Quick commerce
Le quick commerce, également appelé commerce rapide, est un type de commerce électronique où l'accent est mis sur les livraisons rapides, généralement en moins de trente minutes[1]. Le quick commerce s'est développé à partir de la livraison de nourriture puis s'est rapidement étendu à d'autres catégories, notamment pour la livraison de courses, de médicaments, de cadeaux, de vêtements, etc.[2]

En France, la notion de quick commerce s'appuie sur les dark stores et de dark kitchens. Ces lieux de distributions ne sont pas accessibles au public et sont donc considéré comme des entrepôts. Ce type de service peut ainsi à distinguer des services de livraison de repas comme Deliveroo ou Uber Eats, bien que ceux-ci se soient également positionnés sur le secteur du quick commerce.
Histoire
modifierLe quick commerce se développe à partir de 2011, avec des sociétés comme Postmates aux États-Unis, Delivery Hero en Allemagne, mais n'a commencé à prendre de l'ampleur et du terrain que vers 2017, avec des sociétés comme le chinois Meituan.
Initialement, le délai de livraison oscillait autour de 60 minutes, mais à partir de 2019, plusieurs entreprises ont lancé des concepts d'entrepôts locaux (dark stores et dark kitchens) pour réduire le délai à 20 minutes[3].
Depuis le début des années 2020, les restrictions imposées en raison de la pandémie de COVID-19 ont donné un élan majeur au quick commerce en permettant aux détaillants de rester actifs et opérationnels via des livraisons rapides à domicile[4]. Ces restrictions prolongées ont entraîné un changement de comportement des consommateurs à long terme vers des livraisons rapides et ont fait du quick commerce la troisième génération de commerce[5].
Tendances
modifierCette catégorie en pleine croissance propose un large choix de produits à tout moment de la journée et s'adresse en particulier aux ménages d'une seule personne[6]. En 2020, le marché du quick commerce était estimé à 300 millions de dollars et une croissance de 10 à 15 fois au cours des cinq années qui s'ensuit était prédit, pour atteindre 5 milliards de dollars[7].
Toutefois, en France, le concept peine à s'imposer et, au printemps 2024, plusieurs acteurs ayant émergé au cours des cinq années précédentes avaient disparu, comme Getir, Flink ou Gorillas. Outre l'inflation, le durcissement réglementaire, en particulier la décision du Conseil d'État assimilant les dark stores à des entrepôts et la publication d'un rapport parlementaire appelant à davantage de règlementations[8], a provoqué le départ de ces enseignes[9],[10].
Modèle opérationnel et gestion des stocks
modifierDans le quick commerce, la rapidité de livraison est assurée non seulement par le dernier kilomètre, mais aussi par l'organisation d'un réseau local d'entrepôts. Dans une étude de Grant Thornton pour le marché indien, un dark store typique est décrit comme un entrepôt d'environ 800–1000 pieds carrés[11]. Une recherche académique de 2026 note qu'une plateforme numérique de quick commerce peut être connectée aux données de stocks des dark stores en temps réel afin d'afficher au client la disponibilité effective des produits[12]. La commande est généralement passée via une application mobile, après quoi les produits sont préparés, emballés et remis au service de livraison rapide[13].
Des stocks répartis exigent une planification plus fine : dans la pratique sectorielle, la prévision de la demande et le positionnement des marchandises sont envisagés au niveau des SKU individuels, des catégories et des micro-quartiers locaux, et non seulement à l'échelle de la ville entière[14]. Un tel réseau influe également sur la circulation urbaine : une étude sur les dark stores à Paris a montré qu'une part importante des déplacements liés à ces structures était assurée par des véhicules électriques à deux roues[15].
L'architecture des entrepôts peut être multi-niveaux : en Inde, on décrit des dark stores «back» avec 3000–4000 références de produits plus onéreuses, reliés à plusieurs dark stores «forward» situés plus près des zones de demande[16]. En Chine, après une période de concurrence par les prix marquée par d'importantes subventions, la rivalité entre plateformes de commerce instantané a commencé à se déplacer vers l'infrastructure ; Alibaba et JD ont étendu leurs réseaux de dark stores et les soi-disant lightning warehouses[17]. Ces pratiques montrent que la livraison ultra-rapide dépend de la synchronisation du catalogue numérique, des stocks, de la préparation des commandes et de la densité de l'infrastructure locale, et non seulement de la vitesse du coursier.
Références
modifier- ↑ (en) « From e-commerce to q-commerce: The rise of the 30 minutes or less delivery », The National, (consulté le )
- ↑ (en) « 'Q' is fastest growing category in UAE's e-commerce as delivery speed matters », gulfnews.com (consulté le )
- ↑ (en) « Talabat continues q-commerce strategy with cloud kitchens », Caterer Middle East, (consulté le )
- ↑ (en) Keane, « Glovo Enters The Q-Commerce Race As On-Demand Delivery Market Intensifies », Forbes (consulté le )
- ↑ (ro) « Glovo enters EUR 100M strategic partnership with Stoneweg to expand Q-Commerce », Business Review, (consulté le )
- ↑ (en) « QUICK COMMERCE – THE NEXT GENERATION OF E-COMMERCE »,
- ↑ (en) LogiBee, « 5 Steps Towards Launching a Successful Q Commerce Business in 2022 », logibee.ai (consulté le )
- ↑ « "Quick commerce" : le coût d'une offre commerciale de l'immédiateté », sur www.vie-publique.fr (consulté le )
- ↑ « Après la liquidation de Flink, est-ce la fin du quick commerce en France? », sur BFM BUSINESS (consulté le )
- ↑ « « Quick commerce » en France : vite apparu, bientôt disparu », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Survie des plus rapides ? Quick commerce et son modèle économique en évolution », sur grantthornton.in (consulté le )
- ↑ (en) « Atténuer l'impact des perturbations dans le Q-commerce par l'optimisation d'un portefeuille résilient de dark stores », sur sciencedirect.com (consulté le )
- ↑ (en) « Qu'est-ce que le quick commerce et comment il fonctionne pour les vendeurs », sur tech2globe.com (consulté le )
- ↑ (en) « Stratégie d'approvisionnement festif des dark stores », sur inc42.com (consulté le )
- ↑ (en) « Dark stores dans la Ville Lumière : impacts géographiques et de transport du « quick commerce » à Paris », sur sciencedirect.com (consulté le )
- ↑ (en) « Le quick commerce représente 70-75% du total des commandes e-grocery en Inde, contre 35% en 2022 », sur ibef.org (consulté le )
- ↑ (en) « Le e-commerce chinois passe à la phase suivante après que la guerre des prix de livraison a modifié les habitudes d'achat », sur reuters.com (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- « Dans les coulisses d'un Dark store, ces magasins exclusivement dédiés à la livraison » [vidéo], sur Challenges, (consulté le )
- Anne Aguilera, Laetitia Dablanc et Alain Rallet, « L’envers et l’endroit des plateformes de livraison instantanée. Enquête sur les livreurs micro-entrepreneurs à Paris », Réseaux, vol. 212, no 212, , p. 23‑49 (DOI 10.3917/res.212.0023)