Randonnée en roller

discipline sportive non compétitive pratiquée sur voies urbaines ou voies vertes

La randonnée en patins à roulettes, ou plus simplement nommée par anglicisme la randonnée en roller, est la pratique non compétitive la plus répandue des usagers du roller (contraction de roller skates).

Randonnée en patins à roulettes
Randonnée en roller
Picto
Licenciés 10 000 (France - 2013)
Pratiquants 3 millions (France - 2013)
Image illustrative de l’article Randonnée en roller
Discipline sportive non compétitive pouvant se pratiquer seul, entre amis ou en famille, sur circuits roulants ouverts ou fermés, sur voies urbaines ou voies vertes.

Cette activité sportive consiste en de simples promenades, seul, entre amis ou en famille, sans classement ni chronométrage, le plus souvent en randonnée urbaine. La randonnée se développe aussi à la campagne, en randonnée nature, le long de pistes cyclables, voies vertes voire sur les routes là où il n'y a pas de voie aménagée et routes à faible circulation motorisée hors milieu urbain. Les circuits tentent aussi à se labelliser en niveaux de difficultés, du grand public aux patineurs confirmés, afin d'offrir une meilleure homogénéité pour une meilleure sécurité et plaisir dans la pratique tout public[1].

La plupart des pratiquants de la randonnée en roller évoluent seuls ou en petits groupes, néanmoins, depuis le milieu des années 1990, les randonnées populaires rassemblant plusieurs milliers de participants connaissent un succès croissant, en particulier dans les grandes villes.

La grande randonnée ou raid est une variante extrême qui consiste à parcourir d'importantes distances de ville à ville, en un ou plusieurs jours. Depuis le début du XXIe siècle, quelques patineurs tentent de traverser le monde[2].

Historique des randonnées populaires

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Traversée de Paris en patins à roulettes - 1929

En France

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À l'origine, dès 1983, de telles randonnées rassemblent un très petit nombre de patineurs motivés, certains jours de semaine, en particulier le vendredi soir à Paris, depuis la dalle devant la tour Montparnasse, puis rapidement depuis la place d'Italie pour éviter les perturbateurs[3]. C'est les prémices des Friday night fever.

Considéré isolément comme un piéton, s'il roule au pas, le patineur se déplace pour le travail la journée, mais aussi de nuit, pour le plaisir. Les patineurs du soir s'agrègent alors en petit groupe, toujours plus nombreux. Dès 1993, le nombre de participants augmente et se fidélisent, pour un départ dès 22 heures depuis le parvis du Grand Écran situé dans le 13e arrondissement[4]. En 1995, lors des longues grèves des transports, la mobilité alternative active se développe de façon importante, le roller faisant partie de cet engouement, avec entre autre l'arrivée du roller en ligne. Passant de phénomène de mode à celui de société, la fin de semaine voit grossir les rangs motivés aux randos roller pas encore structurées. Les voies sur berge de la Seine étant fermées à la circulation le dimanche, les rollers côtoient les vélos et bientôt les dépassent en nombre. L'engouement multi-générationnel se développe.

La première association de randonneurs à roller voit le jour en 1996 ; la Roller Station réunie ses membres chaque fin de semaine, le vendredi soir au pied de la tour Montparnasse. Dès 1998, le millier de patineurs est atteint et dévale en cortège la capitale. La préfecture décide alors d'encadrer, et créé pour l'occasion l'unité de police Roller de Paris. Une autre randonnée part, elle, du Trocadéro initiée par Roller Mania. Le samedi, c'est depuis les invalides et le dimanche, c'est à Bastille. Pas moins de quatre associations agrègent dès lors les passionnés du roller ou pas encore : Roller et Coquillage (décembre 1997), Pari Roller (février 1998), Roller Squad Institut et Ligue de Roller.

Le succès de la formule suscite des émules dans d'autres villes, puis le mouvement se structure, indépendamment des instances officielles du roller sportif. Mais dès 1996, la randonnée roller intègre la fédération française de roller, qui développe dès 2009 plus largement des labellisations de parcours nature Rando Verte Roller à 4 niveaux de pratique[5].

Organisation des randonnées populaires

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En France, pour assurer leur bon déroulement, les randonnées roller dépassant les 100 participants doivent être déclarées aux autorités administratives, respecter le régime de circulation de la voie empruntée et être dûment encadrées.

Encadrement

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L'encadrement est piloté par un coordinateur de sécurité et des suiveurs bénévoles sous son autorité, que l'on appelle couramment staffeurs (anglicisme). Ils sont identifiables à leurs tee-shirts ou chasubles de couleur vive. Un véhicule motorisé peut également accompagner la randonnée pour une meilleure signalisation.

