Quiaude

soupe de poisson

La quiaude est une soupe de poisson épaisse, traditionnellement concoctée en Gaspésie avec les résidus de la pêche commerciale[1]. Elle est à rapprocher de diverses préparations de morue que l'on retrouve dans les communautés francophones du golfe du Saint-Laurent, notamment de la tiaude de Saint-Pierre-et-Miquelon[2] de la tchaude madelinote[3].

Quiaude
Description de cette image, également commentée ci-après
Quiaude au turbot (flétan du Groenland).
Autre(s) nom(s) Tiaude, tchaude, tiasude, quiaule,
Type Soupe de poisson
Lieu d’origine Drapeau du Québec Québec
Place dans le service Entrée, plat principal
Ingrédients Têtes et nauves de poissons (principalement de la morue), lardons, pomme de terre, farine

Étymologie et histoire

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Tout comme la plupart des régions côtières où la pêche occupe une place importante, les pêcheurs gaspésiens et acadiens utilisaient une partie de leur pêche afin de préparer des plats nourrissants et faciles à concocter, sous forme de soupe épaisse[4]. En Europe, cette façon de faire a notamment accouché de spécialités comme la bouillabaisse à Marseille et la chaudrée en Vendée. C'est probablement dans le colportage de ces pratiques de la côte atlantique française aux pêcheries nord-américaines qu'il convient de trouver l'origine de plats comme la quiaude.

Aux îles Saint-Pierre-et-Miquelon tout comme en Gaspésie[5], le ou la tiaude désigne une fricassée ou une matelote de morue aux lardons et pommes de terre.

En Nouvelle-Angleterre, la chowder désigne une spécialité proche mais distincte, qui est aussi présente dans la province sous le nom de chaudrée de palourdes. Le nom anglais lui-même provient probablement d'une adaptation du terme français « chaudrée » ou « chaudière ». La chaudrée de palourdes incorpore plutôt des fruits de mer et est beaucoup plus épaisse, utilisant de la crème et du lait.

Il est possible que le mot quiaude/tiaude provienne du vocable anglais stew qui désigne une méthode de cuisson plus proche du ragoût[6]. Il est aussi possible que le mot provienne des dialectes de l'ouest de la France. Ainsi, dans le Boulonnais, la soupe de poisson traditionnelle des pêcheurs est appelée caudière[7]. Au nord de l'isoglosse de la ligne Joret, le mot « chaud » se prononçait « caud ». Aux Îles de la Madeleine, la soupe de poisson est appelée « tchaude[8] », qui résulte d'une palatisation de la première syllabe du mot « chaude ».

Le mot pourrait donc venir soit d'une apocope de « caudière » soit directement du mot « caude », avec la prononciation d'une ancienne triphtongue comme cela était encore fréquent en français classique (siau pour seau, iau pour eau, etc.)[9].

Ingrédients et caractéristiques

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La quiaude est une soupe aromatisée à l'aide des résidus du salage de la morue : les têtes, bajoues, foies, nauves (chair entourant l'arête[10]) et langues. Elle peut aussi contenir des lardons, des pommes de terre, des navets, des oignons. Le bouillon obtenu est épaissi avec de la farine, parfois grillée. Certaines recettes incorporent du beurre, voire du lait et de la crème[1]. Des morceaux de poisson peuvent être ajoutés, comme du turbot, de l'esturgeon ou du saumon.

Notes et références

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  1. 1 2 Maurice Joncas, « Quand Alma préparait sa “kiaude” », Magazine Gaspésie,‎ juillet–octobre 2016 (lire en ligne [PDF]).
  2. ↑ « Découvrez la gastronomie de l’Outre-mer autrement », sur academiedugout.fr, (consulté le ).
  3. ↑ « Les spécialités des Îles de la Madeleine | Tourisme Îles de la Madeleine », sur tourismeilesdelamadeleine.com (consulté le ).
  4. ↑ « Les quiaudes, chaudrées et chowders. | Le Québec Cuisine », sur quebecuisine.ca (consulté le ).
  5. ↑ « tiaude - TLFQ - Fichier lexical et base des références », sur fonds.tlfq.org (consulté le ).
  6. ↑ « quiaude », sur vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca (consulté le ).
  7. ↑ « La caudière », sur keldelice.com (consulté le ).
  8. ↑ « Histoire des Acadiens et de l'Acadie - La cuisine acadienne », sur cyberacadie.com (consulté le ).
  9. ↑ Georges Lote, « Chapitre premier. La période de l’ancien français », dans Histoire du vers français. Tome III : Première partie : Le Moyen Âge III. La poétique. Le vers et la langue, Presses universitaires de Provence, coll. « Hors collection », (ISBN 978-2-8218-2734-9, lire en ligne), p. 136–288.
  10. ↑ « La morue | Le Québec Cuisine », sur quebecuisine.ca (consulté le ).