Process Communication Model

modèle de communication développé par le psychologue Taibi Kahler lui-même issu de l’école de l'Analyse Transactionnelle
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Process Communication Model (PCM) est un outil de gestion de la relation créé par le psychologue américain Taibi Kahler, issu de l’école de l'analyse transactionnelle[1].

Des critiques existent quant à la fiabilité de cet outil.

Histoire

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Taibi Kahler, né en 1943 à Kewanna (Indiana), obtient son doctorat en développement de l'enfant et vie familiale à l'Université Purdue en 1972. Praticien en psychothérapie et membre de l'International Transactional Analysis Association (ITAA), il commence dès le début des années 1970 à observer les interactions humaines seconde par seconde, à la suite des travaux d'Eric Berne sur les scénarii de vie. Il découvre que certains comportements brefs et répétitifs, qu'il nomme "drivers" (messages contraignants), précèdent systématiquement les comportements de détresse. Ces observations conduisent à la formulation du concept de mini-scénario, publié dans le Transactional Analysis Journal en 1974 avec Hedges Capers[2], puis développé dans "Drivers : The Key to the Process of Scripts" en 1975[3]. Pour ces travaux, il reçoit en 1977 l'Eric Berne Memorial Scientific Award, remis par l'ITAA pour la découverte scientifique la plus importante de l'année dans ce domaine[4],[5]

Au début des années 1980, chargé du recrutement et de la formation des astronautes, fait appel à Taibi Kahler qui travaillait sur les mini-scénarios de l'analyse transactionnelle, afin de s'assurer de la meilleure collaboration possible entre les astronautes pendant leurs missions[6].

Process Communication Model (PCM) se distingue d'autres méthodes de développement personnel en insistant sur la relation à soi et à l'autre par des comportements directement observables[7][source insuffisante].

Description

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Six types de personnalité et trois degrés de stress

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Selon Taibi Kahler, on peut retrouver chez toute personne six types de personnalité. Il considère que chaque type comporte une certaine dose de stress, à laquelle le Process Communication Model apporte un antidote[8]. Chaque type porte un nom (entre parenthèses, le nom en anglais)[9] :

  1. Analyseur (Thinker),
  2. Persévérant (Persister),
  3. Énergiseur (Rebel),
  4. Promoteur (Promoter),
  5. Empathique (Harmonizer),
  6. Imagineur (Imaginer).

Le questionnaire élaboré par Taibi Kahler permet d'évaluer l'ordre des Types de personnalité associés à un taux d'énergie disponible, ainsi que les Mécanismes de réussite et d'échec des participants[10]. Les six Types sont alors représentés sous la forme d'un empilement, l'« immeuble », où le type dominant est appelé "Base". Selon Kahler, cette Base se fixe vers l'âge de 7 ans et reste la Base pour la vie entière. Cependant la Phase, source de nos motivations et de nos comportements sous stress les plus observables, peut changer au cours de la vie, notamment lors d'une période de stress intense (positive ou négative) dans un « changement de Phase »[11].

Les degrés de stress définis par PCM désignent une dégradation progressive des capacités relationnelles, émotionnelles et cognitives d’une personne. Selon le modèle, cette dynamique débute par des comportements de stress légers, à peine perceptibles dans la relation, et peut évoluer vers une altération plus marquée de la communication, jusqu’à des formes de mal-être plus profondes[12].

  • le premier degré, appelé Driver (de l’anglais to drive, conduire) peut être compris comme un « message contraignant »[13],
  • le deuxième degré, appelé mécanisme d’échec, correspond à des comportements répétitifs négatifs qui renforcent les difficultés relationnelles,
  • le troisième degré, appelé désespoir, désigne un état de stress plus profond dans lequel il n’y a plus de communication.

Le profil PCM vise notamment à identifier les besoins psychologiques associés à la « Phase » d’une personne. Le modèle considère que la satisfaction régulière de ces besoins contribue à réduire l’intensité du stress et à favoriser une communication plus adaptée. Les besoins psychologiques de la « Base » étant satisfaits de façon inconsciente hors période de stress intense[14].

