Avant la Seconde Guerre mondiale, il n'existe pas de système national de sauvetage au Canada[2]. La GRC coordonne au cas par cas les secours terrestres en mobilisant des ressources locales de diverses organisations, tandis que le Canadian Life-Saving Service (CLSS) offre un service de sauvetage limité pour les marins des zones océaniques canadiennes et des Grand Lacs[3].
Les opérations de recherche et sauvetage couvrent une gigantesque zone d'environ 15 540 000 km2, soit la totalité du territoire canadien en plus des zones maritimes territoriales et limitrophes, telles l'Atlantique Nord, le Nord-Ouest Pacifique, et l'océan Arctique. Les ressources opérationnelles sont gérées au sein de trois régions distinctes par l'un des trois Centres conjoints de coordination des opérations de sauvetages (CCCOS) (En anglais, Joint Rescue Coordination Centre, JRCC): le CCCOS Halifax, le CCCOS Trenton et le CCCOS Victoria. Le Centre canadien de contrôle de mission (CMCC) à Trenton assure la coordination globale des opérations et la détection des signaux de détresse captés par le réseau Cospas-Sarsat. La zone maritime du Saint-Laurent est supervisée par le Centre de sauvetage maritime de Québec (MRSC Québec) géré par la Garde côtière canadienne et dépend des JRCC de Trenton et de Halifax pour la coordination des opérations de recherche et sauvetage. Les opérations de coordination, de recherche et de sauvetage sont effectuées selon les termes décrits dans le Manuel International de recherche et de sauvetage de l'Organisation Maritime Internationale (OMI) et de l'Organisation de l'Aviation civile internationale (OACI), manuel dont le titre est le IAMSAR, et dont le quatrième volume est l'édition canadienne du Manuel national SAR.
CH-146 Griffon de recherche et sauvetage de l'Aviation royale du Canada durant un exercice au Québec en 2012
Les ressources de recherche et sauvetage sont réparties en cinq escadrons spécialisés et, dans une moindre mesure, trois escadrons de soutien au combat. Plus de 750 militaires, dont 140 techniciens en recherche et sauvetage (Tech SAR)[4], sont assignés au sein de ces escadrons, qui sont soutenus par des équipes au sol et des aviateurs spécialement formés. Les équipes de recherche et sauvetage effectuent plus de 8 700 sorties par année, souvent en assistance aux autorités civiles qui manquent de moyens pour conduire des opérations à grande échelle.
Techniciens
Les 140 techniciens en recherche et sauvetage sont des militaires d'élite, spécialistes du sauvetage en terrain inhospitalier et dans des conditions extrêmes. Entraînés dans une foule de disciplines dont les soins paramédicaux avancés, le parachutisme opérationnel, la plongée autonome, l'alpinisme et la survie en milieu sauvage, ces techniciens opèrent le plus souvent en équipe de deux ou trois à bord d'avions ou d'hélicoptères spécialement équipés. Les Tech SAR suivent un cours intensif d'une durée initiale de 11 mois à l'École de recherche et sauvetage des Forces canadiennes, à Comox, en Colombie-Britannique.
Escadrons
Un CH-146 Griffon équipé pour des opérations de recherche et sauvetage
Il existe cinq escadrons spécialisés en recherche et sauvetage au Canada: deux d'entre eux se spécialisent en sauvetage en mer et quatre d'entre eux partagent des responsabilités de transport tactique. L'escadron de Comox, en plus du sauvetage en mer, sauvetage en montagne et du transport utilitaire, fait office d'escadron d'entraînement opérationnel:
En , le gouvernement canadien annonce avoir retenu l'Airbus C-295 pour renouveler sa flotte d'avions CC-130 et CC-115 avec un programme de 16 appareils d'ci 2023[5].
Le premier appareil a été mis en service à Comox en , et le , l'avion a officiellement assumé le statut de «SAR alert», signifiant qu'un CC-295 est désormais disponible en tout temps pour répondre aux appels d'urgence émis par le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage de Victoria. D'autres escadres, dont celles de Winnipeg, Trenton et Greenwood, doivent également recevoir ces aéronefs dans les prochaines années, bien que la pleine capacité opérationnelle de la flotte ne soit pas attendue avant 2029 ou 2030[6],[7].
Des ressources additionnelles disponibles au besoin incluent:
L'occupation de technicien en recherche et sauvetage est considérée comme l'une des plus dangereuses des Forces armées canadiennes et s'accompagne de blessures fréquentes[8]. Des décès en mission ou en entraînement sont également documentés:
2017: Le caporal-chef Alfred Barr, technicien en recherche et sauvetage, meurt lors d'un entraînement de parachutisme près de Yorkton en Saskatchewan[9].
2015: Le sergent Mark Salesse, technicien en recherche et sauvetage, est porté disparu lors d'un entrapinement après avoir été emporté par une avalanche dans le parc national Banff[10]. Son corps est retrouvé sous environ 2,7 mètres de neige le [11].
2011: Le sergent Janick Gilbert, technicien en recherche et sauvetage, meurt lors d'une mission pour secourir deux chasseurs pris dans les glaces du détroit d'Hecla, près d'Igloulik[12].
↑(fr-CA) Henri Michaud, «Six militaires tués: Un hélicoptère de l’armée s’écrase en Gaspésie au retour d’une mission de sauvetage», Le Soleil, vol.102, no273, , A 1 (lire en ligne)
↑(fr-CA) Jocelyn Coulon, «Six militaires périssent dans l’écrasement de leur hélicoptère», Le Devoir, vol.89, no224, , A 10 (lire en ligne)