Pōmare V
Pōmare V, né Teri'i Tari'a Tera'atane le à Taravao et mort le à Papeete au Palais royal des Pōmare, est roi de Tahiti, de Moorea et dépendances de 1877 jusqu'à son abdication en 1880[1]. Il est le dernier monarque de Tahiti.
| Pōmare V | |
Pōmare V roi de Tahiti (1877-1880). | |
| Titre | |
|---|---|
| Roi de Tahiti et dépendances | |
| – (2 ans, 9 mois et 12 jours) |
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| Couronnement | |
| Gouverneur | Joseph Brunet-Millet Auguste d'Oncieu de la Bâthie Jacques Ferdinand Planche |
| Prédécesseur | Pōmare IV |
| Successeur | République française |
| Prince héritier de Tahiti | |
| – (21 ans, 4 mois et 7 jours) |
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| Prédécesseur | Ariʻiaue Pōmare |
| Successeur | Teri'itapunui Pōmare |
| Biographie | |
| Titre complet | Roi de Tahiti Roi de Moorea Roi de Tetiaroa Roi de Mehetia |
| Dynastie | Pōmare |
| Nom de naissance | Teriʻi Taria Teratane Pomare |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Taravao (Tahiti) |
| Date de décès | (à 51 ans) |
| Lieu de décès | Papeete (Tahiti) |
| Sépulture | Cimetière royal, Papa’oa, Arue |
| Père | Ariʻifaaite |
| Mère | Pōmare IV |
| Conjoint | Temari’i a Teurura’i Joanna Marau Ta’aroa Tepau Salmon |
| Enfants | Princesse Teri’i Nui o Tahiti Pōmare Princesse Takau Pōmare |
| Héritier | Princesse Teri’i Nui o Tahiti Pōmare |
| Religion | Protestantisme |
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| Monarques de Tahiti | |
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Fils de la reine Pōmare IV, Teriʻi Taria Teratane resta l'héritier de la Couronne tahitienne et porta le titre de prince héritier pendant plus de 20 ans. Durant le long règne de sa mère, qui vit la mise en place du protectorat français après la Guerre franco-tahitienne, il fut largement mis à l'écart des questions politiques.
Après la mort de sa mère en 1877, il devient le cinquième et dernier roi de la dynastie des Pōmare, de son couronnement en 1877 à son abdication en 1880. L’ensemble de son règne s’effectua durant la période du protectorat français. Peu investi dans les affaires du royaume, le roi finit par consentir à l'annexion du royaume par la République française en échange de conserver ses titres et les demeures de la famille royale et d’être fait officier de la Légion d’honneur.
Biographie
modifierJeunesse
modifierTeri’i Tari’a Tera’atane est le troisième fils de la reine et de son second époux le prince consort Ariʻifaaite. Il est né en 1839, trois ans avant l'arrivée des Français.
La colonisation française en Polynésie commence en mai 1842 lorsque l'amiral Abel Aubert du Petit-Thouars, chef de la flotte française en Océanie, annexe sur les conseils de Jacques-Antoine Moerenhout les îles Marquises.
Le protectorat concerne alors les îles du Vent, les îles Tuamotu et les îles Tubuai et Raivavae dans les Australes. En revanche les îles Sous-le-Vent ont été explicitement exclues du protectorat.
En 1855, il prend, à la mort de son frère aîné, le nom de Ari’i-aue tout en devenant héritier au trône de sa mère, la reine Pōmare IV.
Mariages
modifierLe 11 novembre 1857, à Huahine, le prince Ariiaue épouse Temariʻi Teuhe a Teururai, princesse de Huahine[2], fille d'Ariimate Teururai (en) et de la reine Tehaʻapapa II[3]. La Haute Cour tahitienne prononce leur divorce par un arrêt du 5 août 1861[4],[2].
Le 28 janvier 1875, au palais royal de Papeete, il épouse Joanna Marau Taaroa Tepau Salmon, fille d'Ari'itaimai SALMON, née Ari'ioehau a Tati et d'Alexander Salmon, connue par la suite sous le nom de Reine Marau. Âgée de 14 ans et 10 mois, l'épouse a obtenu une dispense d'âge le 31 décembre 1874 ; un contrat de mariage a été reçu le 26 janvier 1875 par Gustave Auguste Vincent, notaire à Papeete[4].
