Raymonde Delalande

résistante tourangelle

Raymonde Delalande, épouse Sergent, née le à Saint-Martin-Le-Beau (Indre-et-Loire) et morte pour la France en déportation le au camp d'Auschwitz (gouvernement général de Pologne), est une résistante française citée à l'ordre de la nation, ayant reçu la médaille de la Résistance française.

Biographie

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Raymonde Elise Delalande, dernière enfant d'une famille d'agriculteurs de six enfants[1], est née le à Saint-Martin-le-Beau (Indre-et-Loire). Son père, Etienne Désiré Delalande, cultivateur, est âgé de 47 ans à sa naissance, et sa mère Silvine Rose Lemaine, sans profession, de 41 ans[2]. Les deux aînées de la fratrie sont nées à Saint-Romain sur Cher (Loir-et-Cher), Marguerite en 1884, Marthe en 1885, et les suivants à Saint-Martin-le-Beau : Georgette en 1891, Maurice en 1894, et Jeanne en 1897[3].

Raymonde est allée à l'école primaire d'Amboise et obtient son certificat d’études primaires le [4]. En 1925, elle travaille à Paris en tant que serveuse dans un restaurant. Le , dans le 10e arrondissement de Paris, elle épouse Paul Alphonse Eugène Sergent né le à Bléré, boucher[5]. En 1927, le couple revient à Saint-Martin-le-Beau pour y tenir un hôtel-café-restaurant, le Café hôtel de l’Union, au 2 rue d’Amboise, dont ils deviennent ensuite propriétaires. Le , Raymonde et Paul Sergent ont une fille, Gisèle Léninette Paule.

Engagement et résistance

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Avant-guerre, Raymonde et son époux adhérent au parti communiste français et à la Confédération Générale du Travail Unitaire (CGTU)[6].

Sous l’occupation, Raymonde Delalande dissimule des bouteilles de vin de Touraine en les murant dans la cave de son établissement ainsi que des documents confidentiels entre la charpente et les ardoises et dans le double fond du billard[4]. Elle fait, par ailleurs, disparaître la faucille et le marteau gravés sur la tête de son lit.

Dès , alors que son mari est prisonnier de guerre en Allemagne, Raymonde Delalande, surnommée Le Rossignol, entre dans la résistance en faisant passer des tracts et journaux communistes. Puis à partir de l'automne 1940, elle intègre une chaîne grâce à laquelle des prisonniers de guerre évadés, notamment du camp d’Amboise (Frontstalag 180), des résistants et des juifs gagnent la zone sud ; la ligne de démarcation, délimitée par le Cher, ne se situant qu’à quelques kilomètres. Raymonde héberge ces personnes, les nourrit et les informe sur les trajets à suivre[4].

Raymonde Delalande aura pour nom de code Denise et utilisera pour comme mot de passe « Bonjour ma cousine »[6]. Dénoncée, elle est arrêtée et libérée à deux reprises : la première fois le avant d'être libérée le , la seconde fois le et est libérée le . Le , elle est de nouveau arrêtée et est conduite à la prison de Tours, qu'elle quitte le pour le Fort de Romainville. Le , elle est l'une des 200 femmes déportées par le convoi des 31 000 en direction d'Auschwitz. Elle arrive le mercredi au camp de femmes de Birkenau[3]où on lui tatoue le numéro 31790. À Birkenau, Raymonde Delalande, pour limiter les risques de dysenterie, a l’idée de manger du charbon trouvé dans les cendres des feux que font les SS pour se chauffer sur les chantiers où travaillent les détenues[7]. Plus tard, et trouvant parfois des os d’animaux dans d’autres feux des gardiens, elle les casse afin d’en manger la moelle[8].

Raymonde Delalande meurt le , soit trois mois après son arrivée[9]. Elle est la dernière des tourangelles du convoi à décéder[7]. Des vingt tourangelles du convoi du 24 janvier 1943, seule Hélène Fournier survivra, elle viendra à plusieurs reprises à Saint-Martin-Le-Beau pour témoigner de ce qui se passait au camp d'Auschwitz Birkenau. La fille de Raymonde Delalande Sergent, Gisèle, a été adoptée par la Nation par jugement du tribunal civil de Tours le [10].

Distinctions

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Décorations

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Reconnaissance

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  • En 1950, elle est promue au grade de sergent[3].
  • Le une carte de déporté résistant est établie à son nom, cette carte porte le numéro 201125956[12].
  • L'arrêté du , décide que la mention Mort en déportation est apposée sur les actes et jugements déclaratifs de décès de Raymonde Delalande[13].

Hommages

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Rue Raymonde Sergent à Saint-Martin-Le-Beau

Le nom de Raymonde Sergent est inscrit (période 1939-1945) sur le monument aux morts de Saint-Martin-le-Beau[14], dans le cimetière communal.

A Saint-Martin-Le-Beau, une rue porte le nom de Raymonde Sergent née Delalande, une plaque est apposée sur un mur de sa maison natale, son nom a aussi été donné à une salle municipale et à une résidence de logements sociaux.

Notes et références

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  1. Sylvie Pouliquen, Dames de Touraine, Chemillé-sur-Indrois, Hugues de Chivré, , 288 p. (ISBN 979-10-97407-13-1), p. 192-195
  2. « Acte de naissance. Archives départementales d'Indre-et-Loire »
  3. 1 2 3 4 5 « Page Raymonde Sergent », sur site Mémoire vive (consulté le )
  4. 1 2 3 Chantal Ciret, « Raymonde Sergent, un "Rossignol" difficile à mettre en cage », Résistances en Touraine et en Région Centre : Bulletin de l'association ERIL (Études sur la Résistance en Indre-et-Loire), , p. 31-38
  5. « Archives de Paris. Acte de mariage, registre d'état-civil, vue 16 »
  6. 1 2 Sylvie Pouliquen, Femmes de l'ombre en Touraine, Monts, PBCO, , 176 p. (ISBN 978-2-35042-050-9), p. 66-70
  7. 1 2 Charlotte Delbo, Le Convoi du 24 janvier, Paris, Éditions de Minuit, , 304 p. (ISBN 2-7073-0217-1), p. 267-268
  8. « article de la Communauté de Communes autour de Chenonceaux Bléré Val de Cher »
  9. « site mémorialGenWeb »
  10. Archives départementales d'Indre-et-Loire. Registre d'état civil numérisé, acte de naissance de Gisèle Sergent, 6NUM8/225/015 vue 71
  11. « site Mémoire des Hommes »
  12. Chantal Ciret, « Des femmes-passeurs en région Centre », Résistances en Touraine et en région Centre, bulletin de l'association ERIL (Études sur la résistance en Indre-et-Loire), avril 2011, hors série n°4, page 33
  13. « journal officiel du 19/10/2022, page 17380 »
  14. « site MémorialGenWeb »

Bibliographie

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  • Sylvie Pouliquen, Dames de Touraine, tome I, Chemillé-sur-Indrois, Hugues de Chivré, , 288 p. (ISBN 979-10-97407-13-1), p. 192-195
  • Sylvie Pouliquen, Femmes de l'ombre en Touraine, Monts, PBCO, , 176 p. (ISBN 978-2-35042-050-9), p. 66-70
  • Chantal Ciret, « Raymonde Sergent, un "Rossignol" difficile à mettre en cage », Résistances en Touraine et en Région Centre : Bulletin de l'association ERIL (Études sur la Résistance en Indre-et-Loire),

Liens externes

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