Rapport sur la conduite du professeur Ishinaka

film japonais de Mikio Naruse sorti en 1950

Rapport sur la conduite du professeur Ishinaka (石中先生行状記, Ishinaka sensei gyōjōki?) est un film japonais réalisé par Mikio Naruse, sorti en 1950[1], d'après des nouvelles de Yōjirō Ishizaka[2].

Rapport sur la conduite du professeur Ishinaka
Titre original 石中先生行状記
Ishinaka sensei gyōjōki
Réalisation Mikio Naruse
Scénario Ryūichirō Yagi (ja)
Yōjirō Ishizaka (nouvelles)
Musique Tadashi Hattori
Acteurs principaux Shigeo Miyata (ja)
Atsushi Watanabe
Yōko Sugi
Ryō Ikebe
Toshirō Mifune
Sociétés de production Shintōhō
Fujimoto Productions
Pays de production Drapeau du Japon Japon
Genre comédie romantique
Durée 96 minutes
Sortie 1950

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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1. Les stocks dissimulés (隠退蔵物資の巻, Intaizō busshi no maki?)

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Kin'ichirō Nakamura et Yūzō Kawai, pelle et pioche à l'épaule, viennent chercher le professeur Ishinaka, qu'ils trouvent devant son petit-déjeuner au nattō. Kawai affirme avoir enterré dans la région 460 fûts d'essence le dernier jour de la guerre, avec soixante soldats. Avec l'autorisation de la police, le groupe se rend au verger de M. Yamazaki. Kawai a des souvenirs flous et on le fait renifler l’air, mais Yamazaki vient d'épandre du fumier. On ne déterre qu'une boîte de conserve. Le professeur compare le groupe au voisin cupide du conte Hanasaka Jiisan. Au déjeuner arrosé de saké, la femme de Yamazaki met un disque sur le gramophone. Moyoko, primée l'année précédente, danse un numéro de taishū engeki (en) habillée en homme. Dans le jardin, elle entraîne ensuite Kawai dans un simulacre de combat, puis s'enfuit et se fait poursuivre. Le cupide Yamazaki propose au professeur de reprendre seul les fouilles et suggère que Kawai épouse sa fille. Assis dans un pommier, Kawai avoue à Moyoko qu'il a tout inventé. Il l'avait aperçue le mois précédent, lors d'un repérage, et elle lui avait offert cinq pommes ; les fûts n'étaient qu'un prétexte pour la revoir. Le professeur surprend l'aveu et Moyoko pardonne. Les jambes des amoureux se balancent sur la branche et des pommes croquées tombent au sol. Yamazaki demande au professeur d'être l'entremetteur (仲人, nakōdo?) du mariage. Sur le chemin du retour, le briquet du professeur n'a plus d'essence, et Kawai lui tend une allumette.

2. La brouille (仲たがいの巻, Nakatagai no maki?)

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Dans sa librairie, Takezō Yamada montre à son ami Kamekichi Kihara l'affiche d'un « nude show » et les deux billets gratuits qu'il a reçus. Kihara le convainc de ne pas les gaspiller et d'aller juger le spectacle en « examinateurs » de la moralité publique. Dans la salle remplie d'hommes, les danseuses enchaînent cancan et danses hawaïennes. La chaussure d’une danseuse atterrit sur la tête de Yamada. Pendant ce temps, Mariko apprend l'affaire par sa mère, Tomoko, et téléphone à Shūichi, le fils de Kihara, son amoureux. Les deux jeunes gens attendent leurs pères à la sortie, où ils voient défiler les notables de la ville. Le patron du bain public révèle que les deux pères étaient au premier rang. Chaque père accuse l'autre d'avoir eu l'idée, chaque enfant défend le sien, et Mariko cesse de parler à Shūichi. Celui-ci invite son père à boire une bière ; Yamada, lui, va demander conseil au professeur, en présence de Nakamura. Le soir du défilé des nebuta, Shūichi récupère son vélo chez Mariko, qui lui fait la tête. Kihara arrive à son tour chez le professeur, et Yamada se cache dans la pièce voisine. Puis Mariko et Shūichi viennent demander un arbitrage, et c'est au tour de Kihara de se cacher : les deux pères se retrouvent nez à nez et entendent toute la conversation. Avec les mains, le professeur demande à Mariko à quel point elle aime Shūichi. Elle écarte grand les bras, et lui les écarte au maximum. Nakamura remarque que les pères n'auraient pas de problème s'ils étaient raisonnables « ne serait-ce qu'autant que ça ». Les pères échangent un sourire. Le couple regarde la lune depuis un petit pont, et Shūichi passe son bras autour de Mariko. Les deux pères, réconciliés sans avoir établi qui a proposé en premier, repassent devant le théâtre.

