Prieuré d'Aubeterre

prieuré situé dans l'Allier, en France

Le prieuré d'Aubeterre est un prieuré prémontré situé sur la commune de Broût-Vernet, dans le département de l'Allier, en France[1]. Il n'en reste que la chapelle.

Prieuré d'Aubeterre
Présentation
Type
Édifice religieux chrétien
Destination initiale
Propriétaire
Société privée
Patrimonialité
Localisation
Pays
France
Département
Commune
Coordonnées
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Localisation

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Il se trouve sur l'ancienne paroisse et commune du Vernet, entre la RD 2009 et la Sioule ; on y accède par la RD 36.

Historique

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D'après la tradition locale, le prieuré a été fondé vers le milieu du XIIe siècle par Gilbert de Neuffonts (saint Gilbert, patron du Bourbonnais) pour être le pendant féminin de l'abbaye Saint-Gilbert de Neuffonts. Son épouse Péronnelle (ou Pétronille) en devint prieure, et à sa suite leur fille Poncia.

Vers 1150, Gilbert, un enfant du pays puisque né à Escolles à quelques centaines de mètres, revient de la Deuxième croisade avec le projet d’entrer dans la vie contemplative et de consacrer sa fortune à la création d’une fondation au service des pauvres. Entraînant dans ce projet sa femme Pétronille et sa fille Poncia, il retient le site d’Aubeterre (Alba terra, « terre blanche »), au bord de la Sioule, pour y implanter une petite communauté de moniales relevant de l’ordre des Prémontrés, dont Pétronille devient la première prieure.

De ce prieuré, il ne reste que cette chapelle, qui avait été dédiée aux saints Gervais et Protais. Plus aucun des bâtiments conventuels ne subsiste[1]. D’après d'anciens écrits[Lesquels ?], ces bâtiments se situaient côté nord de la chapelle, implantation inverse de celle de Neuffonts, plus habituelle de la composition des monastères où l’église est au nord du cloître.

La chapelle renferme les sépultures de sainte Pétronille et de la bienheureuse Poncia[réf. nécessaire]. Les femmes stériles venaient en pèlerinage à Aubeterre pour obtenir la fécondité.

Le prieuré fut vendu comme bien national à la Révolution et la chapelle fut utilisée comme grange. Une maison d’habitation est alors adossée sur son flanc sud. Il semble que le pèlerinage ait été abandonné.

L'ancienne chapelle, et ses peintures murales, sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du 17 mai 1977[1].

Description

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La chapelle est une construction romane, marquée par une nef unique sur doubleaux, terminée par un chœur en hémicycle. Le style est à la charnière des périodes clunisienne et cistercienne. La voûte, en berceau brisé, porte directement la toiture sur un garni de terre épenté. Les murs, très épais, sont en pierre et chaux, et la couverture est en tuiles canal.

La chapelle désaffectée porte encore la trace des transformations et mutilations que l'exploitation agricole a occasionné au monument.

La maison attenante, rajoutée au XVIIIe siècle[réf. nécessaire], est aussi construite en pierre, mais, à la différence de la chapelle, elle comporte une charpente et est elle est couverte en petites tuiles plates.

Intérieur

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Le plan de cette chapelle est très simple. Il se compose d’une nef unique à trois travées inégales en berceau brisé, terminée par une abside en cul-de-four, sans transept, ni bas-côtés. Les deux flancs nord et sud de l’édifice étaient bordés de galeries en appui, communiquant avec la nef par deux portes latérales, pouvant être assimilées à des bas-côtés « ouverts ». La porte sud donne elle-même accès à un escalier en vis qui monte au petit clocher visible de l'extérieur. À l'épaisseur des murs, à la forme en plein cintre et à l'étroitesse des fenêtres, mais aux larges embrasures, on reconnaît le style roman avec une voûte en berceau brisé. Au moins pour le mode de couvrement de sa nef, cette chapelle a très certainement subi l'influence de Cluny. Cependant, un nouveau courant religieux se fait jour en ce milieu du XIIe siècle en réaction à la magnificence de Cluny, avec un retour à une architecture monastique plus dépouillée : c'est l'esprit de Cîteaux, manifesté ici dans une absence presque totale de décor et dans l'harmonie des proportions.

Même s'il reste d'architecture romane, ce monument n'est pas sans être marqué d'apports de l'époque gothique. Au XIIIe siècle, une petite arcade est adossée au milieu du mur nord : c'est l'enfeu. Il abrite la sépulture de Pétronille et de Poncia. L'ouvrage a perdu ses colonnettes mais conservé ses deux chapiteaux à feuilles, typiques de l'ornementation sculpturale gothique.

