Projet Panama
Le projet Panama est une opération de numérisation destructive de livres lancée début 2024 par la société américaine d'intelligence artificielle Anthropic. Le projet Panama vise à développer un ensemble de données de livres pour l'entraînement des grands modèles de langage d'Anthropic[1],[2].
Avant le projet Panama, l'entreprise Anthropic utilisait des livres piratés et a été poursuivie en justice, acceptant en 2025 de payer 1,5 milliard de dollars dans le cadre d'un règlement à l'amiable[1]. Le recours collectif en matière de droits d’auteur a révélé, grâce à des documents judiciaires descellés, l’existence du projet Panama, décrit en interne comme un « effort visant à numériser de manière destructive tous les livres du monde »[1]. Le juge américain William Alsup a statué que l'utilisation de livres numérisés de cette manière entrait dans le cadre du fair use au regard du droit américain[3].
Contexte
modifierAvant le projet Panama, Anthropic avait obtenu des millions d'œuvres numérisées grâce aux bibliothèques clandestines. Selon les documents judiciaires, Anthropic a eu recours à Books3, LibGen et Pirate Library Mirror à cette fin, et aurait ainsi acquis jusqu'à 7 millions de livres[4],[5].
En 2025, Anthropic a conclu un accord à l'amiable avec Libgen et Pirate Library Mirror pour un montant de 1,5 milliard de dollars américains pour le piratage de 482 460 livres, et a accepté de détruire toutes les copies restantes de ces livres[4]. Les auteurs auraient reçu de l'ordre de 3 000 dollars américains par livre dans le cadre de cet accord[4].
Fonctionnement
modifierLe projet Panama a été lancé début 2024, dans le but de « numériser de manière destructive tous les livres du monde »[1]. Anthropic a acheté des millions de livres d'occasion auprès de détaillants en ligne tels que Better World Books, World of Books et Zoom Books. L'entreprise a ensuite découpé leurs reliures et scanné leurs pages afin d'entraîner son agent conversationnel Claude[6],[1],[3],[5],[7]. Ce procédé impliquait alors l’utilisation de découpeuses hydrauliques pour le retrait de la reliure et de scanners de documents à grande vitesse. Le papier était ensuite recyclé[7],[8].
Le jeu de données ainsi collecté a ensuite été conservé à titre privé et utilisé uniquement pour entraîner des modèles de langage[5]. Selon le document de planification du projet Panama, Anthropic ne « voulait pas que l’on sache qu’[elle travaillait] sur ce projet »[1],[5],[7].
Dans le cadre du même règlement amiable conclu en 2025, le juge William Alsup a statué que la destruction et la numérisation de livres achetés légalement constituaient un usage loyal (fair use), contrairement à l'utilisation antérieure par Anthropic de copies piratées[1],[3].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Aaron Schaffer, Will, « Inside an AI start-up's plan to scan and dispose of millions of books », The Washington Post, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (en) « A ‘bananas’ order for 5,000 obscure titles from a bookshop in Galway fuels suspicion », The Irish Times, (consulté le )
- 1 2 3 (en) Edwards, « Anthropic destroyed millions of print books to build its AI models » [archive du ], Ars Technica, (consulté le )
- 1 2 3 Merket, « Everything we know about how Anthropic's Project Panama scanned millions of books », runtimewire,
- 1 2 3 4 da Costa, « "We Don’t Want It to Be Known": Inside Anthropic’s Secret Plan to Destroy & Scan World Literature », Gadget Review,
- ↑ (en-GB) « Secondhand book sales are booming. Is it because of AI? », BBC News, (consulté le )
- 1 2 3 Chartier, « The Vanishing Page: AI Firms Scan Then Destroy Rare Book Editions », Dallas Express,
- ↑ Kathryn James, « Why is Anthropic destroying books? », The Guardian, (lire en ligne, consulté le )
Articles connexes
modifier- VGT3 : Opération d'Amazon menée à Las Vegas, Névada, États-Unis d'Amérique