Psychopolitique
La psychopolitique, qui ne doit pas confondu avec la psychologie politique, est un champ de recherche en science sociale qui aborde les aspects psychiques et politiques dans les relations humaines[1]. À l'ère du numérique et des médias de masse, elle désigne de nouvelles techniques de pouvoir[2] pratiquées par les industries culturelles et cognitives qui détiennent la capacité de formaliser, contrôler, transformer et soumettre ce qui relève de l'esprit, par le moyen des technologies informationnelles et communicationnelles[3]. Bernard Stiegler voit dans la psychopolitique des « psychotechnologies totalement et hégémoniquement contrôlées par une organisation industrielle de dispositifs rétentionnels mis au service exclusif d’un marketing sans vergogne »[4]
Le terme fut inventé en 1955 par Lavrent Pavlovich Beria, chef de l'organisme précurseur du KGB, puis dénoncé largement et présenté par Kenneth Goff, ex-agent communiste, avant d'être évoqué dans un livre de l’Église de scientologie, attribué par certains à L. Ron Hubbard. Il est précurseur du terme neuropouvoir[5], neuromarketing et Neuroéconomie.
Notes et références
modifier- ↑ Marcela Iacub, Jacques Lévy. Qu’est-ce que la psychopolitique ?. 2023. halshs-04196135v2�
- ↑ Byung-Chul Han, Psychopolitique : Le néolibéralisme et les nouvelles techniques de pouvoir (trad. O. Mannoni). Paris, Éditions Circé, 2014.
- ↑ Bernard Stiegler, Philippe Petit et Vincent Bontems, Economie de l'hypermatériel et psychopouvoir: entretiens avec Philippe Petit et Vincent Bontems, Mille et une nuits, (ISBN 978-2-84205-945-3, lire en ligne)
- ↑ Bernard Stiegler, « L'époque du psychopouvoir... entre la honte et le mépris », La pensée de midi, vol. 2425, no 2, , p. 59–69 (ISSN 1621-5338, DOI 10.3917/lpm.024.0059, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Bernard Stiegler, « Du psychopouvoir au neuropouvoir », dans Le Sujet Digital, Presses universitaires de Paris Nanterre, coll. « La Grande Collection ArTeC », , 42–60 p. (ISBN 978-2-84016-470-8, lire en ligne)