Gérer la mécommunication

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PCM propose des outils pour gérer la relation et les comportements sous stress. Pour chaque type de personnalité, une interaction est composée de trois éléments[15] :

  • la perception du monde,
  • le canal de communication privilégié,
  • le besoin psychologique à combler.

Les besoins psychologiques

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C'est l'outil le plus important de PCM pour la gestion du stress. Comme la satisfaction des besoins physiologiques permet d'être en bonne santé, la satisfaction des besoins psychologiques permet de sortir du stress[16].

La perception du monde

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La « base » d'une personne influe sur sa façon de voir le monde, de communiquer et de gérer la relation aux autres. Tenir compte de cette façon de voir d'un interlocuteur permet d'améliorer la communication[17].

Les canaux de communication

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Un Canal de communication représente l'ensemble des moyens mis en œuvre pour faire passer un message. Ces moyens combinent le ton de la voix, l'attitude corporelle (expression du visage, gestes, postures) et le choix des mots. Le modèle distingue 5 Canaux de communication, chaque type de personnalité ayant son canal privilégié[18] :

  • le canal interruptif[19], utilisé principalement dans des situations de stress intense ou lorsqu’il est nécessaire d’interrompre un comportement inadapté de façon ferme et positive. Ce canal est rarement mobilisé au quotidien.
  • le canal directif, adapté aux personnes qui ont une base “promoteur“ ou “imagineur“. Il repose sur des formulations orientées vers l’action, exprimées par des verbes à l’impératif. Le ton et l’attitude restent neutres.
  • le canal interrogatif, adapté aux personnes qui ont une base “persévérant“ et “analyseur“. Il privilégie les faits ou les opinions. Le propos comporte fréquemment des questions. Le ton est neutre. L’expression est sobre et la posture corporelle droite.
  • le canal nourricier, adapté aux personnes qui ont une base “empathique“. Il mobilise un vocabulaire lié aux émotions. Le ton de la voix est doux, l’attitude souriante, détendue et tournée vers l’autre.
  • le canal émotif, adapté aux personnes qui ont une base énergiseur. Il se caractérise par l’usage d’onomatopées, de mots expressifs et d’un ton enthousiaste, accompagné d’une gestuelle dynamique.

Recherches

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Depuis les années 2020, PCM fait l'objet de travaux universitaires dans le champ de la psychologie cognitive et des neurosciences comportementales. Ces recherches visent notamment à étudier dans quelle mesure les fondamentaux du modèle sont associés à des variations observables dans certaines fonctions cognitives ou dans les interactions sociales.

En 2023, une étude publiée dans PLOS One a examiné les performances des participants à une tâche de traitement visuel global et local. Les auteurs rapportent que certains profils PCM présentent des différences dans le traitement des informations visuelles, suggérant une variabilité interindividuelle des modes d'attention compatible avec les hypothèses du modèle[20].

Une étude publiée en 2024 dans Frontiers in Psychology a évalué la production d’idées créatives au moyen d’une tâche expérimentale standardisée. Selon ses résultats, les performances varient en fonction du type de "Base"PCM. Les auteurs suggèrent que le modèle pourrait servir de cadre pour étudier les différences individuelles dans certains processus créatifs[21].

Une étude publiée en 2025 dans Cognition and Emotion a mesuré la conductance cutanée de participants lors d’échanges expérimentaux. Les réactions émotionnelles varient selon le mode de communication et le type de "Base", ce qui suggère, selon les auteurs, une influence de la personnalité sur la dynamique des interactions[22].

Critiques

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Piet van der Ploeg, enseignant à l'université des sciences appliquées d'Amsterdam, déplore en 2016 que les études sur lesquelles s'appuient ses défenseurs soient souvent introuvables ou inaccessibles, et que les études vérifiables soient généralement peu fiables ou n'étayent pas l'efficacité de la méthode[23].

