Quatre libertés
Les quatre libertés (en anglais : the four freedoms) sont les libertés, au nombre de quatre, que le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt, a présentées comme fondamentales dans son discours sur l'état de l'Union prononcé le — devenu célèbre sous le nom de Discours des quatre libertés (The Four Freedoms speech) — et dont selon lui les êtres humains devraient pouvoir jouir partout dans le monde :
- la liberté d'expression (freedom of speech) ;
- la liberté de religion (freedom of worship) ;
- la liberté de vivre à l'abri du besoin (freedom from want) ;
- la liberté de vivre à l'abri de la peur (en) (freedom from fear).

Les deux premières libertés reprennent celles énoncées par le Ier amendement de la Constitution américaine. Les deux dernières, le droit à la sécurité économique et une vision internationaliste de la politique étrangère, sont devenues les pivots de la doctrine libérale américaine moderne.
Des prix des quatre libertés sont décernés chaque année depuis .
Contexte
modifierExtrait du discours
modifier« In the future days, which we seek to make secure, we look forward to a world founded upon four essential human freedoms.
The first is freedom of speech and expression — everywhere in the world.
The second is freedom of every person to worship God in his own way — everywhere in the world.
The third is freedom from want — which, translated into world terms, means economic understandings which will secure to every nation a healthy peacetime life for its inhabitants — everywhere in the world.
The fourth is freedom from fear — which, translated into world terms, means a world-wide reduction of armaments to such a point and in such a thorough fashion that no nation will be in a position to commit an act of physical aggression against any neighbor — anywhere in the world.
That is no vision of a distant millennium. It is a definite basis for a kind of world attainable in our own time and generation. That kind of world is the very antithesis of the so-called new order of tyranny which the dictators seek to create with the crash of a bomb. »
« Dans les jours à venir, que nous cherchons à rendre sûrs, nous entrevoyons un monde fondé sur quatre libertés essentielles.
La première est la liberté de parole et d'expression — partout dans le monde.
La deuxième est la liberté de chacun d'honorer Dieu comme il l'entend — partout dans le monde.
La troisième consiste à être libéré du besoin — ce qui, sur le plan mondial, suppose des accords économiques susceptibles d'assurer à chaque nation une vie saine en temps de paix pour ses habitants — partout dans le monde.
La quatrième consiste à être libéré de la peur — ce qui, sur le plan mondial, signifie une réduction des armements si poussée et si vaste, à l'échelle planétaire, qu'aucune nation ne se trouve en mesure de commettre un acte d'agression physique contre un voisin — n'importe où dans le monde.
Il ne s'agit pas là de vues concernant un millénaire éloigné. C'est la base précise du genre de monde à la portée de notre temps et de notre génération. Ce monde est l'antithèse même du prétendu nouvel ordre tyrannique que les dictateurs cherchent à instaurer en faisant exploser une bombe »
Inspiration pour les traités internationaux
modifierLa Charte de l'Atlantique, déclaration faite conjointement par Roosevelt et le Premier ministre britannique, Winston Churchill, le , reprend et complète le discours des quatre libertés prononcé quelques mois plus tôt[3].
Le concept des quatre libertés a également influé sur la Charte des Nations unies adoptée le [4]. Il a ensuite été repris dans le préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée le par l'Organisation des Nations unies, sous l'inspiration de la Première dame, Eleanor Roosevelt, qui s'est impliquée à l'ONU et dans la rédaction de cette déclaration après la mort de son mari :
« […] the advent of a world in which human beings shall enjoy freedom of speech and belief and freedom from fear and want has been proclaimed as the highest aspiration of the common people […] »
« […] l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme […] »
Les quatre libertés ont également inspiré un drapeau qui a représenté l'ONU de manière non officielle à ses débuts, avant l'adoption du drapeau officiel. Les quatre libertés étaient représentées par quatre bandes verticales, généralement de couleur rouge, mais parfois verte ou bleue, séparées par des bandes blanches[7]. Ce drapeau est appelé Honour Flag (en).
- United Nations Honour Flag inspiré des quatre libertés
- Représentation schématique.
- Hissé par des soldats américains avec le drapeau des États-Unis.
Peintures de Norman Rockwell
modifierLe concept des quatre libertés a inspiré à Norman Rockwell un ensemble de quatre tableaux, chacun d'eux représentant l'une des libertés. Ils ont été publiés dans quatre numéros consécutifs du Saturday Evening Post, les , , et , accompagnés d'essais sur les quatre libertés.
- Les quatre tableaux de Norman Rockwell, inspirés par le discours des quatre libertés de Roosevelt
Monuments
modifier- À la suite de son discours, Roosevelt a commandé un monument, le Four Freedoms Monument (en), symbolisant les quatre libertés, pensant que l'art serait un moyen d'emporter l'adhésion d'un plus grand nombre de personnes à ce concept. Il fut sculpté par Walter Russell, et inauguré en devant une foule de 60 000 personnes au Madison Square Garden à New York. Il était dédié à Colin Kelly, le premier Américain reconnu comme héros de la Seconde Guerre mondiale. Le , le monument a été inauguré une seconde fois dans la ville natale de Kelly, Madison en Floride, avec un discours du gouverneur, Spessard Holland (en).
- Aux Pays-Bas, le monument Kunstwerk de Vier Vrijheden honore les quatre libertés au centre du village d'Oud-Vossemeer, dans la commune de Tholen, dont les ancêtres de Roosevelt seraient originaires.
- Les Quatre Libertés sont gravées sur le Franklin Delano Roosevelt Memorial créé en à Washington.
- Le Franklin D. Roosevelt Four Freedoms Park (en) a été créé en à la pointe sud de l'île Roosevelt à New York.
- Four Freedoms Monument (en) (États-Unis).
- Kunstwerk de Vier Vrijheden (Pays-Bas).
- Franklin Delano Roosevelt Memorial (États-Unis).
- Franklin D. Roosevelt Four Freedoms Park (en) (États-Unis).
Dans la culture populaire
modifierParmi les références aux quatre libertés dans la culture populaire, on trouve :
- Le Four Freedoms Plaza (en) est, dans l'univers Marvel, un bâtiment fictif de Manhattan, situé au croisement de la 42e rue et de Madison Avenue, qui sert de quartier général aux Quatre Fantastiques.
Références
modifier- ↑ (en) « January 6, 1941: State of the Union (Four Freedoms) », sur millercenter.org, Miller Center of Public Affairs (en), Université de Virginie.
- ↑ Traduction : « Discours des quatre libertés : États-Unis, », Bibliothèque Jeanne Hersch, Textes fondateurs - sources américaines, sur aidh.org, Association Internet pour la promotion des droits de l'Homme (version du sur archive.org).
- ↑ « La Charte de l'Atlantique : Grande-Bretagne et États-Unis, », Bibliothèque Jeanne Hersch, Textes fondateurs - sources américaines, sur aidh.org, Association Internet pour la promotion des droits de l'Homme (version du sur archive.org).
- ↑ (en) Frank Robert Donovan, Mr. Roosevelt's Four Freedoms : The Story Behind the United Nations Charter, New York, Dodd, Mead and Company, , 245 p..
- ↑ (en) « Universal Declaration of Human Rights », sur un.org, Organisation des Nations unies.
- ↑ « Déclaration universelle des droits de l'homme », sur un.org, Organisation des Nations unies.
- ↑ (en) « United Nations Organization: Honour Flag », Flags of the World.