] ;
  • l'emploi d'une proportion accrue de Français musulmans d'Algérie dans la fonction publique (10 %) ;
  • l'alignement des salaires et revenus sur la métropole.

Le programme d'industrialisation envisagé s'appuie à la fois sur des aides directes et indirectes aux entreprises privées investissant en Algérie (exemption de certains impôts, subventions à l'investissement à hauteur de 10 %), l'aménagement de zones industrielles (notamment celle de Rouiba-Reghaïa, sur 1 100 hectares, à l'est d'Alger) et la mise en valeur des ressources en hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) découvertes peu avant dans le Sahara, susceptibles de fournir des ressources d'exportation et une énergie bon marché.

La guerre d'Algérie ne permettra que des réalisations limitées et précipitées du plan initial qui est finalement abandonné à la fin de 1961[6]. Salué par l'opposition socialiste dans son aspect économique, celle-ci regrette cependant son échec politique[10].

Des cités d’habitation destinées à la population « indigène » ont notamment été construites sur le modèle des grands ensembles métropolitains à Alger et dans d'autres grandes villes.

En métropole, le plan de Constantine est à l'origine de la création du Fonds d'Action Sociale pour les travailleurs musulmans d'Algérie en métropole et pour leur famille (FAS) qui donnera le Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD).

Notes et références

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  1. 1 2 « Charles De Gaulle, paroles publiques - Discours du plan de Constantine, le 3 octobre 1958 - Ina.fr », sur Charles de gaulle - paroles publiques (consulté le )
  2. ↑ Samir Saul, Intérêts économiques français et décolonisation de l'Afrique du Nord (1945-1962), Genève, Droz, , p. 69-80
  3. ↑ Daniel Lefeuvre, Chère Algérie : La France et sa colonie, 1930-1962, Paris, Flammarion, , p. 340-371
  4. ↑ Paul Delouvrier, « Un démarrage impressionnant », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
  5. ↑ « Plan de constantine », sur jeanjviala.free.fr (consulté le )
  6. 1 2 Daniel Lefeuvre, Chère Algérie, la France et sa colonie (1930-1962), Paris, Flammarion, , 512 p. (ISBN 2-08-210501-6)
  7. ↑ « Le plan de Constantine | INA » (consulté le )
  8. ↑ Gilbert Mathieu, « Comment le plan de Constantine peut faciliter la recherche d'une solution politique en Algérie », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
  9. ↑ « Plan de Constantine et politique », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ Tribune socialiste, « Le plan de Constantine » [PDF], sur Institu Tribune Socialiste,

Voir aussi

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