Premier concile du Latran
Le premier concile du Latran (aussi appelé Latran I) est le IXe concile œcuménique de l'Église catholique. Une assemblée ecclésiastique fut réunie par le pape Calixte II à Rome, dans la basilique Saint-Jean de Latran du au .
| Concile de Latran I | ||||||||||
| Informations générales | ||||||||||
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| Numéro | IXe concile œcuménique | |||||||||
| Convoqué par | Calixte II | |||||||||
| Début | ||||||||||
| Fin | ||||||||||
| Lieu | Latran | |||||||||
| Accepté par | Église catholique | |||||||||
| Liste des conciles | ||||||||||
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Contexte historique
modifierDepuis la période carolingienne la papauté est tenue dans une situation d'infériorité chronique. À partir de 962, les empereurs du Saint-Empire romain germanique contrôlent même l'élection des papes. Les laïcs accaparent les richesses de l'Église qui connaît une période de grand relâchement des mœurs.
Au XIe siècle, la réforme grégorienne parvient à soustraire la papauté et le clergé de l'influence des laïcs, empereur compris et à imposer une réforme des mœurs du clergé. Ce sont ces changements que le premier concile de Latran entérine. Considéré comme le neuvième concile œcuménique par l'Église catholique romaine, c'est le premier concile général tenu depuis le quatrième concile de Constantinople de 869. Il marque le triomphe de la papauté face aux empereurs du Saint-Empire romain germanique dans la querelle des investitures.
La tenue du concile
modifierLe premier concile de Latran se déroule du au de la même année, sur une convocation du pape Calixte II, à la basilique Saint-Jean de Latran. Il réunit entre 300 et 500 participants, des évêques et des abbés essentiellement[1].
Décisions prises
modifierPrincipaux canons
modifierSelon Charles-Louis Richard, les principaux canons de ce concile sont[2] :
- 6. On déclare nulles toutes les ordinations faites par l'hérésiarque Bourdin, depuis sa condamnation par l'Église romaine, et celles qui ont été faites par les évêques qu'il a ordonnés en suite de son schisme.
- 8. On prononce anathème contre les usurpations des biens de l'Église romaine, nommément contre ceux qui s'empareront de la ville de Bénévent, ou la retiendront par violence.
- 11. L'Église romaine prend sous sa protection les familles et les biens de ceux qui vont à Jérusalem secourir les chrétiens contre les infidèles, leur accorde la rémission de leurs péchés, et ordonne sous peine d'excommunication à ceux qui après s'être croisés avaient quitté la croix, de la reprendre dans l'année.
- 14. Défense aux laïcs, sous peine d'anathème, d'enlever les offrandes des autels de Saint-Pierre, du Sauveur, de Sainte-Marie de la Rotonde et des autres églises ou des croix, et de fortifier les églises comme des châteaux, pour les réduire en servitude.
- 15. On séparera de la communion ou société des fidèles les fabricateurs de fausse monnaie, et ceux qui en débiteront.
- 16. Si quelqu'un ose prendre, dépouiller ou vexer par de nouveaux péages ceux qui vont à Rome ou à d'autres lieux de dévotion, il sera privé de la communion chrétienne, jusqu'à ce qu'il ait satisfait pour sa faute.
- 17. Défense aux abbés et aux moines de donner des pénitences publiques, de visiter les malades, de faire les onctions et de chanter des messes publiques. Ils recevront des évêques diocésains les saintes huiles, la consécration des autels et l'ordination des clercs.
- 18. Les curés seront établis par les évêques, auxquels ils rendront compte de leur conduite.
- 22. On déclare nulles les aliénations des biens de l'Église, de même que les ordinations faites par des évêques intrus, ou simoniaques, ou qui n'ont pas été élus canoniquement.
Notes et références
modifier- ↑ Jean Chélini, histoire religieuse de l'Occident Médiéval, Hachette, 1991, p. 292. Pandolphe, dans sa biographie de Calixte II, mentionne 997 participants, chiffre qui paraît nettement exagéré : on estime ce nombre plutôt à 200 ou 300. Dans son Dictionnaire universel et complet des conciles, l'abbé Migne estime que trois cents évêques et archevêques s'y sont rendus, ainsi que six cents abbés.
- ↑ Charles-Louis Richard, Analyse des conciles généraux et particuliers, vol. 2, Vincent, (lire en ligne), p. 86-7
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- G. Alberigo et A. Duval (dir.), Les Conciles œcuméniques, 2 vol. « L'Histoire » et « Les Décrets », Cerf, coll. « Le magistère de l'Église », 1991 (ISBN 2204044466) et (ISBN 2204050113) ;
- Jean Chélini, histoire religieuse de l'Occident Médiéval, Hachette, 1991
- R. Foreville, Histoire des conciles œcuméniques, tome 6 : Latran I, II, III et IV (en 1123, 1139, 1179 et 1215), éd. de l'Orante, 1984 ;
- F. Jankowiak, article « Latran (conciles du) », Philippe Levillain, Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard, (ISBN 2-213-618577).
Articles connexes
modifier- Querelle des investitures
- Latran
- Deuxième concile du Latran de 1139
- Troisième concile du Latran de 1179
- Quatrième concile du Latran de 1215
- Cinquième concile du Latran de 1512 à 1517
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :