Pyramide de Noubkheperrê Antef

La pyramide de Noubkheperrê Antef est un tombeau de l'Égypte antique construit à Dra Abou el-Naga, dans la nécropole thébaine, en face de la ville actuelle de Louxor. Il s'agit de la tombe du pharaon de la XVIIe dynastie Noubkheperrê Antef[1].

Pyramide de Noubkheperrê Antef
Pyramides d'Égypte
Localisation
Commanditaire
Construction
XVIIe dynastie[1] (XVIe siècle av. J.-C.)
Type
Hauteur
11 mètres[3]
Base
10 mètres [3]
Inclinaison
66°[3]
Coordonnées
Carte

Description

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Le tombeau de Noubkheperrê Antef est situé dans la partie nord de la nécropole de Dra Abou el-Naga, dans la nécropole thébaine, près des tombes TT13 et TT232. Il a été édifié durant la XVIIe dynastie (XVIe siècle av. J.-C.) pour le pharaon Noubkheperrê Antef[4]. Le tombeau est un hémi-spéos comprenant un couloir et une chambre funéraire creusés dans la roche et une pyramide construite au dessus[5].

Illustration de l'un des deux obélisques perdus du complexe funéraire de Noubkheperrê Antef.

La pyramide, aujourd'hui très endommagée, fut construite au pied de falaises rocheuses de Dra Abou el-Naga, recouvrant au passage un puits funéraire antérieur (K02.2)[6]. La pyramide mesurait à l'origine 10 mètres de côté pour 11 mètres de haut, soit une inclinaison de 66°. Elle était construite en brique crue, pour les 1 à 1,5 mètres d'épaisseur extérieurs, autour d'un cœur composé d'un amas de morceaux de calcaire[3]. La pyramide était située au centre d'une cour de forme plus ou moins carré, d'environ 20 mètres de côté, assez irrégulière en raison des contraintes du terrain. Cette cour était entourée d'un mur d'enceinte en brique crue recouvert de plâtre blanc assez bien conservé[6]. L'emplacement assez peu approprié choisi par Noubkheperrê Antef pour construire son complexe funéraire associé à la présence du puits funéraire K02.2 au centre de la pyramide suggèrent une certaine importance de ce puits. La pyramide aurait été édifiée intentionnellement au dessus du puits K02.2, le rendant totalement inaccessible. Ce puits date de la XIIIe dynastie mais son propriétaire est malheureusement inconnu, tout comme sa relation potentielle avec Noubkheperrê Antef[7].

Au pied de la pyramide se trouve l'entrée du puits funéraire de Noubkheperrê Antef (K01.9). Un couloir s'enfonce à 7 mètres de profondeur et conduit à une chambre funéraire. Celle-ci contient une cavité sculptée dans le sol permettant d'accueillir un cercueil[6].

Le complexe funéraire comprenait également deux petits obélisques en grès (aujourd'hui perdus), un mesurant 3,50 mètres de haut, l'autre 3,70 mètres[5]. L'emplacement d'origine de ces obélisques est inconnu mais la base de l'un d'entre eux a été retrouvée en face de la pyramide[6].

Histoire

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L'entrée de la tombe de Shouroy, juste devant la pyramide de Noubkheperrê Antef.

Ce tombeau était connu avant sa découverte par une mention dans le papyrus Abbott. Ce document, datant de la XXe dynastie, relate que les autorité de l'époque inspectèrent le tombeau, craignant un pillage, mais que celui-ci était intact. Le papyrus Abbott fut traduit en 1859 par Samuel Birch. Par chance pour les égyptologues, le papyrus rapportait que le tombeau inspecté était situé près de la tombe de Shouroy (TT13), déjà identifié à l'époque. Cette information permis à Auguste Mariette de découvrir le tombeau de Noubkheperrê Antef[8] dès l'année suivante[8],[1].

Néanmoins, le tombeau de Noubkheperrê Antef avait été découvert et pillé par les habitants des environs quelques décennies auparavant, en 1827. Il est fort possible que le tombeau ait en fait échappé au pillage durant toute la période entre son inspection à la XXe dynastie et les années 1820. De tout le contenu du tombeau, les égyptologues parvinrent seulement à retrouver le cercueil du pharaon (vendu en 1835 au British Museum par Henry Salt via Giovanni d'Athanasi) et un diadème en argent (vendu en 1828 au musée des Antiquités de Leiden par Giovanni d'Anastasi)[9].

Les obélisques du tombeau de Noubkheperrê Antef furent dégagés par Henry Villiers-Stuart en 1879[5]. Deux ans plus tard, Gaston Maspero entrepris de les transporter vers le musée de Boulaq du Caire mais ceux-ci sombrèrent dans le Nil en chemin, près de Gamuleh[5],[8].

