Poème de la captivité de Saint-Malc

poème de Jean de La Fontaine, paru en 1673.

Le Poëme de la captivité de Saint-Malc est un poème de Jean de La Fontaine, paru en 1673. Publié chez Claude Barbin, le poème est dédié au Cardinal de Bouillon, grand aumônier de France[1]. Il est rédigé en alexandrins à rimes suivies (AABB).

Poëme de la captivité de Saint-Malc
Format
Langue
Français
Auteur
Jean de La Fontaine
Date
1673
Pays
France
Éditeur
Claude Barbin
Nombre de pages
50

L'histoire qu'il relate est tirée des Vies des saints-Pères des déserts[2], dans la traduction publiée par Arnauld D'Andilly en 1647. Malc est l'abréviation de Malchus, ce dernier aurait raconté son histoire directement à Saint Jérôme[3].

Résumé

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Le poème raconte l'histoire d'un ermite. Rappelé par un héritage, il doit quitter son ermitage et revenir chez lui. Il a hésité à prendre cette décision, craignant l'avarice, mais il s'est arrêté sur l'idée d'utiliser cet argent selon sa morale catholique. Pendant son trajet, il se fait capturer et est marié de force à une jeune fille, elle aussi captive. Tous deux sont dévoués à dieu, ils ne consommeront jamais leur mariage. Un jour, le faux couple s'enfuit. Poursuivis par leurs persécuteurs, ils se cachent dans une grotte. La grotte est habitée par une lionne et son lionceau. Celui qui les poursuivait est dévoré, Malc et la jeune fils sont libres. Ils retournent tous deux à une vie de solitude et de piété.

Un texte pieux par un auteur de Salons

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La Fontaine publie des Fables dès 1668, il est un auteur apprécié des Salons[4]. Dans ces lieux de rencontre mondains, c'est l'esthétique galante qui prévaut : "Délicatesse, douceur, grâce, agrément, naturel, « naïveté », négligence, simplicité, pureté, etc. devront caractériser l’ensemble des discours"[5]. A priori, cette manière de composer est éloignée de celle des textes spirituels. La captivité de Saint-Malc est donc un texte "étrange" et "inattendu"[6].

Michel Butor considère que La Fontaine entre dans la peau d'un bon chrétien comme il entrait dans la peau d'un lion dans les Fables. Il imite le genre de la mystique religieuse, comme il put imiter d'autres genres auparavant (fables, contes)[6]. Génetiot écrit que le poète concilie l'esthétique des Salons et l'esthétique de la mystique catholique : "Saint-Malc poursuit la veine galante de la pastorale"[3], "une pastorale convertie où le berger et la bergère ne s'adonnent pas à l'amour profane mais à l'amour sacré"[3]. La captivité de Saint Malc apparaît dès lors comme un texte rédigé avant tout pour des raisons esthétiques, plutôt que spirituelles.

Citations

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Le désespoir de Malc, regrettant d'avoir quitté son ermitage :

« Forêts, s’écriait-il, retraites du silence,

Lieux dont j’ai combattu la douce violence,

Angéliques cités d’oû je me suis banni,

Je vous ai méprisé, déserts, j’en suis puni. »

— Jean de la Fontaine, La captivité de Saint-Malc, p. 11

Malc, soumis à la tentation de l'amour :

« Tu m'as donné pour aide au fort de la tourmente

Une compagne sainte, il est vray, mais charmante.

Son exemple est puissant; ses yeux le sont aussi »

— Jean de la Fontaine, La captivité de Saint Malc, p.20

Notes et références

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  1. ↑ Jean de La Fontaine, Poëme de la captivité de Saint-Malc, Paris, Barbin, , 50 p. (lire en ligne)
  2. ↑ Arnauld d'Andilly, Les vies des Saints Pères des déserts et de quelques Saintes, escrites par des Pères de l'Église et autres anciens auteurs ecclésiastiques Grecs et Latins, traduites en François, Paris, Pierre le Petit & Antoine Vitré, , in-4° (lire en ligne)
  3. 1 2 3 Alain Génetiot, « Saint Malc ou le poème converti », dans « Jusqu’au sombre plaisir d'un cœur mélancolique », Hermann, , 253–263 p. (ISBN 978-2-7056-9710-5, lire en ligne)
  4. ↑ Antoine Adam, Histoire de la littérature francaise au XVIIe, Paris, Albin Michel,
  5. ↑ Myriam Dufour-Maître, « La critique des femmes : le cas des « précieuses » », Littératures classiques, Presses universitaires du Midi, vol. 86, no 1,‎ , p. 157–168 (ISSN 0992-5279, DOI 10.3917/licla1.086.0157, lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 Michel Butor, « Cours à l'Université de Genève, 1985 »