Pont sur la Garonne de Montréjeau
Le pont de Montréjeau est un pont en pierre situé sur les communes de Montréjeau et Gourdan-Polignan[1] dans le département de Haute-Garonne et la région Occitanie en France.
| Pont sur la Garonne de Montréjeau | |
Pont de Montréjeau sur la Garonne avec Montréjeau en arrière plan. | |
| Géographie | |
|---|---|
| Pays | France |
| Région | Occitanie |
| Département | Haute-Garonne |
| Commune(s) | Montréjeau Gourdan-Polignan |
| Coordonnées géographiques | 43° 04′ 58″ N, 0° 34′ 31″ E |
| Fonction | |
| Franchit | Garonne |
| Fonction | Pont routier (RN 125) |
| Caractéristiques techniques | |
| Type | Pont en pierre |
| Matériau(x) | Pierre |
| Construction | |
| Construction | Début XIXe siècle |
| Mise en service | |
| Concepteur | Honoré Henry Eudel |
| Historique | |
| Protection | |
| modifier |
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Géographie
modifierPont routier qui franchit la Garonne entre les communes de Montréjeau et Gourdan-Polignan sur la route nationale 125.
Historique
modifierLa genèse
modifierLouis XVIII entreprit la construction du pont de pierre, et à sa disparition, son frère Charles X achèvera l’ouvrage un an plus tard, en 1825. Ce pont se compose de cinq arches en arc de cercle, de douze mètres d’ouverture chacune, et de deux petites arches en plein cintre, pratiquées dans l’épaisseur des culées. Une arche supplémentaire, menant à la sortie de la Gourdan-Polignan, permet le passage d'un chemin longeant la berge. Alors que les travaux ne sont pas encore terminés, le passage sur le nouveau pont est autorisé au public dès le . En , les alentours du pont sont encore en cours d’aménagement[2].
Sa construction était indispensable à la suite d’une succession de crues toutes aussi dévastatrices les unes après les autres. Le pont de bois détruit par la crue de est reconstruit l'année suivante, et a encore été partiellement emporté quelques années plus tard en 1787.
Malgré plusieurs tentatives de restauration, en raison des agressions constantes de la Garonne, le vieux pont de bois est dans un état de dégradation tel qu’il paraît difficile d’en prolonger l’existence (2). En 1819, la décision est prise de le remplacer. Honoré Henry Eudel, ingénieur en chef des ponts et chaussées, élabore un projet de pont de pierre, approuvé par son directeur le .
En dépit de sa vétusté, le pont de bois sert au transport des matériaux nécessaires à la construction du nouvel édifice (2). Dans un état très dégradé, il est démoli une fois les travaux terminés. Une nouvelle rue est également ouverte à travers les habitations, baptisée « rue des Deux-Ponts », faisant référence à l’existence des deux ponts durant les travaux. (3)
Financement et construction
modifierL’État subventionne le tiers de la dépense. Pour les 200 000 francs restants, le préfet lance un emprunt de 100 actions de 2 000 francs qui, faute d’investisseur dans le département, est un échec. Se présente Urbain Sartoris, proposant de couvrir la totalité de l’emprunt, remboursable par annuité de 4 000 francs sur une durée de 50 ans, moyennant un intérêt de 6 pour cent, plus 2 pour cent de prime. La proposition acceptée, l’adjudication pour connaître l’entrepreneur chargé de la construction s’ouvre à la préfecture le 26 novembre 1821. Laurent Gleizes, entrepreneur à Toulouse, enlève le marché après un rabais de 2 % sur les 238 925 francs de travaux évalués.
Les travaux sont menés avec efficacité. Les ouvriers travaillent parfois la nuit, mais uniquement lorsque cela est possible, car en raison d’un éclairage insuffisant il ne peut en être autrement. La construction du pont est achevée en trois ans, soit deux ans plus tôt que prévu. Livré à la circulation le , un droit de passage est immédiatement établi[3].
Un péage insupportable
modifierPlacé sous le contrôle des Contributions Directes, avec un percepteur et deux préposés, le péage n'est jamais accepté par la population. Trois semaines seulement après l’ouverture du pont, le lundi 24 janvier 1825, jour de marché à Montréjeau, la foule enfonce les barrières provisoires, car si le pont est praticable, il n’est pas terminé. Lasse de patienter devant l’étroit passage de la perception, la foule de piétons fonce, bousculant tout sur son passage. À partir de ce jour, deux gendarmes sont mobilisés tous les lundis pour assurer la sécurité des fonctionnaires et le paiement du péage. Le péage est très lucratif, pour les lundis la recette se monte à 700 francs, insupportable pour les paysans[4].