3. La charrette de foin (干草ぐるまの巻, Hoshikusa-guruma no maki?)

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La jeune Yoshiko Kimura, du village d'Iwaki, se rend en ville à pied et sac à dos afin de voir sa sœur Katsuko, hospitalisée. En chemin, elle croise une procession de pèlerins portant les bannières du sanctuaire Iwakiyama. À l’hôpital, un patient, Aikawa, lui lit les lignes de la main : elle rencontrera son futur mari aujourd'hui ou demain. Après avoir profité des plaisirs de la ville (glace, cinéma…), elle repart vers son village. En route, elle monte sur la charrette de foin de Takichi. Après une halte à une maison de thé (御休處, oyasumidokoro?) au bord de la route, elle monte par erreur sur une autre charrette et s’endort : c’est celle de Teisaku Nagasawa. Elle se réveille chez les Nagasawa. À la ferme, Kihachi, le frère cadet de Teisaku, la découvre. Teisaku lui tend son ombrelle sans un mot et la mère la convainc de rester pour la nuit. Ils dînent tous les cinq ensemble dans la bonne humeur, sans que Teisaku prononce un seul mot. Yoshiko et les deux frères se rendent à la fête du village où des amis de Teisaku le taquinent sur sa « petite amie ». Surprise par les moqueries, elle s'agrippe à son kimono ; il la repousse, puis la prend dans ses bras. Le lendemain, la mère fait venir un policier, accompagné du professeur Ishinaka, pour certifier la virginité de Yoshiko. Le policier l'interroge, puis questionne Teisaku. Yoshiko reconnaît que c'est elle qui lui a pris la main et qu'il l'a tenue par les épaules. Le professeur rédige le certificat. Teisaku reconduit Yoshiko en charrette ; ils entonnent La Montagne bleue (ja). Arrivés à la maison de thé, ils se quittent. Elle s’éloigne. Le professeur rencontre alors Teisaku, qui lui demande si le coup de foudre est une bonne chose. Le professeur lui conseille de la raccompagner chez elle et Teisaku court après Yoshiko avec sa charrette.

Fiche technique

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Distribution

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Épisode 1

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Épisode 2

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Épisode 3

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Autres interprètes

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Autour du film

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Le film sort en 1950 dans une version de neuf bobines (2 631 m, 95 minutes)[3]. Une nouvelle version, ressortie le 14 mai 1963, compte également neuf bobines, mais ne mesure plus que 2 551 m, pour 93 minutes[11]. La copie conservée par le National Film Archive of Japan (8 384 pieds, soit environ 2 555 m, 93 minutes) semble correspondre à cette seconde version[6].

Le film fait suite au succès de La Montagne bleue, adapté lui aussi de Yōjirō Ishizaka et produit par Sanezumi Fujimoto. C'est ce succès qui a conduit Fujimoto à porter à l'écran à nouveau des œuvres d'Ishizaka[12]. Plusieurs interprètes passent d'un film à l'autre, notamment Ryō Ikebe, Yōko Sugi, Setsuko Wakayama (ja) et Kamatari Fujiwara[13]. Le troisième épisode cite directement ce film. Au cinéma, Yoshiko assiste à une projection de La Montagne bleue où apparaît en gros plan Kazuko, la jeune fille à lunettes que jouait Setsuko Wakayama : l'actrice se regarde ainsi elle-même à l'écran[12]. À la fin de l'épisode, Teisaku et Yoshiko chantent et on entend la chanson-titre de La Montagne bleue (ja)[14]. Hiroyuki Taniguchi y voit l'espièglerie de Naruse et un clin d'œil à Ishizaka[15].

