Post-structuralisme

courant de pensée

Le post-structuralisme ou poststructuralisme est un courant philosophique qui s'est développé dans les années 1960 et 1970[1],[2],[3]. Un thème majeur du post-structuralisme est l'instabilité en sciences humaines due à la complexité des humains eux-mêmes et à l'impossibilité d'étudier les phénomènes ou les événements sans les dissocier de leur structure.

Comment situer le post-structuralisme ?

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Le post-structuralisme se veut une réponse au structuralisme. Le structuralisme est un mouvement intellectuel qui s'est développé en Europe au début de la deuxième moitié du XXe siècle, notamment en France dans les années 1960 et 1970. Pour Angermuller, le poststructuralisme, qui est souvent perçu comme un mouvement français par les observateurs internationaux, est une invention produite par la réception qu'a eue la French Theory au niveau international[4]. Il postule que la culture humaine pourrait être étudiée et comprise au moyen de modèles structurels basés sur le langage[5]. Pour les théoriciens du post-structuralisme, un phénomène social peut s'étudier dans le contexte de la structure même (par exemple le langage) dans lequel il s'est construit. Parmi les auteurs post-structuralistes, on peut citer Jacques Derrida, Michel Foucault, Gilles Deleuze, Judith Butler, Jean Baudrillard, et Julia Kristeva bien que plusieurs théoriciens qui ont été catégorisés de post-structuralistes aient rejeté cette étiquette[6].

L'approche s'inscrit parfois dans le mouvement de la philosophie postmoderne. Dans ce contexte, le post-structuralisme est critiqué comme étant parfois trop relativiste ou nihiliste. D'autres l'estiment trop complexe sur le plan linguistique. Enfin, il est perçu comme une menace aux valeurs traditionnelles ou aux critères académiques et scientifiques d'usage dans les sciences humaines.

Réception du poststructuralisme français en Allemagne

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Selon Gérard Raulet, les années 1970 connurent « deux logiques intellectuelles distinctes en dépit du séisme partagé en 1968 : la vogue du structuralisme en France, les efforts de renouvellement de la théorie critique en Allemagne »[7]. Même dans le champ du marxisme, les deux courants français (Louis Althusser) et allemand (Jürgen Habermas) « paraissaient imperméables l'un à l'autre », tandis qu'en France, « l'“école de Francfort” était pratiquement inconnue »[7]. La philosophie française avait été pourtant assez rapidement traduite (Baudrillard, Deleuze et Guattari, Derrida, Foucault...)[7].

Tout change dans les années 1980 : les philosophes et sociologues français deviennent « presque du jour au lendemain [...] une référence incontournable »[7]. À Düsseldorf et Genève, les cours de Manfred Frank (de), publiés sous le titre Was ist Neo-strukturalismus ? (1983) accélèrent le phénomène[7].

Références

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  1. Bensmaïa, Réda Poststructuralism, article published in Kritzman, Lawrence (ed.) The Columbia History of Twentieth-Century French Thought, Columbia University Press, 2005, pp.92-93
  2. Mark Poster (1988) Critical theory and poststructuralism: in search of a context, section Introduction: Theory and the problem of Context, pp.5-6
  3. Merquior, J.G. (1987). Foucault (Fontana Modern Masters series), University of California Press, (ISBN 0-520-06062-8).
  4. Angermuller, Johannes (2013): Le champ de la théorie. Essor et déclin du structuralisme en France. Paris: Hermann, p. 5ff.; Johannes Angermuller (2007): "'Qu'est-ce que "le poststructuralisme français?" À propos de la réception des tendances françaises de l'analyse du discours en Allemagne". Langage et société 120: 17-34.
  5. Deleuze, Gilles. 2002. "How Do We Recognise Structuralism?" In Desert Islands and Other Texts 1953-1974. Trans. David Lapoujade. Ed. Michael Taormina. Semiotext(e) Foreign Agents ser. Los Angeles and New York: Semiotext(e), 2004. 170-192. (ISBN 1-58435-018-0). p.171-173.
  6. Harrison, Paul; 2006; "Post-structuralist Theories"; pp122-135 in Aitken, S. and Valentine, G. (eds); 2006; Approaches to Human Geography; Sage, London
  7. 1 2 3 4 5 Gérard Raulet, « Poststructuralisme », dans Dictionnaire du monde germanique, sous la direction de Élisabeth Décultot, Michel Espagne et Jacques Le Rider, Paris, Bayard, 2007, p. 872-874 (ISBN 9782227476523)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Johannes Angermuller (2015) : Why There Is No Poststructuralism in France. The Making of An Intellectual Generation. London: Bloomsbury.
  • Johannes Angermuller (2013) : Le Champ de la théorie. Essor et déclin du structuralisme en France. Paris : Hermann.
  • Johannes Angermuller (2013) : Analyse du discours poststructuraliste. Les voix du sujet dans le langage chez Lacan, Althusser, Foucault, Derrida, Sollers, Limoges: Lambert Lucas.
  • François Cusset, (2003) : French Theory. Foucault, Derrida, Deleuze & Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux États-Unis. Paris : Éditions de la Découverte
  • (de) Manfred Frank (de), Was ist Neostrukturalismus? (= Edition Suhrkamp 1203 = Neue Folge 203), Suhrkamp, Frankfurt am Main, 1984, (ISBN 3-518-11203-1).
  • Manfred Frank, « Pourquoi la philosophie française plait aux Allemands. Entretien avec Philippe Forget », Le Monde 24. octobre 1982, p. 16-17.
  • Manfred Frank, « Aspects politiques de la pensée néo-française » (« Politische Aspekte des neufranzösischen Denkens », Université de Tübingen, 1989), traduit par Jacques Bouveresse, dans Claudine Tiercelin (dir.), La reconstruction de la raison. Dialogues avec Jacques Bouveresse, Collège de France, 2014, [lire en ligne].
  • Gérard Raulet, « Poststructuralisme », dans Dictionnaire du monde germanique, sous la direction de Élisabeth Décultot, Michel Espagne et Jacques Le Rider, Paris, Bayard, 2007, p. 872-874 (ISBN 9782227476523)
  • Joan W.Scott, (2009) : Théorie critique de l'histoire, Paris: Fayard, coll "À venir".

Articles connexes

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Liens externes

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