À la révolution de 1830, dès la connaissance des événements du , barrières et bureaux sont brûlés et jetés à l’eau. Malheureusement la gratuité du passage ne dure que onze mois, la révolution de Juillet n’ayant supprimé ni emprunt, ni intérêts, que seul le péage peut rembourser. Le , la reprise des droits est annoncée pour le . Cette décision a pour conséquence la destruction du bureau et de la barrière à peine rétablis. Le lundi , les habitants de la Barousse se réunissent à Montréjeau pour manifester une nouvelle fois leur mécontentement au cri de « La liberté de passage ou la mort ». Le lendemain, jour de la reprise du péage, à l’appel du tocsin des clochers de la plaine de Rivière et de la Barousse, 400 personnes se réunissent devant le pont pour manifester. Au cours de la nuit, un drapeau noir est hissé, ce qui fait écrire sur le rapport envoyé au sous-préfet de Saint-Gaudens : « On craint d’y voir bientôt un drapeau rouge ». Le sous-préfet ne reste pas inactif, il lui faut un responsable[4].
Le maire de Montréjeau, Marie Marc de Lassus, qui a soutenu les pétitions, est relevé de ses fonctions. Pour assurer l’autorité de l’État et le bon fonctionnement du péage, le sous-préfet requiert 1000 hommes. Les soldats sont armés, mais leur nombre est ramené à 200 fantassins de Tarbes et 100 cavaliers d’Auch. La ville de Montréjeau aurait bien voulu maintenir l’ordre avec sa Garde nationale, mais la préfecture n’a pas confiance en elle. Et pas question de la remplacer par celle de Saint-Gaudens : « Ces gardes citoyennes se portant une haine qui date de longtemps et celle de Montréjeau est redoutée » !!! Ce déploiement de forces calma les esprits et l’on se résigna à payer le droit de passage rétabli le . Toutefois, à la fin de l’année, deux arrêtés accordent une dispense aux habitants de Montréjeau et Gourdan-Polignan, ainsi qu’à leurs animaux[4].
En 1839, le péage du pont est mis en régie, la première adjudication le de la même année est remportée par M. Dastugue de Montréjeau pour 18 900 francs. Ce contrat terminé en 1842, une nouvelle adjudication allant jusqu’en 1850 est enlevée par M. Dedieu. Mais nul ne peut prévoir l’avenir du péage et l’offensive des Montréjeaulais lancée contre lui en 1846. Fatigués de ne pas être entendus depuis des années par la préfecture et la sous-préfecture, les élus rédigent un mémoire de 15 pages qu’ils envoient à la Chambre des députés. « Las d’implorer sans succès la hiérarchie administrative et gouvernementale et la rigueur avec laquelle on les traitait, trahissant que jusque dans les hautes sphères du pouvoir la compagnie Sartori avait des coassociés déguisés, ils prennent la décision d’en référer à la Chambre des députés. » S’appuyant sur l’énormité des recettes engendrées par le péage, sur l’incohérence du calcul des droits de passage par rapport au remboursement de l’emprunt sur 50 ans et posant le problème des régions privilégiées, les élus, également soutenus par le conseil général et le conseil d’arrondissement, qui ont eux aussi demandé la suppression du péage des 1845, obtiennent gain de cause et le péage est enfin définitivement supprimé le [4].
Notes et références
modifier- ↑ SARL PYREWEB, « https://www.mairie-montrejeau.com/files/medias/documents/Patimoine/3-4-4_Le_Pont_de_pierre_sur_la_Garonne.pdf », sur Mairie de Montréjeau (consulté le )
- ↑ Ministère de l’Intérieur - Rapport au Roi sur la situation, au 31 mars 1826, des canaux – A Paris de l’Imprimerie Royale – Avril 1826 BNF..
- ↑ Revue de Comminges tome LXXXVI - 3ème trimestre 1971 – Le pont de pierre de Montréjeau par José Dhers
- 1 2 3 4 Ponts et Chaussées - Archives de la ville de Montréjeau
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifier- Liste de ponts sur la Garonne
- Liste des monuments historiques de la Haute-Garonne
- Si Montréjeau m'était conté, tome 1 : De sa création à la fin du 19ème siècle, Jean-Jacques Miquel, imprimerie Fabbro, ,avril 2025
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'architecture :
- Pont en pierre de Montréjeau pdf
- Pont de Montréjeau
