Le Pèlerin (magazine)
Le Pèlerin est un hebdomadaire français d’actualité et de culture d’inspiration chrétienne, fondé en 1873 par les Assomptionnistes. Il est édité par Bayard Presse dont il est le titre fondateur. Initialement consacré aux pèlerinages catholiques et marqué à ses débuts par une ligne éditoriale militante et conservatrice, le journal a connu une évolution importante au cours du XXe siècle. Après la Seconde Guerre mondiale puis à la suite du concile Vatican II, il s’oriente progressivement vers un catholicisme plus social et une approche plus généraliste des sujets d’actualité. Aujourd’hui, Le Pèlerin traite de l’actualité, de la spiritualité, du patrimoine et des initiatives locales, avec une ligne éditoriale centrée sur les valeurs humaines et chrétiennes.
| Pays | France |
|---|---|
| Langue | Français |
| Périodicité | 1 semaine |
| Prix au numéro | 4,9 € |
| Diffusion | 126 173 ex.(2019) |
| Fondateur | Augustins de l'Assomption |
| Date de fondation | |
| Éditeur | Bayard Presse |
| Ville d’édition | Paris |
| Propriétaire | Bayard Presse |
|---|---|
| Rédacteur en chef | Claire Chartier (d) |
| ISSN | 0764-4663 |
| OCLC | 60379519 |
| Site web | www.lepelerin.com |
Histoire
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Créé une première fois en par la Congrégation des Assomptionnistes, Le Pèlerin est relancé en par Vincent de Paul Bailly sous la raison sociale de « Maison de la bonne presse » (ou éditions de la Bonne Presse). Ces premières livraisons contiennent des textes résolument militants à tendance très conservatrice, visant Jules Ferry (et ses lois scolaires régulant l’école primaire), les parlementaires, les franc-maçons et les Juifs (cf. ci-contre, une du ). Le numéro est vendu à 15 centimes. L’adresse est au 1 de la rue François 1er. Le visuel de couverture représente, au centre, la Vierge couronnée tenant Jésus enfant, juchée sur une sphère, encadrés par une vue de Jérusalem et de Rome, le tout surmontée par une devise en latin, adveniat regnum tuum (« que ton règne vienne », abrégée ART), qui est celle des Assomptionnistes[1]. Consacré initialement à la question des pèlerinages catholiques (Notre-Dame de La Salette, Lourdes, etc.), il se présente alors comme une sorte de bulletin catholique de liaison, évoquant également plusieurs aspects liés à ces mouvements. Les fondateurs visent deux objectifs : contribuer au mouvement de restauration religieuse et sociale et affirmer une présence catholique dynamique à travers des manifestations de masse (pèlerinages, enseignements, presse, etc.).
Bailly engage à la fin des années 1880 le caricaturiste Achille Lemot, qui va peu à peu remplacer Louis Montégut (1855-1906). En 1894, c’est lui qui inaugure la 4e de couverture, un dessin pleine page, de nature politique. Ces illustrations, sous le format de la caricature politique, diffusent l’idéologie catholique dominante du temps, notamment marquée par une hostilité à la laïcité et à la République, ainsi que par l'antisémitisme et l'anti-maçonnisme[1]. Cette ligne éditoriale virulente se renforce durant l'affaire Dreyfus, largement citée dans les dessins d'Achille Lemot. Ceux-ci reprennent des stéréotypes racistes et antisémites, que l'on retrouve dans d'autres publications comme La Libre Parole du journaliste et polémiste antisémite Édouard Drumont. En 1896, le titre adopte l’impression en couleurs, augmente le nombre d’illustrations et tire à près de 150 000 exemplaires ; en 1900, le tirage passe à 200 000. Cette dernière page est après 1909, dessinée par entre autres Amédée Vignola, Henri Genévrier (dit Grand’Aigle) et Gabriel Gobin ; le ton évolue après 1918 vers un anti-communisme, le magazine salue la victoire du franquisme en Espagne[1].
Après la Seconde Guerre mondiale, le journal évolue progressivement vers un catholicisme plus social, en phase avec les mutations de la société française. Il s’est peu à peu intéressé à des sujets de société comme l'aménagement du territoire, les mesures sociales ou l'évolution des mœurs[2]. Le concile Vatican II (1962–1965) marque un tournant. Le Pèlerin s’ouvre davantage aux questions de société, à la modernité, et adopte un ton moins militant et plus généraliste. Il devient un hebdomadaire d’actualité, tout en gardant une identité chrétienne[3],[4]. À partir des années 1980, la ligne éditoriale s’élargit à l’actualité générale, avec une attention particulière portée aux valeurs humaines, au patrimoine, à la spiritualité, et aux initiatives locales. Le journal introduit des rubriques variées (bandes dessinées, feuilletons, reportages) et une maquette plus moderne.
