Talève sultane
Porphyrio porphyrio
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Gruiformes |
| Famille | Rallidae |
| Genre | Porphyrio |
La Talève sultane (Porphyrio porphyrio) ou poule sultane[1], est une espèce d'oiseaux de la famille des Rallidae. Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[2], c'est une espèce monotypique (non subdivisée en sous-espèces), mais certaines autorités taxonomiques regroupent six espèces (la Talève sultane, la Talève d'Afrique (Porphyrio madagascariensis), la Talève à tête grise (Porphyrio poliocephalus), la Talève de la Sonde (Porphyrio indicus), la Talève des Philippines (Porphyrio pulverulentus) et la Talève australe (Porphyrio melanotus)) pour n'en faire qu'une. La Talève sultane est alors une espèce polytypique représentée par douze sous-espèces[3],[4].
Description
modifier
La Talève sultane mesure de la tête à la queue de 38 à 50 cm et pèse de 500 g à 1,5 kg[5].
Elle a un plumage foncé bleu et noir, un bec et de grandes pattes rouges.
Selon Jacques Christophe Valmont de Bomare, « les Anciens estimaient si fort la beauté de cet oiseau qu'ils en faisaient un des ornements de leurs palais et de leurs temples »[6]. De cet oiseau qu'il nomme porphyrion, Polémon d'Ilion, rapporte Athénée de Naucratis, dit qu'il « garde scrupuleusement les femmes mariées. Il a même la faculté de sentir la femme adultère au point que lorsqu'il s'en aperçoit, il commence par la faire connaître au mari, et finit sa vie en se pendant »[7]. Armand Gaston Camus, qui relève la même anecdote, a cependant contesté que la talève et le porphyrion soient le même animal[8], la talève n'ayant pas la caractéristique remarquable du porphyrion, signalée par Aristote[9], de « boire comme l'ours »[8], c'est-à-dire en mordant. Buffon, qui tient pour l'identité des deux espèces, précise que le porphyrion des Grecs et des Romains venait de Libye, de Comagène et des Baléares[10].
Répartition
modifierCet oiseau est répandu à travers la péninsule ibérique et du Maroc à la Tunisie[2].
Habitat
modifierC'est un oiseau qui vit dans les marécages, les mares et au bord des cours d'eau.
Alimentation
modifierLa Talève sultane mange principalement des graines et des feuilles vertes mais aussi des insectes, des petits invertébrés et parfois des œufs d'oiseaux.
Reproduction
modifier
Le couple de Talèves sultanes construit un grand nid avec des morceaux de feuilles. La femelle pond de 4 à 8 œufs gris jaune pâle avec des taches brunes ou violettes puis le couple les couve pendant environ 22 jours. Ensuite les deux parents nourrissent pendant quelques jours leur progéniture.
Protection
modifierLa Talève sultane bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis 1976. Elle est inscrite à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne[11].
Il est donc interdit de la détruire, la mutiler, la capturer ou l'enlever, de la perturber intentionnellement ou de la naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids et de détruire, altérer ou dégrader leur milieu. Qu'elle soit vivante ou morte, il est aussi interdit de la transporter, colporter, de l'utiliser, de la détenir, de la vendre ou de l'acheter.
Toutefois depuis 2006, ces interdictions ne s'appliquent pas aux sujets nés et élevés en captivité.
Références
modifier- ↑ Jiří Felix (trad. Jean et Renée Karel), Faune d'Asie, Paris, Gründ, , 302 p. (ISBN 2-7000-1512-6), Poule sultane p. 208.
- 1 2 Congrès ornithologique international, version 15.1, 2025.
- ↑ Avibase, consulté le .
- ↑ (en) AviList Core Team. 2025, « AviList: The Global Avian Checklist, v2025 », sur avilist.org, (consulté le ).
- ↑ Collectif (trad. Marine Bellanger), Le règne animal, Gallimard Jeunesse, , 624 p. (ISBN 2-07-055151-2), Talève sultane page 300.
- ↑ Jacques Christophe Valmont de Bomare, Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle, .
- ↑ Athénée de Naucratis (trad. Lefebvre de Villebrune), Le Banquet des savants, t. III, (lire en ligne), p. 458-459.
- 1 2 Armand Gaston Camus, Note sur l'Histoire des animaux d'Aristote, t. II, (lire en ligne), p. 692.
- ↑ Aristote, Histoire des animaux.
- ↑ Georges-Louis Leclerc de Buffon et Gueneau de Montbeillard, Histoire naturelle des animaux, (lire en ligne).
- ↑ Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) P. B. Taylor, « Family Rallidae (Rails, Gallinules and Coots) », dans Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World, vol. 3 : Hoatzin to Auks, Barcelone, Lynx edicions, , 821 p. (ISBN 978-84-87334-20-7, lire en ligne
), p. 197 & planche 17 p. 196.
Liens externes
modifier- (en) Congrès ornithologique international : Porphyrio porphyrio dans l'ordre Gruiformes
- (fr + en) Avibase : Porphyrio porphyrio (+ répartition) (consulté le )
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Porphyrio porphyrio dans Gruiformes
- (fr) CITES : taxon Porphyrio porphyrio (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )
- (en) Fauna Europaea : Porphyrio porphyrio (Linnaeus, 1758) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Porphyrio porphyrio (Linnaeus, 1758)
- (en) Animal Diversity Web : Porphyrio porphyrio
- (en) NCBI : Porphyrio porphyrio (taxons inclus)
- Oiseaux.net : Porphyrio porphyrio (+ répartition)
- (en) UICN : espèce Porphyrio porphyrio (Linnaeus, 1758) (consulté le )
- (fr + en) CITES : espèce Porphyrio porphyrio (Linnaeus,1758) (+ répartition) (sur le site de l’UNEP-WCMC)
- (fr) eBird : Porphyrio porphyrio
- Vidéo de Talèves sultanes filmées dans le Coto-Donana en Espagne