Le tribunal de première instance de Papeete admet leur divorce par un jugement rendu par défaut le 27 juillet 1887, le roi n'ayant comparu ni ne s'étant fait représenter[5],[6]. Le jugement n'ayant fait l'objet ni d'opposition ni d'appel, l'officier d'état civil de Papeete prononce le divorce le 25 janvier 1888 ; sommé de comparaître, le roi fait de nouveau défaut[4],[7].
Roi de Tahiti
modifierIl devint roi de Tahiti après le décès de sa mère le . Sept jours plus tard, il fut couronné à Papeete devant l'assemblée législative tahitienne convoquée pour l'occasion par l'amiral Serre.

Le nouveau roi se montre peu investi dans les affaires du royaume, lorsqu’en 1880, le premier gouverneur des Établissements français d'Océanie (EFO), Henri Chessé, soutenu par des chefs tahitiens, le pousse à abdiquer en faveur de la France, il accepte.
Le 29 juin 1880, Pōmare V signe une déclaration consacrant la réunion à la France des îles de la Société et dépendances ; elle est contresignée par quelques chefs de district et acceptée le même jour par le commissaire de la République Chessé[8],[9]. La déclaration maintient une justice indigène de district pour les affaires mineures et une juridiction locale pour les questions foncières[8]. En contrepartie, le roi obtient une pension annuelle de 60 000 francs et le financement de l'achèvement de son palais de Papeete[8]. La cession est ratifiée par la loi du 30 décembre 1880, qui ne reprend pas le maintien de la justice indigène[8],[9].
Les territoires tahitiens, réunis avec les autres possessions françaises, deviennent une colonie appelée « colonie de Tahiti » puis, à partir de 1903, « Établissements français de l'Océanie ». Le territoire conservera ce statut jusqu'en 1946, puis deviendra un territoire d'outre-mer qui changera finalement de nom en 1957 pour prendre celui de Polynésie française.

En 1887, la convention de Jarnac, signé entre la France et le Royaume-Uni en 1847 reconnaissant le protectorat français sur Tahiti, est abrogée d'un commun accord par les deux signataires. La France peut prendre en main les îles Sous-le-Vent qui étaient alors exclues de la convention et sont soumises à un protectorat en 1888. Mais l'archipel oppose une résistance tenace à la présence française, menée en particulier par le chef de Raiatea, Teraupoo. Elles n'entrent vraiment dans les EFO qu'en 1897 par leur annexion.
Les îles Gambier sont annexées en 1891, à la demande de leurs habitants. Les îles Australes encore indépendantes sont aussi annexées à la même époque : Rapa en 1867 ; Rurutu en 1900 ; Rimatara en 1901[10].
Après-règne
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Après avoir renoncé au trône, l'ex-roi reçut en contrepartie une pension de la part du gouvernement français, ainsi que les grades d'officier de la Légion d'honneur et d'officier du Mérite agricole, ainsi que le droit de garder le titre de « roi » jusqu'à sa mort.
Résidant toujours au palais royal, il n'a plus le droit de participer à la vie politique de la colonie, laissant le contrôle aux gouverneurs français.
Onze ans après son abdication[11], il mourut d’alcoolisme au palais royal, à Papeete, et fut enterré dans la tombe royale Utu’ai’ai à Arue[12].
Décorations
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Officier de la Légion d'honneur
Officier de l'ordre du Mérite agricole
Descendance
modifierDe son premier mariage avec Temariʻi Teuhe a Teururai naissent un fils et une fille, morts en bas âge[3].
De son second mariage avec Marau naissent deux filles :
- Teriʻinui-o-Tahiti Te-vahine-taora-te-rito-ma-te-raʻi Teriʻiaʻetua (1879-1961).
- Ariʻimanihinihi Te-vahine-rere-atua-i-Fareia, dite Takau (1887-1976).
Un troisième enfant, Ernest Albert, naît le 15 mai 1888, après le divorce. D'abord inscrit sous le nom de Pomare, il est déclaré illégitime par un arrêt du Tribunal supérieur de Papeete du 23 mai 1889[13]. Il meurt à Nice le 4 décembre 1961[3].