L'étude de Hawking (1995), menée dans trois écoles, ne trouve aucune différence significative dans deux d'entre elles, ni pour les garçons dans aucune des trois[24]. L'étude Appold (2006) conclut quant à elle que la sensibilisation au PCM n'a pas été suffisante pour produire des résultats fiables[25]. Concernant l'étude de Sheehey, van der Ploeg note l'absence de groupe de contrôle[26].

Van der Ploeg relève également que Kahler cite l'étude de Wallin (1992) en en déformant les conclusions : là où Wallin établit que la note d'un élève est influencée par sa personnalité, son sexe et son origine ethnique, Kahler reformule ce résultat pour y introduire la notion de différence de structure de personnalité entre enseignant et élève, absente du texte original. Van der Ploeg en conclut que "si les partisans estiment nécessaire d'amplifier et de déformer les résultats de la recherche scientifique, alors il y a manifestement un manque de preuves positives"[27].

Notes et références

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  1. ↑ Gelin et Truong 2010, p. 70
  2. ↑ (en) Taibi Kahler et Hedges Capers, « The Miniscript », Transactional Analysis Bulletin, vol. 4, no 1,‎ , p. 26–42 (ISSN 0041-1051, DOI 10.1177/036215377400400110, lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ (en) Taibi Kahler, « Drivers: The Key to the Process of Scripts », Transactional Analysis Bulletin, vol. 5, no 3,‎ , p. 280–284 (ISSN 0041-1051, DOI 10.1177/036215377500500318, lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 19.
  5. ↑ (en) Taibi Kahler, « The Annual Eric Berne Memorial Scientific Award Acceptance Speech », Transactional Analysis Bulletin, vol. 8, no 1,‎ , p. 2–4 (ISSN 0041-1051, DOI 10.1177/036215377800800101, lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 17.
  7. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 16.
  8. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 19-20.
  9. ↑ (en-US) « Types of Personality - PCM® », sur processcommodel.com (consulté le ).
  10. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 21.
  11. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 22.
  12. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 28.
  13. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 35.
  14. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 24.
  15. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 41.
  16. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 42.
  17. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 43-44.
  18. ↑ Becquereau et Nélaton 2015, p. 44-45.
  19. ↑ Collignon 2010, p. 66.
  20. ↑ (en) Sixtine Lefebvre et Virginie Beaucousin, « Seeing the forest or the tree depends on personality: Evidence from process communication model during global/local visual search task », PLOS One, Public Library of Science, vol. 18, no 4,‎ , e0284596 (ISSN 1932-6203, PMID 37083695, PMCID 10121018, DOI 10.1371/journal.pone.0284596, lire en ligne, consulté le )
  21. ↑ (en) Sixtine Lefebvre et Anaëlle Camarda, « Creative ideas generation and personality: evidence from process communication model », Frontiers in Psychology, Frontiers, vol. 15,‎ (ISSN 1664-1078, DOI 10.3389/fpsyg.2024.1403714, lire en ligne, consulté le )
  22. ↑ Sixtine Lefebvre et Virginie Beaucousin, « Emotional responses during communicational comfort: the effect of personality through the prism of process communication model », Cognition and Emotion, Routledge, vol. 40, no 1,‎ , p. 157–171 (ISSN 0269-9931, DOI 10.1080/02699931.2025.2487521, lire en ligne, consulté le )
  23. ↑ (en) Piet van der Ploeg, « Nonsense-based education and self-disqualification. Illustrated by the Process Communication Model », sur academia.edu, (consulté le ).
  24. ↑ (en) David Hawking, The Effects of Process Communication Model Training on Teacher Behavior and Student Achievement: A Comparison of Three Schools
  25. ↑ (en) Piet van der Ploeg, Nonsense‐based education and self‐disqualification, p. 6
  26. ↑ (en) Piet van der Ploeg, Nonsense‐based education and self‐disqualification, p. 5
  27. ↑ (en) Piet van der Ploeg, Nonsense‐based education and self‐disqualification, p. 8