Possible reconstruction de la pyramide de Noubkheperrê Antef.

Dans les années qui suivirent, la localisation exacte du tombeau de Noubkheperrê Antef fut perdue. Herbert Eustis Winlock qui visita le site durant l'hiver 1919-1920 identifia le tombeau de Shouroy mais ne trouva pas trace des vestiges de la pyramide. Winlock écrivit quelques années plus tard que la publication des travaux de Mariette à Dra Abou el-Naga fut réalisée de manière aussi médiocre que les fouilles avaient était exécutées de manière brillante[10].

La pyramide de Noubkheperrê Antef fut finalement retrouvée en 2001 par l'équipe de Daniel Polz de l'Institut archéologique allemand. Comme Mariette plus d'un siècle auparavant, les archéologues allemands s'appuyèrent sur le papyrus Abbott et fouillèrent les alentours du tombeau de Shouroy pour retrouver les vestiges de la pyramide perdue[8]. La même équipe retrouva en 2003 les fragments du pyramidion en fouillant les environs[11].

Notes et références

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Bibliographie

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  • Auguste Mariette, Monuments divers recueillis en Égypte et en Nubie, Paris, F. Vieweg, (lire en ligne)
  • (en) Herbert E. Winlock, « The Tombs of the Kings of the Seventeenth Dynasty at Thebes », Journal of Egyptian Archaeology, vol. 10, nos 3/4,‎ , p. 217-277 (lire en ligne)
  • (en) Herbert E. Winlock, The Rise and Fall of the Middle Kingdom in Thebes, New York, Macmillan Company, (lire en ligne)
  • (en) Bertha Porter, Rosalind Moss et Ethel W. Burney, Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Text, Reliefs, and Paintings, vol. I : The Theban Necropolis, Part 2: Royal Tombs & Smaller Cemeteries, Oxford, Clarendon Press, , 2e éd. (ISBN 9780900416101, lire en ligne)
  • (en) Daniel Polz, « The pyramid complex of Nubkheperre Intef », Egyptian Archaeology, no 22,‎ , p. 12-15 (lire en ligne)
  • (en) Daniel Polz, « The Royal and Private Necropolis of the Seventeenth and Early Eighteenth Dynasties at Dra’ Abu el-Naga », dans Khaled Daoud, Shafia Bedier et Sawsan Abd El-Fatah (dir.), Studies in honor of Ali Radwan, vol. II, Le Caire, Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, coll. « Cahiers suppléments aux Annales du service des antiquités de l'Égypte », (ISBN 9773058263, lire en ligne), p. 233-245
  • (en) Daniel Polz et Ina Eichner, « The necropolis of Dra’ Abu el-Naga at Thebes: A preliminary report of the 14th season (2004–2005) », dans Annales du Service des Antiquités de l'Egypte, t. 80, Le Caire, Publications du Conseil Supreme des Antiquites de l'Egypte, (ISBN 9774372956, lire en ligne), p. 299-310
  • (en) Daniel Polz, « New archaeological data from Dra‘ Abu el-Naga and their historical implications », dans Marcel Marée (dir.), The Second Intermediate Period (Thirteenth-Seventeenth Dynasties): Current Research, Future Prospects, Leuven, Paris et Walpole, Peeters Publishers, coll. « Orientalia Lovaniensia Analecta », (ISBN 9789042922280, lire en ligne), p. 343-353
  • (en) Daniel Polz, Ute Rummel, Ina Eichner et Thomas Beckh, « Topographical archaeology in Dra’ Abu el-Naga: Threethousand years of cultural history », Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts Kairo, vol. 68,‎ , p. 115-134 (lire en ligne)
  • (en) Daniel Polz et Ute Rummel, « The Archaeological Investigations in Dra‘ Abu el-Naga », dans André J. Veldmeijer (dir.), Sailors, Musicians and Monks: The Leatherwork from Dra‘ Abu el Naga (Luxor, Egypt), Leiden, Sidestone Press, (ISBN 9789088904158, lire en ligne), p. 8-19
  • (de) Daniel Polz, Isa Böhme, Susanne Michels et Christine Ruppert, « Dra' Abu el-Naga, Ägypten. Untersuchungen zu Formation und Entwicklung einer oberägyptischen Residenznekropole. Die Arbeiten der Jahre 2017 und 2018 », eForschungsberichte des Deutsches Archäologisches Institut, vol. 2,‎ , p. 13–20 (lire en ligne)

Liens externes

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