Règles techniques

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Patineurs empruntant la voie verte des Plaines d'Abraham, Québec, juin 2007

Pour que la randonnée se déroule dans de bonnes conditions, l'encadrement bloque les voies latérales le temps que l'ensemble des patineurs passe, ce qui engendre parfois des conflits avec les automobilistes. Les équipes les plus organisées disposent d'un équipement de communication dédié (talkie-walkie) pour maintenir la cohésion du cortège. La signalisation des dangers au sein du groupe se fait par tous les participants en levant les mains : une main levée signale un danger/obstacle du même côté ; les deux mains levées signalent un ralentissement ou un danger devant ; les deux mains levées et croisées au-dessus de la tête demandent un arrêt immédiat. Par habitude, lors de randonnées importantes, un espace est réservé sur la gauche du groupe pour permettre aux staffeurs de remonter la randonnée. Dans le cadre de randonnées déclarées, les patineurs doivent rester sur la chaussée et ne pas emprunter les trottoirs ni la voie en contre-sens.

L'encadrement peut, lorsqu'un accord a été conclu avec les autorités, disposer d'une escorte policière (motorisée ou non, voire en roller à Paris).

Avant toute chose, il faut prévoir le parcours qui sera effectué. Cette prévision se fait généralement sur carte, mais peut parfois être effectuée directement sur le terrain. Une reconnaissance préalable permet de vérifier que les difficultés rencontrées ne se transformeront pas en danger lors du passage du cortège. Il faut également vérifier régulièrement les travaux pour être sûr que les routes ne seront pas coupées.

Les associations qui organisent les randonnées doivent souscrire une police d'assurance (Art. R 331-10 Code du Sport), dite « responsabilité civile organisateur » qui couvre les conséquences pécuniaires d'éventuels dommages pouvant leur incomber. Par ailleurs, certaines contractent une police d'assurance spécifique et non obligatoire dite "dommages corporels" au bénéfice des participants.

Règles de sécurité

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À l'instar d'autres manifestations sportives, les randonnées roller répondent à un cadre juridique précis. Les organisateurs sont tenus de déclarer, au plus tard un mois à l'avance, la balade auprès de la Préfecture du ou des départements concernés[6] dès lors qu'il y a plus de 75 participants attendus[7]. Les randonnées roller n'étant pas des compétitions sportives (absence de classement), elles ne sont pas soumises à une autorisation préalable et font l'objet d'une procédure simplifiée, dite de déclaration (Art. R 331-6 du Code du Sport)[8].

Comme le prévoit le Code de la Route (Art. R 412-42), le cortège doit circuler sur le côté droit de la chaussée, ne pas excéder une certaine longueur et ne bénéfice pas d'une priorité de passage[9]. Ces dispositions générales ne correspondant pas à la réalité d'évènements rassemblant un grand nombre de personnes, la plupart des organisateurs des grandes randonnées en France effectuent des démarches complémentaires pour bénéficier d'un arrêté préfectoral ou municipal leur permettant d'interrompre la circulation au moment du passage du cortège.

Comme toute manifestation ou épreuve sportive sur la voie publique, les randonnées roller font l'objet de règles techniques et de sécurité. Elles concernent toutes formes de randonnée, sur circuit ouvert à la circulation avec déplacement en cortège groupé et homogène ou en rassemblement de petite taille avec déplacement dans le flux de la circulation, et sur circuit fermé à la circulation avec déplacement en cortège libre. Celles-ci sont édictées par la Fédération française de roller et skateboard et synthétisées au sein d'une fiche technique[10] co-validée par le ministère des Sports (Art. R 331-7 du Code du Sport).

Compte tenu des obligations des associations vis-à-vis des participants, l'organisation de randonnées a un coût non négligeable. Les dépenses ordinaires comprennent l'assurance, les secours, les systèmes de sécurité, les voitures balai...

En 2006, le coût des grandes randonnées hebdomadaires parisiennes pouvait être évalué à environ 900 000  par an (assurance, véhicules de secours, talkie-walkies et équipement de l'équipe d'encadrement)[réf. nécessaire].

Voir aussi

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Liens externes

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Allemagne

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Belgique

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Carte mondiale des itinéraires à roller

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Notes et références

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  1. « Randonnées Fédérales », sur Fédération Française de Roller & Skateboard (consulté le )
  2. « Un Suisse va parcourir 13'000 km en roller sur sept continents » [archive du ], sur webradio.media (consulté le )
  3. Article du Le Parisien du 3 avril 1998, « La folie roller débarque à Paris » [jpg], sur pari-roller.com (consulté le )
  4. Article du journal Libération du 23 janvier 1998, « Pari Roller - La plus grande balade des mobilités à Paris » [jpg], sur Pari Roller (consulté le )
  5. « Randonnée », sur Fédération Française de Roller & Skateboard (consulté le )
  6. « Régime juridique des manifestations sportives - Ministère des Sports », sur sports.gouv.fr, (consulté le ).
  7. « Legifrance », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le ).
  8. « Légifrance - Code du Sport », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ).
  9. « Légifrance - Code de la Route », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ).
  10. « Règles Techniques et de Sécurité Randonnées Roller, Trottinettes et Skateboards sur la voie publique » [PDF], sur Fédération Française de Roller & Skateboard, (consulté le )