Bibliographie

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  • (en) Sixtine Lefebvre et Virginie Beaucousin, « Emotional responses during communicational comfort: the effect of personality through the prism of process communication model », Cognition & Emotion,‎ (DOI 10.1080/02699931.2025.2487521)
  • (en) Sixtine Lefebvre et Anaëlle Camarda, « Creative ideas generation and personality: evidence from process communication model », Frontiers in Psychology,‎ (DOI 10.3389/fpsyg.2024.1403714)
  • (en) Marion I. Andrew, Stephen Wilkinson, Nicole Wylie et Amy Salter, « Evaluation of Process Communication Model training for surgeons and other healthcare professionals: a survey », ANZ Journal of Surgery,‎ (DOI 10.1111/ans.16351)
  • L. Trouvé, F. Mouriaux, A. Boulogne, A. Lejay, L. Dormégny, S. Kuntz, A. Sauer, D. Gaucher, N. Chakfé et T. Bourcier, « How do patients define a good ophthalmologist? A survey from an academic medical center in France », Journal Français d'Ophtalmologie,‎ (DOI 10.1016/j.jfo.2024.104354)
  • (en) Raluca Corina Oprea, Frédéric Andersson, Valérie Gissot, Thomas Desmidt, Marta Siragusa, Laurent Barantin, Patrice Dubourg et Wissam El-Hage, « Neural correlates of communication modes in medical students using fMRI », Brain Imaging and Behavior,‎ (DOI 10.1007/s11682-025-00985-z)
  • (en) Sixtine Lefebvre et Virginie Beaucousin, « Seeing the forest or the tree depends on personality: Evidence from process communication model during global/local visual search task », PLOS ONE,‎ (DOI 10.1371/journal.pone.0284596)
  • (en) Anna Hady, « Building relationships at school by responding to the individual needs of students and teachers using the Process Communication Model », Educational Transactional Analysis Journal,‎ (DOI 10.16926/eat.2020.09.03, lire en ligne)
  • (en) Ensejam Alkipsy, Edwin Hanston et Valliappan Raju, « Comprehending the Value of Process Communication Model (PCM): in the Context of Management, Personal, Inter-Culture and Scientific Perspectives », Journal of Reproducible Research, vol. 1, no 1,‎ , p. 103-108 (lire en ligne)
  • (pl) Agnieszka Woś-Szymanowska, « Process Communication Model – skuteczne narzędzie wspierające edukację », Edukacyjna Analiza Transakcyjna, vol. 7,‎ , p. 15-26 (DOI 10.16926/eat.2018.07.01)

Bibliographie complémentaire

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  • Jérôme Lefeuvre, Découvrir la Process Communication,  éd. InterÉditions, 2009
  • Gérard Collignon et Pascal Legrand, Coacher avec la Process Com,  éd. InterÉditions
  • Jérôme Lefeuvre, S'entraîner à la Process Communication au quotidien,  éd. InterÉditions
  • Yves Constantinidis, Communiquer sans stress avec la Process Com,  éd. Eyrolles, 2016
  • Brigitte Esnoult et Pascal Legrand, Bien communiquer par son look, La Process Com Image,  éd. InterÉditions, 2010
  • Taibi Kahler, Communiquer, motiver, manager en personne,  éd. InterÉditions, 2009
  • Taibi Kahler, Le grand livre de la Process Thérapie, éd. Eyrolles, 2010
  • Taibi Kahler, le miniscénario, éd Le journal de l'analyse transactionnelle, 1974
  • Christian Becquereau, Process Com pour les Managers,  éd. Eyrolles, 2011 - 2e édition
  • Eric Berne, Que dites-vous après avoir dit bonjour, éd. Tchou, 2006
  • Eric Berne, Amour, sexe et relations, éd Analyse Transactionnelle, 2010

Liens externes

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