Analyse

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Pour Catherine Russell dans The Cinema of Naruse Mikio (en), Rapport sur la conduite du professeur Ishinaka est l'un des quatre films que Naruse réalise en 1950, dans un contexte industriel instable. Les interprétations y sont peu répétées, mais le film est bien construit. Comme les autres films de cette année-là, il s'intéresse moins à la psychologie des personnages qu'aux dynamiques d'une communauté, à la manière d'une étude ethnographique. Le cadre rural d'Aomori est filmé avec soin, avec ses accents et ses fêtes locales. Russell y voit une « trilogie de courtes comédies romantiques » et des récits d'optimisme : de nouveaux couples s'y forment pour bâtir le Japon d’après-guerre. Le professeur, notable que l'on consulte et qui tirera sans doute un roman de chaque histoire, donne au film une dimension réflexive : le film montre comment la vie quotidienne devient récit. Dans le deuxième épisode, le spectacle du corps féminin suscite la culpabilité plutôt qu'un sentiment de libération. Selon Russell, l'émancipation passe plutôt par les trois héroïnes, franches et décidées, à la fois modernes et intégrées à la communauté rurale. Le film évoque le changement des rôles de genre et le fossé entre générations, mais l'harmonie du cadre rural en contient les conflits[4].

Notes et références

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  1. ↑ « Rapport sur la conduite du professeur Ishinaka » (fiche film), sur Allociné.
  2. 1 2 (ja) Kotobank, « 石中先生行状記 Ishinaka sensei gyōjōki », sur コトバンク (consulté le )
  3. 1 2 3 4 Jean Narboni, Mikio Naruse : Les Temps incertains, Paris, Cahiers du cinéma, (ISBN 978-2-86642-283-7), p. 264-265
  4. 1 2 (en) Catherine Russell, The Cinema of Naruse Mikio: Women and Japanese Modernity : 4. The Occupation Years: Cinema, Democracy, and Japanese Kitsch, 1945-1952, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-4312-7), p. 194-198
  5. ↑ (en) « Conduct Report on Professor Ishinaka (1950) - Cast & Crew on MUBI », sur mubi.com (consulté le )
  6. 1 2 (ja) « [NFAJ] 石中先生行状記 Ishinaka sensei gyōjōki (1950) », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le )
  7. ↑ (ja) « 藤本プロダクション Production Fujimoto », sur nipponeiga.com (consulté le )
  8. 1 2 (ja) « Ishinaka sensei gyōjōki », sur Japanese Movie Database (version du sur archive.org).
  9. ↑ La durée varie selon les sources et selon les versions du film : voir la section « Autour du film ».
  10. ↑ (ja) Eiren, « 石中先生行状記 Ishinaka sensei gyōjōki (1950) », sur 映連データベース, 日本映画製作者連盟 (consulté le )
  11. ↑ (ja) « 石中先生行狀記 Ishinaka sensei gyōjōki (1950) », sur nipponeiga.com (consulté le )
  12. 1 2 (ja) Toshiaki Satō, « 『石中先生行状記』Ishinaka sensei gyōjōki (1950) », sur note(ノート),‎ (consulté le )
  13. ↑ (ja) « [NFAJ] 青い山脈 Aoi sanmyaku (1949) », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le )
  14. ↑ Chanson populaire du film homonyme La Montagne bleue écrite par Yaso Saijō et mise en musique par Ryōichi Hattori, interprétée par Ichirō Fujiyama et Mitsue Nara (ja) en 1949.
  15. ↑ (ja) Hiroyuki Taniguchi, « 『石中先生行状記(1950)』Ishinaka sensei gyōjōki », sur 日本映画ブログー日本映画と時代の大切な記憶のために (consulté le )

Liens externes

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