Poupée de papier

personnage imprimé à découper et à habiller

Une poupée de papier est une collection de figurines à découper représentant un être humain, un animal ou un objet, imprimées en couleurs sur une planche, généralement en papier cartonné : elle comprend le modèle auquel on peut éventuellement fixer, grâce à des rabats, des vêtements ou des accessoires[1],[2]. Pendant près de deux siècles, ces poupées ont été des jouets peu onéreux pour les enfants, à la manière du pantin.

Une enfant jouant avec des poupées en papier.

Vendues soit sous forme d'albums, soit à l'unité, la poupée en papier a pu servir de support publicitaire, quand elle était publiée dans des magazines ou des journaux ; elle correspondait à maints sujets selon différentes époques. Au fil du temps, elles ont pu contribuer à relayer des stéréotypes culturels sur l'apparence féminine et masculine[3].

Dès le XXe siècle, ces images deviennent des objets de collection recherchés, d'autant que les exemplaires d'époque en bon état sont rares, en raison de la fragilité du matériau. Des fabricants produisent encore des poupées en papier de nos jours.

Les poupées en papier connaissent un regain d'intérêt auprès des enfants lorsqu'elles représentent des personnages populaires ou des célébrités.

Certaines images en matière plastique en deux dimensions sont assimilées aux poupées en papier, comme celles fabriquées par Colorforms (en) et Flatsy doll (en), mais il s'agit de simples succédanés : elles ne correspondent pas aux canons esthétiques en la matière[4]. Il existe également des versions aimantées et des variantes numériques.

Histoire

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Poupée en papier (fin XIXe s.) Mary Gray (McLoughlin Brothers) : planche du modèle en chromo (à gauche) et éléments découpés (corps et vêtements : chapeau et robe).
Album pour enfants contenant des planches avec figurines à découper (Charles Bouret, 1886).
Planche en couleurs parue dans un magazine en 1919 : modèle à l'effigie de l'actrice Norma Talmadge et certains de ses costumes de tournage à découper, ainsi que son chien.
Henriette Delalain, J'habille, je découpe, je colore chez mon ami Pierrot, album de planches à découper (Paris, Ch. Ramel & Cie, 1920)[5].

La poupée en papier est un dispositif ludique dont l'histoire est assez ancienne : elle est liée à l'utilisation dans différentes cultures du papier. Les Japonais se servaient du papier de riz pour constituer des origamis : à partir du IXe siècle, ces pliages prenaient parfois la forme d'un kimono. Les Balinais ont employé un mélange de papier et de cuir pour fabriquer des marionnettes associées au théâtre d'ombres. D'autres cultures dans le monde ont utilisé du papier découpé pour réaliser des objets, entre art et artisanat, par exemple en Pologne avec les Wycinanki (en). Néanmoins, ces images et objets ne correspondent pas à la définition conventionnelle de la poupée de papier.

En Occident, les premières poupées en papier apparaissent au XVIIe siècle. La plus ancienne poupée en papier cartonnée connue est détenue par le Germanisches Nationalmuseum : imprimée vers 1650 dans le sud de l'Allemagne, elle représente deux personnages féminins associés à un lot de robes, de chapeaux, de coiffures et d'accessoires[6]. Ces personnages et leurs accessoires à découper, imprimés ensemble sur une même planche, étaient appelés pantins : les éléments, reliés ensemble à l'aide de cordelettes, forment des marionnettes à surface plane. Elles servaient d'abord à divertir un public adulte appartenant à la haute bourgeoisie. Dessinées ou peintes, chacune offrait une apparence distincte. Leur conception se rapproche des poupées en papier contemporaines en Occident. Certains musées proposent des collections d'images en papier remontant à la fin des années 1780[7].

Au siècle suivant, le public visé est l'enfant et ses univers : les sujets sont variés, ce sont des mises en situation liée bien entendu aux activités humaines. La segmentation par genre est très marquée (fille / garçon).

De nombreuses maisons d'édition ont produit ces objets au XIXe siècle, par exemple en France, la maison Pellerin, associée à la fabrique des images d'Épinal. La fabrication à un stade industriel commence au début du XIXe siècle : la série « Little Fanny », est produite en usine par S&J Fuller à Londres dès 1810[8]. En 1812, l'éditeur J. Belcher publie The History and Adventures of Little Henry, le premier livre-jouet américain comportant des poupées en papier. Des enfants miment des scènes avec les personnages proposés[3]. Le principal producteur américain de poupées en papier, McLoughlin Brothers (en), est fondé en 1858. C'est à cette époque que les poupées en papier deviennent populaires pendant plusieurs décennies aux États-Unis. Entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle, la production de poupées en papier augmente, en partie grâce aux progrès technologiques qui permettent d'imprimer à moindres frais[3]. , McLoughlin Brothers sera racheté par Milton Bradley dans les années 1920.

Au début du XXe siècle, les poupées en papier tendent à représenter des personnes appartenant au secteur du divertissement : théâtre, cinéma. Les poupées représentent aussi souvent des mariées[3], et peuvent s'insérer dans un décor, de type maison de poupée.

Les anciennes poupées en papier, peintes à la main, restent rares en raison de la fragilité du matériau. Elles attirent des collectionneurs ; un exemplaire en bon état, non découpé, se négocie entre l'équivalent de 100 à 500 euros pour un modèle recherché. Chaque année, par exemple aux États-Unis, des centaines de personnes participent à des conventions de collectionneurs[9].

Illustrateurs réputés

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Références

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  1. (en) « Paper doll », sur The Free Dictionary By Farlex (consulté le )
  2. (en) « History of paper dolls », sur OPDAG (consulté le )
  3. 1 2 3 4 (en) « History of Paper Dolls and Popular Culture », sur National Women's History Museum (consulté le )
  4. (en) Frederick J. Augustyn, Dictionary of toys and games in American popular culture, Routledge, , 80–81 p. (lire en ligne)
  5. (BNF 39042116).
  6. (de) Jutta Zander-Seidel, In Mode : Kleider und Bilder aus Renaissance und Frühbarock, Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum, , 179–180 p. (ISBN 978-3-936688-96-2)
  7. La historia a través de los recortables (in Spanish)
  8. « The History of Paper Dolls », sur opdag.com (consulté le ).
  9. (en) « Paper Doll Convention », sur 10times.com (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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Articles

Articles connexes

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Liens externes

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