Le pont de Néron ou pont Triomphal est situé à Rome. Il a été construit sous le règne de Néron, ou sous celui de Caligula[1] au Ier siècle.

Pont de Néron
Illustration.
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Commune(s) Rome
Coordonnées géographiques 41° 54′ 04″ N, 12° 27′ 51″ E
Fonction
Franchit Tibre
Caractéristiques techniques
Type Pont romain
Historique
Protection Bien culturel italien

Carte

Hypothèses de construction et usage

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Vue sur ce qui reste du pont au XVIIIe siècle.

Il n’y a pas de preuves directes que Néron aurait fait bâtir ce pont nommé d’après lui[2]. Il se peut qu’il ait été appelé le « pont de Néron », car la zone située sur la rive droite du Tibre, au-delà de la tête de pont, était encore appelée la « plaine de Néron » jusqu’à la période médiévale. Ainsi, les habitants de Rome de cette époque, ne connaissant pas l’origine du pont en ruines, l’auraient nommé d’après la région plutôt que d’après Néron lui-même[3].

Quelles qu’en soient les origines, il permettait à Néron d’améliorer les communications avec ses propriétés situées sur la rive droite Tibre, le long de la Via Cornelia, notamment la villa de sa mère, Agrippine la Jeune. À cet endroit, l’ancienne Via Trionfale franchissait le Tibre et connectait la partie ouest du Champ de Mars à la Plaine vaticane, ce qui lui a valu le nom de Pons Vaticanus (pont du Vatican en latin)[4].

L’historien Tacite rapporte que Néron a fait exécuter dans son cirque les chrétiens accusés d’avoir provoqué le grand incendie de Rome en , afin de divertir la population. Il est possible qu’il ait remplacé le pont en bois présent à cet endroit par un pont en pierre qui prit son nom, le Pons Neronianus, ou pont Triomphal, car la Via Triumphalis, la Voie triomphale, le traversait. Les habitants de Rome l’empruntaient très probablement pour se rendre au cirque.

Son attribution à Caligula a été envisagée[1] : celui-ci aurait fait construire le pont pour faciliter l’accès au cirque.

À partir de Titus, les empereurs victorieux célébrant leurs triomphes entraient dans Rome en traversant ce pont pour emprunter la Via Triumphalis.

Destruction

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L’époque de sa destruction n’est pas certaine. Il est probable que sa capacité ne suffisait pas à absorber le trafic quotidien de Rome, car moins d’un siècle après son achèvement, l’empereur Hadrien fait construire le Pons Ælius, à moins de deux cents mètres en amont. Il est également possible qu’il soit déjà en désuétude lors de la construction du Mur d'Aurélien, dans lequel semble manquer une porte à l’emplacement correspondant au pont, notamment en raison de la proximité du Pons Ælius.

Au Moyen Âge, le pont était appelé Pons ruptus (pont brisé), en raison de son état de délabrement.

Au XVᵉ siècle, le pape Jules II a envisagé de le restaurer[5].

Le Pons Neronianus traversait le fleuve immédiatement en aval de l’actuel Pont Vittorio Emanuele II, selon un angle légèrement différent. Il ne subsiste aujourd’hui que peu de vestiges de la structure antique.

Lorsque le niveau du Tibre est bas, il est possible d’apercevoir les fondations de l’une des quatre piles[5]. Cependant, jusqu’au XIXe siècle, elles étaient encore visibles au-dessus de l’eau[2]. Elles ont été démolies au XXe siècle afin de permettre aux bateaux de remonter le Tibre en toute sécurité.

Mentions

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Emplacement du Pont de Néron vers

Le pont de Néron pourrait être compté parmi les treize mentionnés dans une inscription du IVe siècle, bien que déjà en ruine.

Il n’est mentionné ni dans les sources littéraires classiques ni dans les catalogues régionnaires. Il n’apparaît que dans les textes médiévaux Mirabilia Urbis Romae et Graphia Aureae Urbis Romae, qui le citent parmi les ruines de Rome encore visibles à cette époque.

Il n’est pas non plus mentionné dans le récit de Procope concernant le siège de Rome par les Goths en 537. L’hypothèse selon laquelle il était déjà hors d’usage au IVe siècle a été avancée pour la première fois par Henri Jordan (de). Elle repose sur un bref passage de Prudence :

« Ibimus ulterius, qua fert uia pontis Hadriani,
laeuam deinde fluminis petemus.
Transtiberina prius soluit sacra peruigil sacerdos,
mox huc recurrit duplicatque uota.
 »

« Nous traverserons là où mène la route du pont d’Hadrien,
Puis nous gagnerons la rive gauche du fleuve.
D’abord, le prêtre infatigable accomplit les rites du Transtévère,
Puis il se hâte de revenir de ce côté-ci pour répéter ses prières[6] »

Prudence était encore en vie lorsque Honorius et Arcadius ont fait construire l’arc de triomphe mentionné dans ce texte, à propos d’une cérémonie qui se déroulait à la fois à la Basilique Saint-Pierre et à la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Ce texte précise que l’itinéraire menant à la basilique Saint-Pierre depuis la rive orientale du Tibre traversait le pont d’Hadrien, c’est-à-dire le Pons Aelius, situé en amont.

Emprunter le Pons Neronianus aurait constitué un trajet plus court pour rejoindre la basilique Saint-Pierre depuis la rive gauche, ce qui appuie l’hypothèse selon laquelle il était déjà hors d’usage à cette époque[2].

Notes et références

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  1. 1 2 Pons Neronianus on the University of Virginia website.
  2. 1 2 3 Taylor, Rabun Tiber River Bridges and the Development of the Ancient City of Rome.
  3. ↑ Lawrence Richardson. A New Topographical Dictionary of Ancient Rome (1992), 'Campus Neronis'; and Henri Jordan. Topographie der Stadt Rom (1878) p. 416.
  4. ↑ Seneca, Ira 3.18; Tacitus, Annales 15.44.
  5. 1 2 Pons Neronianus in Samuel Ball Platner (as completed and revised by Thomas Ashby): A Topographical Dictionary of Ancient Rome, London: Oxford University Press, (1929) p. 401.
  6. ↑ Prudentius, Peristephanon 12.61–64

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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