Preuve par bijection
En mathématiques, une preuve par bijection (ou démonstration par bijection) est une technique de démonstration qui consiste à obtenir l'égalité de deux expressions entières en exhibant une bijection entre deux ensembles dont les deux expressions sont les cardinaux. Autrement dit, si on examine deux ensembles finis et , la connaissance du dénombrement de et d'une bijection de sur permet d'obtenir le dénombrement de .
On présente souvent la démonstration en disant qu'on a transformé le problème de dénombrement en un problème équivalent.
La branche de la combinatoire qui étudie particulièrement les démonstrations par bijection s'appelle la combinatoire bijective (bijective combinatorics en anglais)[1].
Exemples
modifierNombre de parties d'un ensemble fini
modifierSi à toute partie d'un ensemble à éléments on associe sa fonction caractéristique définie par si , = 0 sinon, on obtient une bijection entre les parties de et les applications de dans {0,1}. Comme il y a applications de dans {0,1}, l'ensemble possède parties.
Symétrie des coefficients binomiaux
modifierLa symétrie des coefficients binomiaux s'exprime par la formule :
- .
En d'autres termes, il y a exactement autant de combinaisons de éléments parmi qu'il y a de combinaisons de éléments parmi .
- Preuve par bijection
est le nombre d'éléments de l'ensemble des parties à éléments d'un ensemble à éléments. Or Il y a une bijection simple entre et , celle qui associe à chaque partie à éléments son complémentaire, lequel contient précisément les éléments restants de . Par exemple, dans l'ensemble , on peut associer à la partie son complémentaire . On en déduit qu'il y a autant de parties à éléments que de parties à éléments, et les coefficients binomiaux correspondants sont donc égaux.
Égalité de la somme des coefficients binomiaux de rang pair avec celle de rang impair
modifierIl s'agit de la relation, valable pour :
- .
Preuve par bijection
modifierLa première somme est le nombre de parties de , ensemble à éléments ayant un nombre pair d'éléments et la deuxième celui des parties en ayant un nombre impair.
Ayant fixé un élément de on obtient une bijection entre les parties paires et les parties impaires en associant à une partie paire la partie obtenue en ajoutant si ne le contient pas, et la lui retirant si elle le contient. Ceci prouve la relation.
Autres exemples
modifierVoici quelques exemples classiques de preuves par bijection en analyse combinatoire :
- Plusieurs calculs du nombre de combinaisons avec répétition utilisent une démonstration par bijection.
- Les nombreux dénombrements conduisant aux nombres de Catalan s’obtiennent par diverses bijections.
- Le codage de Prüfer, bijection permettant de démontrer la formule de Cayley donnant le nombre d'arbres « décorés ».
- La correspondance de Robinson-Schensted, bijection qui permet de démontrer la formule de Burnside pour le groupe symétrique.
- La conjugaison des tableaux de Young, qui permet d'obtenir une preuve de la formule du nombre de partitions d'un entier.
- La preuve par bijection du théorème des nombres pentagonaux.
Notes et références
modifier- ↑ Voir par exemple le livre Bijective Combinatorics par Nicholas Loehr Chapman and Hall/CRC (2011)
Articles connexes
modifierUne preuve par double dénombrement consiste à compter le nombre d'éléments d'un même ensemble de deux façons différentes, pour établir une égalité entre les expressions résultantes.