Plan Épervier

opération des forces de l'ordre déclenchée à la suite d'un enlèvement ou d'une évasion

Le plan Épervier, aussi appelé plan immédiat d'intervention, est le nom donné, en France, à une opération des forces de l'ordre déclenchée à la suite d'un enlèvement ou d'une évasion. Il prévoit une mobilisation importante de moyens humains et matériels. Le plan Épervier est surnommé « plan Milan » lorsqu'il est déclenché le jour et « plan Hibou » la nuit. À La Réunion, il est appelé « plan Papangue ».

Dénomination

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Le plan Épervier prend le nom de « plan Milan » si le dispositif est déclenché de jour et de « plan Hibou » s'il est lancé la nuit[1]. Dans le cadre d'une évasion, le nom de plan immédiat d'intervention est utilisé[2]. À La Réunion, l'appellation de « plan Papangue », un rapace endémique de l'île, est préférée[3].

Le busard de Maillard (Circus Maillardi) ou Papangue est le seul rapace nicheur sur l'île de la Réunion.

Fonctionnement

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Déclenchement

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Le plan Épervier est déclenché en cas d'enlèvement, d'évasion ou lorsqu'une personne située en zone gendarmerie est recherchée[1]. Le ministre de l'Intérieur est chargé du lancement du dispositif, en concertation avec les forces de l'ordre[2].

Fonctionnement

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Pour appréhender les fugitifs, une coordination est mise en place entre la police nationale et la gendarmerie. L'armée peut être déployée dans le cas d'individus particulièrement dangereux[2].

Le plan Épervier prévoit l'envoi d'unités sur le terrain. Des barrages sont mis en place sur les nœuds de circulation routière et des patrouilles sont déployées. En fonction des besoins, il est possible de faire appel à des moyens plus importants disponibles à l'échelle régionale, comme à des brigades cynophiles ou à des hélicoptères[1]. Par ailleurs, si nécessaire, des équipes d'intervention rapides, des forces spéciales, des drones ou des patrouilles maritimes complètent le dispositif. Des fonctionnaires supplémentaires, provenant de la gendarmerie mobile, du GIGN ou encore de la Garde républicaine peuvent être appelés dans ce cadre[2].

Récolte d'informations

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L'un des principaux objectifs est de récolter des informations, à travers tous les outils mis à la dispositions des forces de l'ordre. La vidéosurveillance, l'interrogation des témoins et l'appel à la population au moyen d'une alerte permettent de collecter des données, qui sont analysées par des équipes spécialisées[2].

Communication

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Les autorités sont amenées à communiquer avec la population pour informer de l'avancement de la situation, transmettre les descriptions des fugitifs, demander des informations sur leur localisation et alerter sur leur dangerosité. Les médias, les réseaux sociaux et les systèmes d'alerte d'urgence sont utilisées dans cet objectif[2].

Capture

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L'objectif final du dispositif est la capture des fugitifs, qui peut prendre la forme d'une interpellation plus ou moins discrète en fonction de la résistance qui est opposée aux forces de l'ordre[2].

Exemples

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Évasion de Juliano Verbard

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Suite à l'évasion par hélicoptère le de Juliano Verbard condamné pour pédophilie et enfermé au centre pénitentiaire de Saint-Denis, un plan Papangue est déclenché. En tout 800 gendarmes et 900 policiers sont mobilisés pour arrêter le fugitif. Après neuf jours de cavale, il est arrêté dans le quartier Sainte-Clotilde à Saint-Denis[3],[4].

Cavale des terroristes suite à l'attentat contre Charlie Hebdo

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L'attentat contre Charlie Hebdo, le , et la fuite des terroristes est à l'origine d'une traque sur le territoire français. Ils sont aperçus le lendemain en zone gendarmerie, ce qui conduit au lancement du plan Épervier en Île-de-France. La gendarmerie mobilise des moyens importants et s'appuie sur le terrain sur des gendarmes, des gendarmes mobiles et des gardes républicains. Le , un assaut à Dammartin-en-Goële se termine par la mort des deux terroristes[5].

Évasion et cavale de Mohamed Amra

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L'évasion violente de Mohamed Amra le provoque le lancement d'un plan Épervier qui voit se déployer 200 gendarmes et membres du GIGN, ainsi qu'un hélicoptère. Le dispositif échoue et est levé dans la soirée. Le fugitif est finalement arrêté neuf mois plus tard en Roumanie[6].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Samuel Laurent, « Qu'est-ce qu'un plan Milan ? », Le Figaro, (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 Lucas Agnus, « Qu’est-ce que le Plan Épervier ? », Le Journal du Dimanche, (lire en ligne)
  3. 1 2 « Déclenchement du plan papangue », Linfo.re, (lire en ligne)
  4. R. D., « Le gourou pédophile repris », Le Journal du Dimanche, (lire en ligne)
  5. Aurélie Muscat, « De la traque à la neutralisation des terroristes, 48 heures au cœur du dispositif de sécurité », Gendinfo, Issy-les-Moulineaux, Direction générale de la Gendarmerie nationale, no 374 « Dammartin-en-Goële : la mobilisation totale de la gendarmerie », , p. 14-23 (ISSN 1161-1715, résumé, lire en ligne)
  6. Boubacar Haidara et Alexandre Hodicq, « Un an après, retour sur la meurtrière évasion de Mohamed Amra au péage d’Incarville », Ouest-France, (lire en ligne)