Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme
La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme, plus connue sous son acronyme RADDHO, est une association panafricaine de défense des droits de l'homme fondée le par un groupe d'intellectuels africains composé en majorité de chercheurs et d'enseignants rattachés à l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar. Elle se consacre à la promotion, à la défense et à la protection des droits de l'homme au Sénégal et sur l'ensemble du continent africain.
Principales interventions
modifierLa RADDHO est une organisation pionnière de la société civile sénégalaise qui bénéficie d'une reconnaissance internationale attestée par son statut consultatif spécial auprès de l'ECOSOC des Nations Unies, obtenu en 2003, et par sa qualité de membre observateur de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples[1].
Depuis ses premières années d'existence, la RADDHO construit un bilan d'interventions concrètes couvrant à la fois le terrain national et les enceintes internationales. Dès 1994, elle mène des enquêtes sur les réfugiés et personnes déplacées en Casamance et documente, aux côtés d'Amnesty International, des cas de torture systématique imputés aux forces de sécurité dans cette région. Malgré ses demandes répétées, les autorités sénégalaises refusent systématiquement de reconnaître ces faits[2].
En 1995, sa participation à la réunion des Nations Unies contre la torture contribue directement à l'intégration dans le Code pénal sénégalais de dispositions conformes à la Convention contre la torture, telle que recommandée par le Comité onusien[1].
En 2001, l'organisation observe les élections législatives et locales au Sénégal, et son rôle d'observatrice devient l'objet d'un conflit politique majeur en 2011-2012, lorsque le porte-parole de la présidence d'Abdoulaye Wade déclare publiquement vouloir lui retirer cette accréditation, l'accusant de parti pris. Alioune Tine réfute fermement cette mise à l'écart au nom de l'indépendance de la société civile[3].
En 2000 et 2001, la RADDHO joue un rôle d'envergure internationale à la Conférence mondiale contre le racisme de Durban, où Alioune Tine assume la fonction de coordinateur du Forum des ONG Africaines, plaçant ainsi l'organisation au cœur du plaidoyer continental contre le racisme et la xénophobie[4].
En , elle obtient le statut consultatif spécial auprès du Conseil Économique et Social (ECOSOC) des Nations Unies[5].
En 2004 et 2005, elle conduit une campagne nationale de sensibilisation contre les armes légères, qui donne lieu en à une crise lorsque des armes déclassées liées à cette campagne sont découvertes dans ses locaux par un policier. L'OMCT et la FIDH interviennent aussitôt pour exiger des autorités qu'elles mettent fin aux harcèlements qui s'ensuivent[6],[7].
La RADDHO participe en outre régulièrement aux sessions de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples en qualité de membre observateur, et accueille des ateliers de formation sur l'examen périodique universel à l'intention des organisations de la société civile sénégalaise[8].
En 2014, la RADDHO s'unit avec la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) et Amnesty International section Sénégal (AI/SN) pour condamner les violences au Sénégal[9].
Après l'élection présidentielle de 2024 portant Bassirou Diomaye Faye à la tête du Sénégal, la RADDHO salue l'ouverture, en , des auditions des victimes et des familles de personnes décédées lors des violences politiques survenues entre 2021 et 2024. Tout en se félicitant de cette avancée judiciaire, son secrétaire général Mamadou Seck insiste sur la nécessité que les enquêtes soient menées avec sérénité et impartialité, seules garanties capables d'établir la vérité et de servir de fondement à la réconciliation nationale[10].
Affiliations et reconnaissance internationale
modifierLa RADDHO est membre du réseau de l'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), qui regroupe des organisations de défense des droits humains à travers le monde. Elle est affiliée à la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH)[1]. Elle bénéficie du statut consultatif spécial auprès du Conseil Économique et Social (ECOSOC) des Nations Unies depuis 2003, et est membre observateur de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CADHP) de l'Union Africaine[11].
Liens externes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 « Historique » (consulté le )
- ↑ Amnesty International, « La Terreur en Casamance » [PDF],
- ↑ « Sénégal : Wade veut retirer à la Raddho son statut d’observateur à la présidentielle », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- ↑ « Mali: « Une stratégie globale et coordonnée de prévention de la violence et des abus de droits de l'Homme s’impose», déclare l’Expert indépendant », sur OHCHR (consulté le )
- ↑ « La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (RADDHO) - SENEGEL - Senegalese Next Generation of Leaders », sur www.senegel.org (consulté le )
- ↑ « Actes de harcèlement à l'encontre de la RADDHO », sur OMCT (consulté le )
- ↑ Joseph Diedhiou, « Sénégal: Préoccupée par l'interpellation du leader de la Raddho- La Coalition 'Contrôlons les armes' soutient Alioune Tine », allAfrica, (lire en ligne)
- ↑ seneweb, « Les ateliers de renforcement des capacités organisés par la Commission Nationale des Droits de l'Homme du Sénégal, en partenariat avec UPR Info et la RADDHO, se poursuivent avec succès. », seneweb, (lire en ligne)
- ↑ « Les organisations des droits de l’homme font l’union sacrée contre la violence électorale », sur Press Afrik,
- ↑ « APRÈS LE SANG, LA VÉRITÉ », seneplus, (lire en ligne)
- ↑ A Seye, « Sénégal: 35e session de la CADHP : la Raddho à pied d'oeuvre », allafrica, (lire en ligne)