Ascendance
modifier| 4. Ariʻipeu-a-Hiro ♂ | ||||||||||||||||
| 2. Ariʻifaaite ♂ | ||||||||||||||||
| 20. Vetea-raʻi Uʻuru ♂ (= 28) | ||||||||||||||||
| 10. Tamatoa III ♂ (= 14) | ||||||||||||||||
| 21. Rereao a Uruatu ♀ (= 29) | ||||||||||||||||
| 5. Teihotu Taʻavea ♀ | ||||||||||||||||
| 22. Mato Teri’i Tepoara’i ♂ (= 30) | ||||||||||||||||
| 11. Turaʻiariʻi Ehevahine ♀ (= 15) | ||||||||||||||||
| 23. Te-ha’apapa I ♀ (= 31) | ||||||||||||||||
| 1. Pōmare V ♂ | ||||||||||||||||
| 24. Teu Tunuieaite Atua ♂ | ||||||||||||||||
| 12. Pōmare Ier ♂ | ||||||||||||||||
| 25. Tetupaia-i-Hauiri ♀ | ||||||||||||||||
| 6. Pōmare II ♂ | ||||||||||||||||
| 26. Teihotu-i-Ahura’i ♂ | ||||||||||||||||
| 13. Tetua-nui-reia-i-te-raʻi-atea ♀ | ||||||||||||||||
| 27. Vave’a Tetua-nui-rei-a-ite Ra’iatea ♀ | ||||||||||||||||
| 3. Pōmare IV ♀ | ||||||||||||||||
| 28. Vetea-raʻi Uʻuru ♂ (= 20) | ||||||||||||||||
| 14. Tamatoa III ♂ (= 10) | ||||||||||||||||
| 29. Rereao a Uruatu ♀ (= 21) | ||||||||||||||||
| 7. Teremoemoe ♀ | ||||||||||||||||
| 30. Mato Teri’i Tepoara’i ♂ (= 22) | ||||||||||||||||
| 15. Turaʻiariʻi Ehevahine ♀ (= 11) | ||||||||||||||||
| 31. Te-ha’apapa I ♀ (= 23) | ||||||||||||||||
Notes et références
modifier- ↑ « Biographie : Pōmare V - Hommes politiques Polynesie-francaise », sur www.bourse-des-voyages.com (consulté le )
- 1 2 Tribunal de première instance de Papeete, jugement n° 54 du 3 mai 1892, Marau Salmon c. Teriihinoiatua Pomare et autres, minutes civiles du greffe du tribunal de première instance, Service du patrimoine archivistique et audiovisuel de la Polynésie française, fonds 084W.
- 1 2 3 (en) Christopher Buyers, « Tahiti : The Pomare Dynasty – Genealogy (page 5) », sur Royal Ark (consulté le )
- 1 2 3 Acte de mariage du prince Ariiaue Pomare et de Joanna Marau Taaroa Tepau Salmon, 28 janvier 1875, registre de notoriété de la famille royale Pomare, copie certifiée conforme, Service du patrimoine archivistique et audiovisuel de la Polynésie française (Te Piha Faufaʻa Tupuna), fonds 151W.
- ↑ Tribunal de première instance de Papeete, jugement n° 80 du 27 juillet 1887, Marau Salmon c. Pomare V, minutes civiles du greffe du tribunal de première instance, Service du patrimoine archivistique et audiovisuel de la Polynésie française, fonds 084W.
- ↑ (en) « Brevities », Thames Star, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ Acte de divorce n° I du 25 janvier 1888, registre de notoriété de la famille royale Pomare, copie certifiée conforme, Service du patrimoine archivistique et audiovisuel de la Polynésie française, fonds 151W.
- 1 2 3 4 Lorenz Gonschor, « Le projet d'ordre royal de Pomare V, ou la souveraineté en suspens », Bulletin de la Société des études océaniennes, no 358, , p. 5-16 (lire en ligne)
- 1 2 Antoine Leca et Philippe Lechat, Recueil général des documents juridiques intéressant l'histoire du Royaume de Tahiti et des Établissements français en Polynésie, t. 1 : Les sources françaises (1842-1958), Presses universitaires d'Aix-Marseille, , p. 212-217
- ↑ Tamatoa Bambridge, La terre dans l'archipel des îles Australes : Étude du pluralisme juridique et culturel en matière foncière, Pirae (Tahiti)/Montpellier, Au vent des îles, , 414 p. (ISBN 978-2-915654-41-7, lire en ligne), p. 78
- ↑ Royal Ark.
- ↑ admin TH, « Tombeau du roi Pōmare V - Arue », sur Tahiti Heritage, (consulté le )
- ↑ Acte n° 20 et mentions marginales, registre de notoriété de la famille royale Pomare, copie certifiée conforme, Service du patrimoine archivistique et audiovisuel de la Polynésie française, fonds 151W.