Presqu'île du Croisic
La presqu'île du Croisic désigne une presqu'île de l'ouest du département de la Loire-Atlantique en France, constituée des territoires des communes du Croisic à l'ouest, de Batz-sur-Mer au centre et du Pouliguen à l'est, lesquelles forment également le canton du Croisic. Elle est constitutive du territoire plus vaste de la presqu'île guérandaise.
| Presqu'île du Croisic | ||||
Carte de la presqu'île du Croisic. | ||||
| Localisation | ||||
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| Pays | ||||
| Péninsule bretonne | ||||
| Coordonnées | 47° 16′ 44″ nord, 2° 29′ 00″ ouest | |||
| Étendue d'eau | Golfe de Gascogne Marais salants de Guérande |
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| Géolocalisation sur la carte : pays de Guérande
Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique
Géolocalisation sur la carte : France
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Géographie
modifierElle mesure environ 10 km de longueur sur une largeur variant d'environ 750 m à 3,5 km.
Au sud, la presqu'île est bordé par l'océan Atlantique et sa côte sauvage, tandis qu'au nord se trouvent les marais salants de Guérande. Ces deux étendues d'eau communiquent entre elles par un bras de mer dénommé « Grand Traict du Croisic » situé au nord-ouest de la presqu'île et qui la sépare de la pointe de Pen-Bron. À l'est de la presqu'île, l'étier du Pouliguen qui relie les marais salants à la baie du Pouliguen baignée par l'océan, marque la limite entre la commune du Pouliguen et celle de La Baule-Escoublac.
Géologie
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La région appartient au domaine sud armoricain — plus précisément au domaine de l'anticlinal de Cornouaille[1] — marqué par la phase bretonne de l'orogenèse varisque, au début du Carbonifère inférieur, ou Tournaisien, il y a environ 360 Ma[2].
La collision continentale au cours de l'orogenèse varisque proprement dite se traduit par la mise en place d'une ceinture de leucogranites (à deux micas muscovite et biotite) intrusifs[3],[4] subdivisé en plusieurs bandes (« rubans ») qui montrent une nette divergence vers l'est[5]. L'émersion actuelle du ruban de moles trouve son origine dans le fonctionnement de failles hercyniennes de direction WNW-ESE et qui correspondent à des rejeux tectoniques tertiaires du vieux socle, contrecoup de l'ouverture, toujours en cours, de l'océan Atlantique[6], rifting qui a réactivé le relief armoricain, la tectonique compressive pyrénéenne et alpine[7] finalisant ce rajeunissement du relief par le processus de flambage lithosphérique de grande longueur d'onde[8]. La bande sud correspond à une échine discontinue de moles syntectoniques — massifs granitiques de Trégunc, Pont-l'Abbé, Port-Louis - Ploemeur, Glénan - Quiberon - Houat - Hœdic - Guérande - Le Croisic, Saint-Brévin, Noirmoutier - La Roche-sur-Yon — allongés en direction sud-armoricaine. Ces granites intrusifs, datés de 320 Ma, correspondant dans la région au sillon de Guérande[9] et à la crête rocheuse du Croisic au Pouliguen — « Grande-Côte » précédant les trois îlots granitiques et gneissiques du Croisic, de Batz et du Pouliguen soudés par des atterrissements et des dunes —, sont produits par fusion de métasédiments avec des taux de fusion faibles, probablement en relation avec des processus de relaxation thermique[10].
Au-delà de la « Grande-Côte » s'étend une partie plus basse, qui correspond à une gouttière tectonique et qui s'enfonce doucement au-dessous du niveau de la mer. À la fin du Paléozoïque, s'est en effet développée une tectonique cassante et post-orogénèse varisque qui a initié la fragmentation et la dislocation du socle induré hercynien, composé de granites et de roches métamorphiques souvent plissées en anticlinaux et synclinaux. Cette tectonique induit l'individualisation de blocs basculés orientés nord-ouest - sud-est et a un rôle structurant dans la morphologie des côtes et des chaussées de la région. L'arrière-pays (rade du Croisic et baie du Pouliguen) est affecté par deux abrupts de failles de direction nord-ouest - sud-est qui déterminent cette gouttière à l'intersection de deux blocs basculés[11], cette dépression étant partiellement comblée par les sédiments de la transgression flandrienne[12].
Voir aussi
modifierNotes et références
modifier- ↑ Carine Cartier (Structure de l’unité de Saint-Georges-sur-Loire et du domaine ligérien [Massif armoricain]. Implications géodynamiques pour la chaîne hercynienne, Géologie appliquée, université d’Orléans), « Les divers domaines constitutifs de la zone sud armoricaine » [PDF], , p. 24.
- ↑ J. Le Métour et al., « Notice explicative de la feuille Cholet à 1/50 000 » [PDF], éditions du BRGM, , p. 7.
- ↑ Le Métour 1989, p. 35.
- ↑ Ramon Capdevila, « Les granites varisques du Massif armoricain », Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, d (7), , p. 36 (lire en ligne [PDF]).
- ↑ Sciences de la terre, Foundation scientifique de la géologie et de ses applications, , p. 18.
- ↑ (en) Lucien Montadert et al, « Rifting and subsidence on passive continental margins in the North East Atlantic », Nature, vol. 268, , p. 305–309 (DOI 10.1038/268305a0).
- ↑ (en) Stéphane Bonnet, François Guillocheau, Jean-Pierre Brun Brun,Jean Van Den Driessche, « Large-scale relief development related to Quaternary tectonic uplift of a Proterozoic-Paleozoic basement: the Armorican Massif, nw France », Journal of Geophysical Research Atmospheres, vol. 105, no B8, , p. 19273-19288 (DOI 10.1029/2000JB900142, lire en ligne).
- ↑ François de Beaulieu, La Bretagne. La géologie, les milieux, la faune, la flore, les hommes, Delachaux et Niestlé, , p. 27.
- ↑ (en) Claire Portal, « When Unremarkable Landscapes Receive Heritage Status: Considerations Based on Case Studies in the Pays de la Loire (France) : Topography of the Brière wetland enclave », L’Espace géographique, vol. 42, nos 2013/3, , p. 204 (lire en ligne).
- ↑ Capdevila 2010, p. 48.
- ↑ « Profil et coupe de Guérande à l’océan », sur un site de l’académie de Rennes (consulté le ).
- ↑ « Au total, la structure évoque un « grand escalier aux marches contrariées », qui se continue sous la mer par une autre marche, dont le chenal du Nord est la partie basculée, et les bancs du Four, de la Banche et de la Lambarde le sommet… Cet ensemble de relief dérive de jeux de failles créant des blocs basculés en direction du nord-est ». Cf Alain Gallicé, Guérande au Moyen Âge, Presses universitaires de Rennes, , p. 16.
