Raoul Lafagette
Raoul Lafagette ou Raoul d'Espaignol Lafagette, né le à Foix (Ariège) et mort le dans la même ville, est un poète, écrivain, journaliste et homme politique français.
Journaliste et poète proche des milieux républicains et blanquistes sous le Second Empire, il soutient par la suite la Commune de Paris. Sous la Troisième République, il se consacre à son activité littéraire et se présente contre Théophile Delcassé aux élections de 1898 comme candidat radical-socialiste à Foix[1].
Biographie
modifierFamille et éducation
modifierFils de Jean Nicolas d’Espaignol Lafagette, mathématicien, auteur du cadastre de l’Ariège et disciple de Charles Fourier, sa mère était une artiste issue ancienne famille de la noblesse[2]. Durant ces années de formation, il développe un intérêt marqué pour la littérature et les questions sociales, qui orienteront progressivement son parcours intellectuel.
Né à Foix en 1842, Raoul Lafagette réalise sa scolarité au collège de Foix puis, après avoir obtenu un baccalauréat ès-sciences en 1859, part préparer le concours de Polytechnique à Paris mais finit par se désintéresser rapidement des mathématiques[2].
Marié en 1882, il eu quatre enfants avec Marie Raichon, originaire de Forbach ; son fils Roger Lafagette, avocat à Foix, sera député radical de l'Ariège de 1919 à 1928[3].
A Paris et dans le Midi
modifierIl est félicité par Victor Hugo en 1864 pour une ode intitulée France et Pologne :« Vos vers sont la révélation d’une âme fière et le cri d’un cœur généreux ». A Paris, il rencontre notamment George Sand, Théophile Gautier... Il fréquente les milieux littéraires opposés au Second Empire avec son ami Léon Cladel[2].
Raoul Lafagette débute comme publiciste à L’Émancipation de Toulouse, journal d’opposition du Sud-Ouest, interdit au lendemain du coup d’État et qui paraissait à nouveau depuis le 14 juillet 1868. Il publia en 1869 les « vers régicides » de ses Chants d’un Montagnard et se disait « démocrate radical », favorable à « la Révolution en permanence ». Lafagette a été surveillé par la police du fait de ses relations dans les milieux blanquistes[2].
Il délaisse son domicile de Gaillac pour rejoindre Paris dès la proclamation de la Troisième République en septembre 1870. Il collabore brièvement à La Patrie en danger et s’engage dans la Garde nationale. Après l’armistice du 29 janvier 1871, il repart pour Gaillac jusqu’à la chute de la Commune de Paris[2].
Il se présentera vainement aux élections législatives en Ariège en 1885 et 1898.
Hommage
modifierRéalisé par Henri Proszynski en 1951, le buste en marbre blanc de Raoul Lafagette, Le poète des Pyrénées, se trouve dans la cour de la mairie de Foix[4].
Œuvres
modifier- Mélodies païennes, Paris : A. Le Chevalier, 1873
- Les accalmies, Paris : Librairie de l'eau-forte, 1876 ; Paris : A. Lemerre, 1881. 3e éd
- Les Aurores poésies nouvelles, Paris : G. Charpentier, 1880
- Pics et vallées, de novembre 1883 à septembre 1884, Paris : A. Lemerre, 1885
- Les cent sonnets, Paris : Fischbacher, 1890
- La Renaissance romane, Paris : Fischbacher, 1890
- La Voix du soir, Paris : Librairies-imprimeries réunies, 1892 ; Paris : May et Motteroz, 1892
- De l'aube au ténèbres, Paris : May et Motteroz, 1893
- L'Avalanche, poème dit par l'auteur sur la scène du théâtre de Foix, dans la soirée du 23 février 1895 au bénéfice des sinistrés de la Haute-Ariège, Foix : Gadrat aîné, 1895
- La Réforme électorale, Foix : impr. de Fra, 1910
Notes et références
modifier- ↑ « Foix. Le poète fuxéen Raoul Lafagette sort de l’ombre », sur La Dépêche, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 Michel Cordillot, Roger Roques, « LAFAGETTE Raoul (LAFAGETTE D’ESPAIGNOL, RAOUL). », sur Maitron, (consulté le )
- ↑ « Promenons-nous dans les rues de Foix : Raoul Lafagette, le "poète des Pyrénées" méconnu », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ « Foix. La belle histoire du buste de R. Lafagette », sur ladepeche.fr (consulté le )