Tillac (navigation)
Le tillac est un terme issu du vieux français (til, tile, tille, tilac, tire) qui désigne le pont supérieur d'un navire, situé entre les gaillards. Il peut aussi s'employer pour parler du plancher d'une embarcation. En résumé, c'est le pont ou une partie de celui-ci, et par extension dialectale, un « local, petit compartiment de planches souvent aménagé en placard ».
Terminologie
modifierLe premier document connu qui mentionne le mot français « tillac » est un « rapport du Clos des galées » de Rouen — qui comporte de nombreux mots qui, comme « tillac », « hauban » et « hune », sont passés du norrois au normand puis à l'ancien français et au français.
La finale du terme norrois « þilja », qui signifiait « plancher, pont ou portion d'un bateau », reste inexpliquée[1].
Le franc-tillac était autrefois[Quand ?] le pont le plus haut, s'étendant d'un bout à l'autre du navire. On l'appelait aussi pont sur gueule ou pont courant.
Le terme anglais Flush deck est aussi utilisé.
Le droit maritime français dispose que « le capitaine d'un navire marchand ne peut charger sur le tillac qu'avec l'autorisation des chargeurs ». (Aujourd'hui, on dirait plutôt « [...] ne peut charger en pontée que [...] ».)
Littérature
modifier- « Un homme, […], était appuyé sur le bastingage et paraissait insensible au spectacle qui s'offrait aux regards des passagers groupés sur le tillac. » (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- « Ouvrons ici une parenthèse pour signaler qu'entre les accidents divers que connaît la pêche au cachalot, les aléas mortels de ce genre sont à peu près aussi fréquents que tous autres. Parfois rien n'est endommagé d'autre que l'homme, qui, lui, est anéanti; plus fréquemment la proue du canot est déchiquetée ou le tillac est enlevé avec celui qui s'y appuie. » (Moby-Dick)
Notes et références
modifier- ↑ Elisabeth Ridel, Les Vikings et les mots : L'apport de l'ancien scandinave à la langue française, Arles, Actes Sud, , 352 p. (ISBN 9782877724005, présentation en ligne).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- R. Gruss, DICTIONNAIRE GRUSS DE MARINE, Éditions Maritimes et d'Outre-Mer, (ISBN inconnu) (présentation en ligne)
