Port-Choiseul
Port-Choiseul est un des deux ports de la commune de Versoix, dans le canton de Genève en Suisse. Il se situe sur le lac Léman. Il contient 474 places d'amarrages et 16 places de visiteurs. Du carburant est disponible pour les bateaux ainsi qu'une station pour pomper les eaux usées[1].
Histoire
modifierDu fait de sa position stratégique, il fut à plusieurs reprises question de construire à Versoix un port ou une place forte. Le projet le plus sérieux, aux traces encore visibles, débuta à l'occasion de l'embargo imposé en 1766 par la France après que Genève, déchirée par des troubles politiques, eut refusé son offre de médiation. La mesure se révélant vite plus dommageable au Pays de Gex qu'à Genève, l'idée germa dans l'entourage militaire du secrétaire d'État Choiseul de développer à Versoix une ville de commerce fortifiée, dotée d'un port qui contrôlerait le trafic terrestre et lacustre entre Genève et Berne.
Choiseul fut séduit, tout comme Voltaire[2], grand défenseur du projet qui offrirait un débouché direct aux manufactures horlogères de Ferney. Malgré les efforts de Genève, Berne et Turin pour entraver le chantier, une nouvelle route relia dès l'été 1768 Lyon à Versoix, qui accueillit bientôt la poste aux lettres et l'entrepôt des sels, transférés de Genève.
Pour peupler la ville prévue pour 30 000 habitants, Choiseul comptait sur les « natifs » genevois. Afin de les attirer à Versoix-la-Ville, il promit d'y tolérer leur foi réformée, interdite en France. En , après de nouveaux troubles politiques à Genève, plus de 1 200 personnes s'installèrent dans ce qui était un grand chantier, centré autour du port futur Port-Choiseul et du canal destiné à relier le Rhône au Rhin.
L'ensemble resta inachevé; en , la disgrâce de Choiseul fit perdre à la ville son principal soutien et la tolérance promise ne fut pas accordée. Même si le projet connut quelques sursauts jusqu'en 1777, Versoix-la-Ville et son port survécurent grâce aux efforts d'investisseurs privés, dont Ami Argand qui y fonda une manufacture royale de lampes de son invention (1787), une fabrique de salpêtre (1793-1795) et une distillerie (1799).
Durant la Révolution française, Versoix fut incorporé au département de l'Ain (1790) et les deux communes, Bourg qui avait été reconstruite après 1589 et Ville, fusionnèrent en Versoix-la-Raison en 1794.
Plage de Port-Choiseul
modifierBibliographie
modifier- Jean-Pierre Ferrier, Histoire de la commune de Versoix des origines à nos jours,
- Cécile Souchon, « Versoix : échec d’une ville nouvelle au XVIIIe siècle », Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, vol. 137, no 1, , p. 15-35 (lire en ligne, consulté le )
- Jean-Etienne Genequand, La prise du fort de Versoix, ,
- François Walter, Voltaire chez lui : Genève et Ferney, Flammarion, , 266 p. (ISBN 978-2605002733), « Voltaire et Versoix », p. 207-228
- Christian Marbach, « À la recherche de la cité idéale », La Jaune et la Rouge, no 554, , p. 70-79 (lire en ligne)
Références
modifier- ↑ Société Internationale de Sauvetage du Léman, « Port Choiseul », sur Société Internationale de Sauvetage du Léman, (consulté le ).
- ↑ François Walter, Voltaire chez lui : Genève et Ferney, Flammarion, , 266 p. (ISBN 978-2605002733), « Voltaire et Versoix », p. 207-228.
- ↑ « 54e législature - 3e année - Session 08 (mai 2000) - Séance 20 du 18 mai 2000 », sur Site officiel de l'État de Genève, (consulté le ).
- ↑ « Le canton propose une trentaine de lieux de baignad », sur Site officiel de l'État de Genève, (consulté le ).