Planètes de Pickering

Les planètes O, P, Q, R, S, T et U sont des planètes hypothétiques proposées par William Henry Pickering au début du XXe siècle.

Histoire

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En 1908, Pickering annonça qu'en analysant les irrégularités de l'orbite d'Uranus, il avait trouvé des preuves de l'existence d'une neuvième planète. Sa planète hypothétique, qu'il nomma « Planète O » (car elle venait après « N », c'est-à-dire Neptune)[1], possédait un rayon orbital moyen de 51,9 ua et une période orbitale de 373,5 ans[2]. Les clichés pris à son observatoire d'Arequipa, au Pérou, ne montrèrent aucune preuve de l'existence de la planète prédite, et l'astronome britannique P. H. Cowell montra que les irrégularités observées dans l'orbite d'Uranus disparaissaient pratiquement une fois que le déplacement de longitude de la planète était pris en compte[2]. Lowell lui-même, malgré son association étroite avec Pickering, a rejeté la planète O d'emblée, disant : « Cette planète est très justement désignée "O", [car elle] n'est rien du tout. »[3]. À l'insu de Pickering, quatre des plaques photographiques prises en 1919 par les astronomes de l'observatoire du Mont Wilson lors de la recherche de la « planète O » contenaient des images de Pluton, bien que cela n'ait été reconnu que des années plus tard[4]. Pickering a ensuite suggéré de nombreuses autres planètes transneptuniennes possibles jusqu'en 1932, qu'il a nommées « P », « Q », « R », « S », « T » et « U » ; aucune n'a jamais été détectée[5].


Pickering, utilisant une analyse graphique, suggéra qu'une planète « O » orbitait à 51,9 unités astronomiques (UA) avec une période de 373,5 ans, d'une masse double de la Terre et d'une magnitude de 11,5-14. Durant les 24 années qui suivirent, Pickering supposa l'existence de huit autres planètes d'orbites transneptuniennes. Les résultats de Pickering firent que Jean-Baptiste Gaillot dut réviser les distances orbitales de ses deux transneptuniennes de 44 et 66 UA, leur donnant pour masses respectives 5 et 24 masses terrestres.

Entre 1908 et 1932, Pickering proposa sept planètes hypothétiques (O, P, Q, R, S, T et U). Les éléments finaux pour O et P définirent des corps complètement différents que ceux calculés à l'origine. Le total fut donc de neuf planètes, certainement le record de pronostic planétaire. La plupart des prédictions de Pickering sont seulement des curiosités historiques. En 1911, Pickering suggéra que la planète Q avait une masse de 20 000 masses terrestres, soit 63 fois plus massive que Jupiter, équivalant à 1/16 de la masse du Soleil (la masse minimale d'une étoile). Pickering prédit que la planète Q avait une orbite fortement elliptique.

Durant les années qui suivirent, seule la planète P l'occupa sérieusement. En 1928, il réduisit la distance de P de 123 à 67,7 UA, et sa période de 1400 à 556,6 ans. Il donna à P une masse de 20 masses terrestre et une magnitude de 11. En 1931, après la découverte de Pluton, il publia une autre orbite elliptique pour P : distance 75,5 UA, période 656 ans, masse 50 masses terrestres, excentricité 0,265, inclination 37 degrés. Soit à peu près les valeurs calculées en 1911.

Pour sa planète S, présumée en 1928, il calcula les éléments en 1931. Ils donnèrent une distance de 48,3 UA (soit près de la planète X de Lowell à 47,5 UA), une période de 336 ans, 5 masses terrestres et une magnitude de 15.

En 1929, Pickering proposa la planète « U » avec une distance de 5,79 UA et une période de 13,93 ans, c'est-à-dire juste à l'extérieur de l'orbite de Jupiter. Sa masse était de 0,045 masse terrestre et son excentricité de 0,26.

La dernière des planètes hypothétiques de Pickering est la planète « T », suggérée en 1931 avec une distance de 32,8 UA et une période 188 ans.

Bibliographie

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  • William H. Pickering, « Planet O », Popular Astronomy, vol. 37,‎ , p. 135 (lire en ligne).
  • William H. Pickering, « Planet P, its orbit, position, and magnitude. Planets S and T », Popular Astronomy, vol. 39,‎ , p. 385 (lire en ligne)
  • « Science: Planet P? », Time,‎ (lire en ligne).
  • P. M. Sadler, « William Pickering's Search for a Planet Beyond Neptune », Journal for the History of Astronomy, vol. 21, no 1,‎ , p. 59 (lire en ligne).

Références

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  1. ↑ Govert Schilling, The Hunt For Planet X, Springer, (ISBN 978-0387778044), p. 34
  2. 1 2 (en) Morton Grosser, « The Search for a Planet beyond Neptune », Isis, vol. 55, no 2,‎ , p. 163–183 (ISSN 0021-1753, DOI 10.1086/349825, JSTOR 228182, S2CID 144255699)
  3. ↑ Croswell p. 50
  4. ↑ (en) William Graves Hoyt, « W. H. Pickering's Planetary Predictions and the Discovery of Pluto », Isis, vol. 67, no 4,‎ , p. 551–564 (ISSN 0021-1753, PMID 794024, DOI 10.1086/351668, JSTOR 230561, S2CID 26512655) p. 563.
  5. ↑ J. G. Chhabra, S. D. Sharma et Manju Khanna, « Prediction of Pluto by V. P. Ketakar », Indian Journal of History of Science, vol. 19, no 1,‎ , p. 18–26 (Bibcode 1984InJHS..19...18C, lire en ligne [archive du ], consulté le )

Liens externes

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