Qian Xiuling
Qian Xiuling, ou Siou-Ling Tsien de Perlinghi, née en 1912 à Yixing et morte en 2008, est une scientifique et résistante sino-belge. Elle est récompensée de la médaille commémorative de la guerre 1940-1945 pour avoir sauvé près de cent vies au cours de la Seconde Guerre mondiale en Belgique. Une série télévisée biographique de 16 épisodes lui a été consacrée en Chine.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
錢秀玲 |
| Nationalités | |
| Domicile |
Herbeumont (d) (à partir de ) |
| Formation | |
| Activité | |
| Conjoint |
Grégoire de Perlinghi |
Biographie
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Enfance et formation
modifierQian Xiuling naît à Yixing, dans la province de Jiangsu en 1912, d'une famille étendue et socialement bien introduite[1].
En 1929, à 17 ans, elle quitte la Chine pour l'Europe, souhaitant étudier la chimie à l'université catholique de Louvain[2]. Vers 1930, elle est en compagnie de son frère Zhuoru, lors de leurs études à l’université [3].
En 1933, après avoir rompu ses fiançailles avec son fiancé chinois[4], elle épouse Grégoire de Perlinghi, un médecin belge[5]. Ils partent vivre à Herbeumont, en province de Luxembourg.
En 1935, elle décroche son doctorat en sciences en chimie, avec distinction [6].
En 1939, une source suggère qu'elle voyage à Paris dans l'espoir d'étudier au laboratoire de Marie Curie, sans succès, le laboratoire ayant déménagé aux États-Unis en raison de la Seconde Guerre mondiale[2].
Résistance
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Premier acte
modifierEn , la commune d'Herbeumont est occupée par l'armée allemande lorsqu'un jeune Belge fait exploser un convoi militaire en enterrant une mine sous la voie de chemin de fer. Le jeune est condamné à mort, mais Qian Xiuling réalise que le général allemand Alexander von Falkenhausen gouverneur militaire de la Belgique est une connaissance de son cousin, le lieutenant général Qian Zhuolun de l'armée de Tchang Kai-chek. En 1930, Alexander von Falkenhausen a été envoyé en Chine[7] pour la coopération sino-germanique, comme conseiller militaire de Tchang Kaï-chek [8] et a travaillé en collaboration étroite avec le cousin de Qian Xiuling. Elle écrit une lettre et voyage pour voir Falkenhausen, qui décide d'user de son autorité pour épargner le jeune Belge, par humanité[1],[7].
Sauvetage de 97 prisonniers condamnés à mort
modifierLe , Qian Xiuling est encore contactée lorsque les Allemands prennent 97 Belges comme otages et les condamnent à mort en représailles du meurtre de trois policiers de la Gestapo, tués dans la ville d'Ecaussinnes[2]. Bien qu'elle soit alors enceinte de son premier enfant, elle voyage de nouveau pour voir Falkenhausen et lui demander d'intervenir[2]. Il hésite, mais finit par accepter de relâcher les prisonniers, bien qu'il sache qu'il désobéit à un ordre. Le général est convoqué à Berlin pour expliquer son insubordination[2]. Un procès et une condamnation par un tribunal allemand lui sont épargnés en raison de la fin de la guerre. Il est toutefois arrêté, suspect d'avoir participé à l'attentat contre Hitler du , et incarcéré au camp de concentration de Buchenwald, ensuite au camp de concentration de Dachau. Libéré, il est fait prisonnier de guerre par les Américains et extradé vers la Belgique, où il est jugé et condamné en 1951 pour crimes de guerre[8].
Qian Xiuling se rend à son procès et plaide en sa faveur, en tant que témoin de moralité[2]. Il est condamné à 12 ans de prison pour avoir exécuté des otages et déporté des Juifs, mais il est relâché après trois semaines et prend sa retraite en Allemagne où il meurt en 1966[8].
Hommages
modifier- Qian Xiuling se voit décerner la médaille commémorative de la guerre 1940-1945 par le gouvernement belge[1].
- Son histoire est portée à l'écran en Chine, dans une adaptation dramatisée de 16 épisodes, Une femme chinoise affronte le pistolet de la Gestapo, où son rôle est tenu par Xu Qing[7].
- En 2003, sa petite-fille, Tatiana de Perlinghi, réalise un film documentaire, Ma grand-mère, une héroïne ?[9]
- En 2005, Qian est remerciée par Zhang Qiyue, l'ambassadeur chinois en Belgique, qui visite la maison de retraite où elle vit[10]. Son mari est mort en 1966. Il y a une rue nommée Rue Perlinghi en son honneur dans la ville d'Écaussinnes[11]. Un roman écrit par Zhang Yawen est publié en 2003 (avec pour titre anglais Chinese Woman at Gestapo Gunpoint)[12].
- En , l'hôtel de ville d'Anvers rappelle l’histoire méconnue des résistants étrangers par une exposition, où un panneau présente la vie de Qian Xiuling [13].
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Qian Xiuling » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 A Story of World War II Heroism Comes Home to China. China.org.cn. Consulté le 23 avril 2015.
- 1 2 3 4 5 6 Qian Xiuling: World War II Hero, Frank Zhao, 15 September 2014, Women of China, retrieved 1 April 2015.
- ↑ Marc WELSCH, « Qian Xiuling, étudiante chinoise de l'UCLouvain, a sauvé 97 personnes pendant la guerre », sur La Libre.be, (consulté le )
- ↑ (en) Bo Qin, « The History And Context Of Chinese-Western Intercultural Marriage In Modern And Contemporary China (From 1840 To The 21st Century) », Rozenburg Quarterly - Asia Studies, vol. 3, no Chinese-Western Intimacy and Marriage – An Invisible International Hierarchy, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Décès de Siou-Ling Tsien, qui avait sauvé Ecaussinnes des nazis », 7sur7,
- ↑ « Portrait Qian Xiuling (1912-2008) », sur Faculté des sciences, Université catholique de Louvain
- 1 2 3 « A Story of World War II Heroism Comes Home to China », China.org.cn, (consulté le )
- 1 2 3 Alexander von Falkenhausen, spartacus-educational.com, consulté le 1 avril 2015
- ↑ « Ma grand-mère, une héroïne ? », RTBF (consulté le )
- ↑ The "Chinese Schindlers", 25 July 2005, retrieved 1 April 2015
- ↑ Map stamps claim over islands, China Daily, Liao Liqiang,. 27 October 2012, retrieved 1 April 2015
- ↑ (en) Written by Zhang Yawen Translated by Chen Haiyan et Li Ziliang, A Chinese Woman at Gestapo Gunpoint, Pékin, Foreign Language Press, , 434 p. (ISBN 7-119-03159-7, lire en ligne)
- ↑ VRT NWS, « À Anvers, l’histoire méconnue des résistants étrangers reprend vie à travers une expo | VRT NWS: le site d'information de référence », sur VRTNWS, (consulté le )