Police nationale du Burundi
La Police nationale du Burundi (PNB) est l'institution chargée de la police au Burundi. Elle relève du ministère chargé de la Sécurité publique et est distincte du Service national de renseignement (SNR).

Créée en décembre 2004, à la suite de la guerre civile burundaise et des accords d'Arusha, elle remplace l'ancien système de sécurité intérieure fragmenté entre la gendarmerie rurale et la police urbaine.
Historique et organisation
modifierLa Police nationale du Burundi est créée en décembre 2004 afin de mettre en place une force de police unique et intégrée, placée sous l'autorité d'une direction générale. Elle reprend les missions de maintien de l'ordre public, de protection de la population et de lutte contre le crime organisé[1],[2].
La création de la PNB s'inscrit dans le cadre des accords d'Arusha et de la fin de la guerre civile burundaise. Elle vise à remplacer l'ancien système administratif, dans lequel les missions de police étaient réparties entre une gendarmerie rurale et une police urbaine[3].
En 2014, la PNB est organisée en missions couvrant des territoires spécifiques et en cinq commissariats régionaux. Ses principaux services sont la police de sécurité intérieure, la police judiciaire, la police de l'air, la police des frontières et des étrangers, ainsi que la police pénitentiaire[2].
L'essentiel des forces de police est concentré à Bujumbura, capitale économique du pays, et dans les grands centres urbains. Les membres de la PNB sont armés, souvent de fusils d'assaut de type Kalachnikov[1].
Coopération internationale
modifierLe Burundi est membre d'Interpol depuis 1970[4].
Des policiers burundais sont également déployés dans des opérations internationales, en particulier dans le cadre de missions de l'Organisation des Nations unies en Afrique[5].

Critiques et controverses
modifierLa corruption constitue l'une des principales critiques adressées à la Police nationale du Burundi. Selon une enquête d'Afrobaromètre réalisée en 2014, la PNB est perçue comme le service public le plus corrompu du pays[1]. La même année, Transparency International indique que plus de 80 % des Burundais considèrent que la corruption est présente au sein des forces de police[2].
Ces perceptions coexistent toutefois avec des résultats plus contrastés : une autre enquête de 2014 indique que 54 à 83 % des Burundais déclarent avoir confiance dans la PNB, et qu'environ 65 % de la population affirme respecter la police et la considérer comme disciplinée[1].
Une enquête locale publiée par Iwacu relève des appréciations différentes selon les contextes : les avis recueillis à Bujumbura sont largement négatifs, tandis qu'à Giheta, en zone rurale, des habitants estiment que la PNB « fait correctement son travail de protéger la population »[6].
Les mécanismes de recours contre les abus policiers sont limités. Il existe néanmoins, en principe, un médiateur de la police et un procureur chargés de traiter les plaintes contre les agents de police[7]. Selon le département d'État des États-Unis, la PNB des années 2000 est largement composée d'anciens rebelles, manque de transparence et dispose de capacités limitées pour répondre aux crises et enquêter sur les crimes dans le respect des droits humains[8].
Lors de la crise burundaise de 2015, la PNB est fréquemment mobilisée contre les manifestations antigouvernementales. Des violences policières contre les manifestants, dont des passages à tabac et des tirs, sont dénoncées par Human Rights Watch[9].
En 2016, l'ONU décide de rapatrier 280 policiers burundais de la MINUSCA, à la suite d'accusations d'exactions commises au Burundi avant leur déploiement en République centrafricaine[5]. La même année, le Burundi refuse une proposition du Conseil de sécurité des Nations unies visant à déployer 288 policiers onusiens sur son territoire[10].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 « Burundi: information on the police, in particular its mandate, structure, geographical distribution, and reputation », Refworld, Immigration and Refugee Board of Canada, (consulté le )
- 1 2 3 Transparency International 2014, p. 4.
- ↑ Jean-Pierre Bat, « La police nationale du Burundi : quelle force pour quel ordre ? » [archive du ], Paris, Libération, (consulté le ).
- ↑ « Burundi », Interpol (consulté le )
- 1 2 « RCA : 280 policiers burundais suspendus », BBC Afrique, (consulté le )
- ↑ « Une Police nationale jeune », sur Iwacu, (consulté le )
- ↑ African Policing 2008, p. 12-13.
- ↑ « Burundi », Bureau of International Narcotics and Law Enforcement Affairs, Département d'État des États-Unis (consulté le )
- ↑ « Burundi: Deadly Police Response to Protests », Human Rights Watch, (consulté le )
- ↑ « Burundi rejects UN police force to help end violence », BBC, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) An Audit of Police Oversight in Africa, Cape Town, African Policing Civilian Oversight Forum, (ISBN 978-1-920299-17-0).
- Étude sur les aspects de l'intégrité de la Police nationale du Burundi, London, Transparency International Defence, (ISBN 978-0-9927122-2-8, lire en ligne)