Port de la Pez
Le port de la Pez (en espagnol puerto de la Pez) est un col de montagne pédestre des Pyrénées qui relie la vallée de la Pez en France à la vallée du Chistau en Espagne. Il se trouve au sud de Loudenvielle dans le département des Hautes-Pyrénées. Situé à 2 451 ou 2 457 mètres d'altitude, il demeure la solution la plus simple pour accéder au massif des Posets depuis la France.
| Port de la Pez | |||||
Vue du sentier au départ du port de la Pez (versant nord). | |||||
| Altitude | 2 451 ou 2 457 m[1],[2] | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Massif | Massif de Batchimale (Pyrénées) | ||||
| Coordonnées | 42° 43′ 02″ nord, 0° 22′ 17″ est[1],[2] | ||||
| Pays | | ||||
| Vallée | Vallée de Chistau (sud) | Vallée de la Pez (nord-est) | |||
| Ascension depuis | San Juan de Plan | Pont du Prat (Génos) | |||
| Géolocalisation sur la carte : Pyrénées
Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées
Géolocalisation sur la carte : province de Huesca
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Il fait communiquer la vallée du Louron côté français, via la petite vallée de la Pez, avec la vallée de Chistau (vallée de Gistain) côté espagnol.
Toponymie
modifierGéographie
modifierLe port de la Pez, quand on effectue son ascension côté français, est caractérisé par un très long plateau coupé par des fossés assez profonds et délicats à franchir. À la fin de ce plateau, la pente se redresse et devient très raide lorsque l'on arrive aux derniers lacets. Au bout de trois heures de marche, on atteint une petite brèche équipée d'un câble. De cette brèche, le chemin passe sur le versant espagnol et, après avoir descendu un peu, débouche sur le port de la Pez.
Quand on entame la descente dans la vallée de Chistau, le paysage est d'abord désertique, mais très apprécié des marmottes. Cependant, au fur et à mesure que l'on descend dans la vallée, il y a de plus en plus de verdure et de torrents pour terminer dans un cadre paradisiaque aux abords des granges de Viados.
Hydrographie
modifierLe col se trouve sur la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Garonne, qui s'écoule vers le golfe de Gascogne (Atlantique) versant nord, et le bassin de l'Èbre, qui coule vers la Méditerranée versant sud.
Histoire
modifierTunnel de la Pez
modifierEn 1762, l'intendant général de Gascogne, Antoine d'Étigny, décide de faire percer un tunnel sous le port de la Pez. Ce grand aménageur cherche à faciliter les accès entre les royaumes d'Espagne et de France. Un accès carrossable pouvait permettre de faire circuler plus facilement les ressources venant d'Espagne (minerais, bois) et également de faire intervenir plus rapidement des troupes en cas de conflit[3].
C'est au port de la Pez qu'est choisi l'emplacement du futur tunnel. Reliant les vallées de la Pez et de Gistain, cet itinéraire doit permettre de gagner 50 lieux sur les itinéraires existants tout en facilitant l'importation de bois[4], qui est abondant dans la vallée espagnole.
En 1771 commencent les travaux du tunnel[4]. Antoine d'Étigny étant mort en 1767[5], la construction est soutenue par le duc de Choiseul avec un premier appoint de 140 000 livres[3]. La première partie des travaux permet de creuser 70 mètres de roches mais, faute de financements supplémentaires et face à l'hostilité des habitants de la vallée et du royaume d'Espagne, les premiers craignant que le tunnel ne facilite une invasion espagnole, et les deuxièmes ayant découvert le but militaire de l'ouvrage, le projet est abandonné[3],[4].
En 1808, Napoléon souhaite relancer le projet et nomme l'ingénieur Mounet pour reprendre les travaux en 1810[3]. Faute de financement et avec une situation militaire défavorable, le projet ne reprend jamais, restant inachevé dans la montagne.
L'entrée du tunnel est toujours visible sur les bords du chemin montant au port ; un torrent qui en sort empêche néanmoins son exploration.
Protection environnementale
modifierLe col fait partie d'une zone naturelle protégée, classée ZNIEFF de type 2.
Voies d'accès
modifierOn peut accéder au port de la Pez par :
- la vallée de la Pez (départ de la centrale électrique de Tramezaygues, sur la commune de Génos) ;
- la vallée du Chistau (départ des granges de Viados) ;
- la crête des Batchimale (départ du pont du Prat puis passage au port d'Aygues Tortes et ascension du pic Schrader) ;
- la crête Batoua-Lustou et descente sur le col au pic de Guerreys (2 975 m).
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 « Carte IGN classique » sur Géoportail.
- 1 2 Port de la Pez sur l'IGN espagnol.
- 1 2 3 4 « Louron : le tunnel perdu d'Etigny », sur ladepeche.fr (consulté le )
- 1 2 3 Étienne Bordes, Petite histoire des Pyrénéistes, Édition Cairn, , P 27
- ↑ histoire-agriculture-touraine, « MÉGRET d'ÉTIGNY Antoine (1719-1767) », sur Histoire de l'agriculture, (consulté le )