Institut national de la propriété industrielle

institut public français, gérant de brevets et de marques
(Redirigé depuis RNCS)

L'Institut national de la propriété industrielle, abrégé par le sigle INPI, est en France un établissement public à caractère administratif, placé sous la tutelle du ministère français de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique.

Institut national de la propriété industrielle
Entrée du bâtiment de l'INPI, à Courbevoie. Photographiée le 25 juillet 2022.
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
INPIVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Forme juridique
Domaine d'activité
Administration publique (tutelle) des activités économiquesVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège
Pays
Organisation
Directeur général
Pascal Faure
Président du conseil d'administration
Dominique Poiroux
Affiliation
Site web
Identifiants
SIREN
OpenCorporates
data.gouv.fr

L’INPI est régi par le chapitre Ier du code de la propriété intellectuelle aux Articles L411-1 et suivants [1], et aux articles R411-1 à R411-16 (partie réglementaire)[2].

Depuis , son directeur général est Pascal Faure[3]. Le , Dominique Poiroux, ingénieur du corps des mines et diplômé de l'Ecole polytechnique, est nommé président du Conseil d'administration[4].

L’INPI est basé à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine.

Missions

modifier

L'INPI a pour missions :

  • en tant qu’office des brevets, de recevoir les dépôts et délivrer les titres de propriété industrielle : brevets, marques, dessins et modèles ;
  • de gérer les procédures d'opposition contre les titres nationaux délivrés, notamment contre les brevets depuis la loi PACTE du [5];
  • de participer à l'élaboration du droit de la propriété industrielle ;
  • de mettre à la disposition du public toute information nécessaire pour la protection des titres de propriété industrielle ;
  • de former et sensibiliser tous les acteurs économiques aux questions de la propriété industrielle et du Guichet unique des entreprises ;
  • de centraliser le registre national du commerce et des sociétés.
  • de gérer le Bulletin officiel de la propriété industrielle.

Histoire

modifier

La propriété industrielle apparaît en France pendant la Révolution française. Elle est institutionnalisée par la loi du , qui prévoit la création du bureau des « patentes ». Ce terme était employé à l'époque pour désigner les brevets, du nom des lettres patentes par lesquelles le roi attribuait les privilèges aux anciennes corporations. La loi suggère de voir le bureau des patentes confié au baron Claude-Urbain Retz de Servières, directeur de la société des inventions et découvertes. Une loi du complète la législation naissante sur les « brevets d'invention », dont le terme apparaît alors. L'administration des brevets est alors mise en place en moins de deux mois, sous la forme du Directoire des brevets, dont la responsabilité échoit au baron de Servières.

L'Office des brevets d'invention et des marques de fabrique est créé en 1900, et prend le nom d'Office national de la propriété industrielle (ONPI) en 1902. Celui-ci est remplacé par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) créé par la loi no 51-444 du , désormais codifiée aux articles L411-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle[1].

L'INPI entièrement autofinancé, est placé sous la tutelle du ministère de l'Économie, des Finances et du Commerce extérieur, du ministère du Redressement productif et de la Ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises, de l'Innovation et de l'Économie numérique.

Le décret n°2014-917 du (articles R411-1 à R411-16, partie réglementaire du code la propriété intellectuelle)[1] a autorisé la mise à disposition du public, pour un usage de réutilisation, d'informations publiques issues des bases de données de l'Institut national de la propriété industrielle.

Siège et implantations

modifier

L’institut national de la propriété industrielle est basé à Courbevoie dans les Hauts-de-Seine. Il est également présent dans chacune des régions de France, avec quatorze délégations, ainsi que dans dix zones stratégiques à travers le monde, couvrant près de cent pays : Brésil (Sao Paulo), Chine (Pékin), Corée du Sud (Séoul), Côte d’Ivoire (Abidjan), Émirats arabes unis (Abou Dabi), États-Unis (Washington), Inde (New Delhi), Maroc (Rabat), Russie (Moscou) et Singapour[source secondaire nécessaire].

Les implantations de l’INPI en France et ailleurs dans le monde.

Ouverture de données

modifier

Conformément au décret du , entré en vigueur le , l'INPI met à la disposition de tous les données relatives aux marques, brevets et dessins et modèles à des fins de réutilisation.

Dans le cadre de la loi dite «Macron» et de la loi pour une République numérique, dont les objectifs sont de favoriser la transparence des informations et l’émergence de services innovants à valeur ajoutée pour l’économie, l’INPI a, en 2017, mis à disposition gratuitement les comptes annuels déposés aux greffes depuis le , puis a ouvert le , le portail DATA INPI[6],[7],[8].

Ce service donne accès gratuitement aux données d'identité légale des sociétés, en provenance de tous les greffes des tribunaux à compétence commerciale et centralisées par l’INPI dans le registre national du commerce et des sociétés (RNCS) : immatriculations, modifications et radiations des sociétés.