Fresques murales

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La chapelle d'Aubeterre est surtout connue pour ses peintures murales du XIVe siècle. Côté nord de la chapelle, où elles entourent ou accompagnent l'arcade, elles sont pour partie effacées. Celle qui est encore suffisamment lisible représente trois femmes, sainte Catherine, sainte Marguerite et sainte Barbe. Côté sud, la peinture (dont une copie existait à l'ancien Musée des Monuments français, aujourd'hui Centre de l'Architecture et du Patrimoine), représente trois scènes de la vie du Christ : baptême dans l'eau du Jourdain, flagellation, descente de croix. Ces peintures, dites « encadrées », préfigurent déjà les tableaux à cadres qui, après l'art du vitrail, seront accrochés aux murs des églises et des cathédrales.

Extérieur

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Côté ouest : pour permettre le passage des charrois de foin, la façade ouest a été éventrée, effaçant alors le portail initial, sans doute assez petit, et générant des lézardes dans son pignon. Certaines baies ont été masquées par l’habitation, laquelle n’a bien évidemment aucun rapport de style avec la chapelle.

Côté nord : le flanc garde l'empreinte de l'étable construite au début du XIXe siècle : les contreforts ont été entaillés, remaillés avec des briques, les murs perforés, les pierres burinées. Cette façade dans son état d'origine présente un « bas-côté », à la fois renvoi d'eau pour la toiture et galerie communiquant avec l'intérieur. Les corbeaux de pierre encore en place et les logements ménagés dans le côté des contreforts servaient d'appui à la panne faitière de sa charpente, juste sous le » tailloir », ce petit bandeau dont peu de pierres sont encore intactes. À côté de la porte donnant dans la chapelle – aujourd'hui bouchée – une arcade identique à celle qui est située à l'intérieur rappelle, à l'extérieur, la sépulture des saintes religieuses et offrait, dit-on, un emplacement propice à la dévotion des pèlerins.

Côté est : le chevet est sans doute la partie qui a le moins souffert des mutilations opérées sur le monument. Il a gardé sa forme en hémicycle et ses trois baies dont l'obturation n'a altéré ni la forme ni la structure. On voit bien à cet endroit la nature de la roche avec laquelle l'édifice a été construit : un calcaire à phrygane, pierre très dure et très dense, reconnaissable à ses cavités et ses concrétions formées par la présence d'animaux fossilisés il y a des millions d'années. Chose curieuse, plusieurs petites églises de Palestine - qui présentent beaucoup d'analogie avec Aubeterre - sont construites avec une pierre d'aspect identique.

Côté sud : c'est le plus beau point de vue sur le monument, surtout lorsque le soleil, quand il est au zénith, forme une dentelle d'ombre sous les tuiles. Les tuiles romanes sont posées sur des liteaux de bois mais sans le soutien d'une charpente, la pente des versants de toiture étant donnée par une forme en terre, « le garni », au-dessus de la voûte. Les modillons ne sont plus, apparemment, ceux d'origine. On retrouve de ce côté les corbeaux de pierre qui soutenaient le faîte d'un auvent servant de galerie ouverte en appui sur le mur. Ce qui fait l'intérêt particulier de ce côté, c'est le petit clocher qui émerge du bas de la toiture, construit en encorbellement et accessible par l'escalier dont on devine la montée au travers des deux petits fenestrons du large contrefort contigu.

Notes et références

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  1. 1 2 3 « Prieuré d'Aubeterre », notice no PA00093027, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Joseph Viple, « Neuffonts et Aubeterre », Bulletin de la Société d’émulation du Bourbonnais, 30, 1927, p. 344–56 (en ligne).
  • Marcel Génermont, « Chapelle d'Aubeterre », Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais, 1927.
  • Marcel Génermont et Pierre Pradel, Les églises de France. Allier, Paris, Letouzey, 1938, p. 38.
  • A. Bourret, « Saint Gilbert, fondateur d’Aubeterre et de Neuffonts, deux monastères prémontrés en terre bourbonnaise », Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de Vichy et des environs, 3, 1948, p. 127–31.
  • Georges Malvielle, « Le prieuré d’Aubeterre (Broût-Vernet). Ses prieures et prieurs », Bulletin de la Société d’émulation du Bourbonnais, 1951, p. 111–17.
  • Philippe Carré, « Au pays de saint Gilbert, Aubeterre et Neuffonts », in Grandes et petites figures de l’ordre de Prémontré. Les prémontrés et la justice. Actes officiels des 36e et 37e colloques du Centre d’études et de recherches prémontrées. Auvergne, 2010 - Normandie, 2011, Martine Plouvier éd., Laon, Centre d’études et de recherches prémontrées, 2017, p. 51–62.

Articles connexes

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Liens externes

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