Contenu et ligne éditoriale
modifierLe journal a changé plusieurs fois de noms depuis sa création en 1873. D'abord nommé Le Pèlerin[5] (1873-1963), il est ensuite renommé Le Pèlerin du XXe siècle[6], puis de nouveau Le Pèlerin[7] (1976-1984), Pèlerin Magazine[8] (1984-2004), Pèlerin[9] (2004-2019), et enfin retour au nom d'origine Le Pèlerin depuis 2019. La couverture est alors titrée Le Pèlerin, l’actu à visage humain. Sa position politique actuelle peut être qualifiée de chrétienne sociale et humaniste[10]. Sa ligne éditoriale allie actualité et réflexion spirituelle avec une attention particulière portée aux valeurs humaines et chrétiennes.
L’histoire du Pèlerin est jalonnée de rubriques populaires qui ont fait sa notoriété : la Lettre du balayeur, où un Français moyen exprime avec humour son opinion de la semaine écoulée ; des bandes dessinées comme Pat’Apouf Détective de Gervy, Astérix le Gaulois de Goscinny et Uderzo, Tanguy et Laverdure de Charlier et Uderzo ou Jep Reporter de Jorge Domenech et Olivé ; un feuilleton souvent à qualité littéraire (Belle du Seigneur) ou éducative (science-fiction sur fond historique) et longtemps une quatrième de couverture à titre sur fond jaune, illustrée, et rappelant tel ou tel fait de société, ou de courage individuel.[réf. nécessaire]
Une nouvelle formule du Pèlerin est mise en place depuis le par Samuel Lieven, son directeur de la rédaction[11]. Elle s’articule notamment autour de quatre cahiers thématiques détachables[11] : Marches et pèlerinages, Histoire et patrimoine, Initiatives en régions, Spiritualité. Son site web est articulé autour de ces quatre communautés. Sa maquette, entièrement renouvelée, fait la part belle à l’actualité, au récit et au photojournalisme[11].
Diffusion
modifierEn moyenne en 2025-2026, le magazine Le Pèlerin est diffusé d’après l’ACPM à 70 503 exemplaires payés en France et l'audience globale de la marque Le Plèlerin est de 460 000 personnes[12]. La diffusion se fait 98,77 % (2025-2026) par le biais d’abonnements[12]. Malgré une baisse régulière de sa diffusion papier, comme l’ensemble de ses confrères, Le Pèlerin se revendique le premier hebdomadaire catholique d’actualité en France. Une version numérique est disponible sur abonnement[13].
| Année | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Diffusion | 270 676 | 256 453 | 242 366 | 227 176 | 217 745 | 202 665 | 188 793 | 177 662 | 167 681 | 158 215 | 148 845 | 137 962 | 126 173 | 108 061 | 98 012 | 89 670 | 81 619 | 73 885 |
Notes et références
modifier- 1 2 3 « Le Pèlerin : la caricature de combat au service des catholiques intransigeants », sur caricaturesetcaricature.com, (consulté le ).
- ↑ Hervieu-Léger 1999, p. 120-150.
- ↑ Hervieu-Léger 1999, p. 150–180.
- ↑ René Rémond, « Le catholicisme français pendant la seconde guerre mondiale », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 64, no 173, , p. 203–213 (DOI 10.3406/rhef.1978.1620, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (BNF 34382177).
- ↑ (BNF 34348980).
- ↑ (BNF 34382178).
- ↑ (BNF 34394222).
- ↑ (BNF 39139219).
- ↑ Hervieu-Léger 1999, p. 45–60.
- 1 2 3 Emmanuelle Giuliani, « Un nouveau « Pèlerin » pour un nouveau lien avec ses lecteurs », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 « ACPM », sur acpm.fr (consulté le ).
- ↑ « 1er hebdo chrétien d'actualité », sur lepelerin.com, (consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jacqueline et Philippe Godfrin, Une centrale de presse catholique : la Maison de la bonne presse et ses publications, Presses universitaires de France, Paris, 1965, 238 p.
- La vie littéraire en France en 1908. 4, Le Pèlerin : analyse et dépouillement des périodiques, Bibliothèque nationale, Département des périodiques, 1986, 2 vol., 463 p. (ISBN 2-7177-1725-0)
- Patrick Gaumer, « Le Pèlerin », dans Guide totem : La BD, Larousse, (ISBN 9782035051301), p. 216-217.
- Danièle Hervieu-Léger, Le Pèlerin et le converti. La religion en mouvement, Flammarion, (ISBN 2-08-080017-5)
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative à la recherche :