Le portail DATA INPI donne également accès aux statuts et actes des entreprises, ainsi qu’aux comptes annuels non confidentiels des entreprises.

En , le portail DATA INPI s’est enrichi des données de propriété industrielle des entreprises : brevets, marques, dessins et modèles, enregistrés ou publiés[9].

Cette dématérialisation globale favorise et simplifie la réutilisation de l’ensemble des données, facilement exploitables.

Pour permettre aux réutilisateurs de faire des requêtes plus fines dans les données en masse, l’INPI met aussi à disposition des Interface de programmation (API) pour les données concernant les entreprises et de propriété industrielles.

Formation

modifier

L'INPI, organisme de formation certifié Qualiopi, propose des formations en propriété intellectuelle à destination des acteurs de la recherche et de l’innovation, des praticiens de la propriété intellectuelle, ainsi que des professionnels des formalités et, plus largement des entrepreneurs[10].

Ces formations, dispensées via son académie, sont déclinées en :

  • stages courts de 1 à 3 jours autour de thématiques telles que la propriété intellectuelle ; la protection des brevets, des marques et des dessins et modèles (en France et à l’étranger) ; ou la recherche et l'analyse de l’information sur les brevets ;
  • certificats (formations longues de 13 à 18 jours) telles que le "Certificat d'Assistant Marques, Dessins et Modèles" (CAM), "Certificat d'Assistant Brevets" (CAB), "Exploiter avec succès l’innovation grâce à la PI : Comprendre, Agir, Piloter et Influence" (CAPI) ;
  • formations intra-entreprise en propriété intellectuelle (adaptées à des besoins précis).

Les formateurs sont des professionnels de la propriété intellectuelle en entreprises, des conseils en propriété industrielle, des avocats, ou des ingénieurs et juristes de l’Institut.

L'INPI met également à disposition du public des MOOCs gratuits, en français et en anglais, sur les notions fondamentales de la propriété intellectuelle, accessibles via sa plateforme d’e-learning[11].

En 2025, il crée quatre jeux pédagogiques gratuits à destination des enseignants du secondaire et du supérieur, des formateurs et des responsables en propriété intellectuelle. Ils sont conçus pour permettre aux élèves et professionnels d'acquérir des connaissances liées à la propriété intellectuelle et de se sensibiliser à ses enjeux[12]. .

Directeurs généraux

modifier
  • 2004-2010 : Benoît Battistelli
  • 2010-2016 : Yves Lapierre
  • 2016-2018 : Romain Soubeyran
  • Depuis 2018 : Pascal Faure

Trophées INPI

modifier
Trophée INPI décerné aux lauréats.

Depuis leur création en 1991, les Trophées INPI valorisent et récompensent des entreprises et centres de recherche innovants, qui se distinguent par l’exemplarité de leur stratégie de propriété industrielle[13].

Un Trophée INPI est un titre honorifique qui souligne la capacité d’une entreprise à avoir su gérer ses actifs immatériels (brevets, marques, dessins et modèles…) et obtenir des résultats probants ou prometteurs (chiffre d’affaires, emploi, rentabilité, création de nouveaux produits, ouverture de nouveaux marchés, activité à l’export, valorisation et défense des droits de propriété industrielle…).

Il est attribué par un jury composé de personnalités et d’experts issus du privé et du public, provenant de l’écosystème de l’innovation[14].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 Articles L411-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle"
  2. Articles R411-1 à R411-16 du Code de la propriété intellectuelle
  3. Décret du 12 septembre 2018 portant nomination du directeur général de l'Institut national de la propriété industrielle - M. FAURE (Pascal) (lire en ligne)
  4. « Arrêté du 23 octobre 2025 portant nomination au conseil d'administration de l'Institut national de la propriété industrielle », sur Légifrance, (consulté le )
  5. Matthieu Dhenne, Emmanuel Py, « Les réformes du droit des brevets prévues par le projet de loi PACTE », Recueil Dalloz, , p. 2408
  6. « L'INPI facilite l'accès libre aux données légales de 5,9 millions d'entreprises », Le Monde informatique, (lire en ligne)
  7. « Data INPI : le moteur de recherche des entreprises commerciales », sur economie.gouv.fr
  8. « L’INPI lance un moteur de recherche dédié aux entreprises », Le Figaro, (lire en ligne)
  9. « Propriété industrielle : le portail de données DATA INPI s'enrichit », Affiches parisiennes, (lire en ligne)
  10. « Académie INPI », sur inpi.fr (consulté le ).
  11. « L'INPI aide les entrepreneurs à booster leur compétitivité », Affiches parisiennes, (lire en ligne)
  12. « Les jeux pédagogiques INPI », sur inpi.fr (consulté le ).
  13. « Les finalistes de la 30e édition des Trophées de l’INPI dévoilés », sur Affiches Parisiennes, (consulté le )
  14. « Trophées de l’innovation INPI : Découvrez les quatre lauréats ! », sur Informateur judiciaire,

Annexes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier