Proteles cristata

espèce de mammifère de

Protèle à crête, Protèle de Lalande

Proteles cristata
Description de cette image, également commentée ci-après
Un protèle à crête en Namibie.
Classification
Règne Animalia
Sous-règne Eumetazoa
Super-embr. Deuterostomia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Famille Hyaenidae
Sous-famille Protelinae
Genre Proteles

Espèce

Proteles cristata
(Sparrman, 1783)

Répartition géographique

Description de l'image Aardwolf verspreiding in Suider-Afrika.PNG.

Synonymes

Proteles cristata, le Protèle à crête ou Protèle de Lalande, est une espèce de mammifère de l’ordre des carnivores de la famille des Hyénidés.

Dénominations

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Taxonomie

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Protèle de Lalande (Proteles lalandii) dans Compléments de Buffon, par P. Lesson, 1838.

Longtemps considéré comme la sous-espèce nominale (Proteles cristatus cristatus) d'une espèce unique de protèle, des études génomiques publiées en 2021 suggèrent que cette population d'Afrique australe constitue une lignée distincte de celle d'Afrique de l'Est (P. c. septentrionalis). Cette divergence génétique justifie potentiellement une élévation au rang d'espèce à part entière pour le taxon austral[5].

Description

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Le Protèle à crête est un hyénidé de taille moyenne, d'allure légère, comparable en gabarit à un chacal. La longueur tête-corps varie de 55 à 80 cm, à laquelle s'ajoute une queue touffue de 19 à 28 cm se terminant par une large pointe noire. La hauteur au garrot est comprise entre 47 et 50 cm. Le poids oscille généralement entre 7,7 et 13 kg, sans dimorphisme sexuel marqué[6].

Son pelage hirsute, qui devient plus dense et volumineux en hiver, est caractérisé par une longue crinière érectile courant de l'arrière de la tête jusqu'au bout de la queue. La robe varie du chamois pâle au gris-jaunâtre et présente 4 à 6 rayures verticales étroites (brun clair à noir) sur le corps, ainsi que des rayures horizontales irrégulières sur le haut des membres. La tête évoque celle d'un chien, avec un museau large, nu et gris-noir, de grands yeux et de grandes oreilles pointues, blanc à l'avant et brun-noir au verso. Le cou est long et musclé, parfois tacheté ou rayé de noir[6].

Morphologiquement, le dos est incliné car les pattes antérieures sont plus longues que les postérieures. Les membres sont construits légèrement. Les pieds, de petite taille et de couleur noire, possèdent cinq orteils à l'avant contre quatre à l'arrière. Les femelles disposent de deux paires de tétines inguinales[6].

Écologie et comportement

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Alimentation

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Exclusivement insectivore, ce protèle se nourrit presque uniquement de termites du genre Trinervitermes, complétant parfois son régime avec Hodotermes mossambicus. Contrairement aux autres hyénidés, il a perdu les mâchoires puissantes et les molaires broyeuses d'os ; ses dents sont trop petites pour mastiquer la viande. Il a développé des adaptations spécifiques à la myrmécophagie : une langue large dotée de papilles spéciales, de grandes glandes salivaires et un estomac musclé. Il ne creuse pas le sol mais lèche les insectes à la surface. Il est largement indépendant de l'eau, obtenant l'humidité nécessaire via les termites[6].

Comportement social

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L'animal est principalement nocturne. Bien que socialement monogame, partageant un territoire de 1 à 6 km2 avec un partenaire, il fourrage seul. Le système de reproduction est en réalité polygame, avec de nombreuses copulations hors couple durant la brève période de reproduction hivernale. Le territoire est défendu agressivement par le couple et marqué par les sécrétions des glandes anales. Les fèces sont enterrées dans des latrines spécifiques[6].

En cas de menace, le protèle hérisse sa crinière, ce qui double presque sa taille apparente. Il est capable d'émettre un rugissement féroce, un aboiement explosif ou un grondement profond pour dissuader les agresseurs. La communication olfactive par marquage est prédominante[6].

Reproduction

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La saison de reproduction a lieu durant l'hiver austral, principalement la seconde moitié de juin et la première moitié de juillet, lorsque les ressources alimentaires sont faibles. La gestation dure environ 90 jours. La femelle met bas une portée de 2 à 5 petits (généralement entre mi-septembre et décembre) dans une tanière, souvent un terrier d'oryctérope ou de springhaas réaménagé[6].

Le mâle joue un rôle actif dans l'élevage en gardant la tanière contre les prédateurs, notamment le Chacal à chabraque (Canis mesomelas), qui s'attaque aux petits non surveillés. Les jeunes émergent au bout d'un mois, commencent à fourrager avec un adulte entre 12 et 16 semaines, sont sevrés à 4 mois et deviennent indépendants vers un an. La maturité sexuelle est atteinte à 24 mois. L'espérance de vie est de 12 ans dans la nature et jusqu'à 15 ans en captivité[6].

Répartition et habitat

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Le Protèle à crête est endémique de l'Afrique australe. Son aire de répartition comprend l'Angola, le Botswana, le Mozambique, la Namibie, l'Afrique du Sud, l'Eswatini, la Zambie et le Zimbabwe. Sa présence au Lesotho n'a pas été confirmée récemment mais reste probable[6].

Il fréquente les plaines herbeuses ouvertes où l'abondance de termites est élevée, ainsi que la plupart des habitats recevant une pluviométrie annuelle moyenne comprise entre 100 et 600 mm. Il est absent des forêts, des zones boisées denses (notamment à Baikiaea) et des déserts absolus[6].

Statut de conservation

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Classé comme Préoccupation mineure (LC) par l'UICN, sa population est considérée comme stable. Il figure à l'Annexe III de la CITES (au Botswana). Les principales menaces incluent la perte d'habitat due à l'urbanisation et à l'expansion de l'agriculture industrielle. L'utilisation d'insecticides pour la lutte anti-acridienne (contre les criquets) constitue un danger majeur, provoquant des empoisonnements secondaires mortels pour l'espèce[6].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  2. ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  3. Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, (436)
  4. Joseph-Raymond Plassan, Bulletin des sciences, Paris, Société philomathique de Paris, 1823-1824, 353 p. (lire en ligne)
  5. (en) Rémi Allio, Marie-Ka Tilak, Celine Scornavacca, Nico L Avenant, Andrew C Kitchener, Erwan Corre, Benoit Nabholz et Frédéric Delsuc, « High-quality carnivoran genomes from roadkill samples enable comparative species delineation in aardwolf and bat-eared fox », eLife, vol. 10, , article no e63167 (ISSN 2050-084X, PMID 33599612, PMCID 7963486, DOI 10.7554/eLife.63167, lire en ligne Accès libre)
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en) José R. Castelló, Felids and Hyenas of the World : Wildcats, Panthers, Lynx, Pumas, Ocelots, Caracals, and Relatives, Princeton University Press, (ISBN 9780691205977)

Voir aussi

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Espèce sous le nom Proteles cristata

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