Reguieg Habib
Reguieg el Habib Ould El Hadj Miloud (1873 - ) est un notable oranais, bachagha, délégué financier, propriétaire-agriculteur de vastes domaines et personnalité engagée dans la vie publique de l’Algérie durant la première moitié du XXe siècle.
| Reguieg Habib Ould El Hadj Miloud | |
Reguieg Habib en 1918. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Bachagha, Délégué financier | |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Département d’Oran, Algérie française |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Le Trembles, Sidi Bel Abbès, Algérie française |
| Conjoints | Belhachmi Fafa
Chergui Fatima |
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|
Il est particulièrement connu pour son rôle au sein des Délégations financières algériennes, son mécénat en faveur de l’instruction publique et de la formation des jeunes, ainsi que pour ses nombreuses distinctions, dont la Légion d'honneur, dans laquelle il est promu jusqu’au grade de grand officier en 1938[1].
Biographie
modifierOrigines et formation
modifierNé en 1873 dans le département d'Oran, Reguieg Habib appartient à une famille de notables et de nobles (chérifs) musulmans d'ascendance Idrissides de la tribu des Mehadja de la région sur oranaise . Il est le fils de Reguieg Hadj Miloud et le petit-fils de Reguieg Hadj Mohamed, ami de l'émir Abdelkader, financeur de la bataille de la Macta et l’un des premiers à avoir subi une dépossession de 6 000 à 7 000 hectares sur 9 000 hectares ainsi qu’une spoliation de chevaux et de bœufs par le Gouvernement français, après la chute de l’Ouest.
Dans sa généalogie, il est également l’arrière-petit-fils de Sidi Abderrezak[2]. Il suit des études normales en Algérie, où il révèle un goût prononcé pour les mathématiques. Son nom apparaît dans la presse locale dès le début du XXe siècle[3],[4].
Propriétaire et activités économiques
modifierGrand propriétaire, il administre un domaine agricole de plus de 1 000 hectares en Oranie. Il développe également des activités d’exportation de dattes et de moutons, destinées aux marchés régionaux et internationaux. Son parcours illustre le rôle joué par les notables musulmans dans l’éducation, la finance et l’agriculture en Algérie coloniale.

Héritier d’une autorité et d’une noblesse familiale, il est successivement nommé caïd, agha puis bachagha, un statut qui lui confère reconnaissance et respect auprès des populations locales, tout en faisant de lui un intermédiaire privilégié auprès de l’administration coloniale[5].
Engagement dans les Délégations financières (1925–1934)
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Élu en 1925 aux délégations financières algériennes[6],[7], section arabe, par plus de 4 000 voix, il y exerce les fonctions de secrétaire puis de vice-président jusqu’en 1934. Il s’attache avec passion, compétence et vigueur à défendre les intérêts de sa région natale, revendiquant l’égalité des droits entre autochtones et colons. Cette assemblée consultative, créée en 1898, réunissait des représentants des différentes composantes de la société coloniale afin de débattre du budget de l’Algérie. Dans ce cadre, Reguieg plaide notamment pour le développement des infrastructures rurales, de l’enseignement et de la formation professionnelle[5].
Actions, initiatives et engagements sociaux
modifierHabib Reguieg se distingue par son attachement constant au progrès et à l’innovation. En , avec son frère l’Agha Reguieg Abdelkader, il finance un projet expérimental de construction d’un aéroplane[8],[9]. Père de nombreux enfants, il développe un vif intérêt pour l’instruction publique et s’investit activement dans la vie scolaire locale. Président du comité des parents d’élèves de son école municipale, il multiplie les dons en faveur de l’enseignement, ce qui lui vaut d’être nommé officier des Palmes académiques en 1930[10].

Il fut aussi connu pour ses actes de dévouement avec son frère, L'Agha Abdelkader. Comme le rapporte L'Écho d'Oran du , ils ont déclaré à la mairie la découverte d'une caisse perdue[11].
Il participe, en tant que vice-président de la délégation financière, à un programme permettant à quatre-vingts jeunes Algériens d’apprendre un métier et de mettre en valeur leurs compétences[12]. Habib se montre également très actif dans la solidarité locale : il est président d’honneur, en , d’un comité d’aide aux sinistrés d’Oranie et participe aux fêtes des Trembles en [13],[14]. Le , il fut invite a la célébration de la Waada (fête maraboutique) de Sidi Ghalem à Tafraoui[15]. L'Écho d'Oran relate cet événement en soulignant la présence parmi les « notabilités indigènes » de « M. Reguieg, délégué financier, et avec lui son fils, le tout jeune caïd Reguieg, de Mercier-Lacombe ».

Sur le plan politique, il se présente à plusieurs reprises aux élections cantonales en Oranie, notamment en [17],[16].
Figure publique respectée, il multiplie les apparitions officielles : il accompagne le préfet d’Oran lors d’une tournée à Lourmel en [18], il est membre du comité d'honneur pour accueillir les étudiants musulmans d'Afrique du nord en (les fêtes durent une semaine a Lourmel)[19] , il est invité au congrès de la Fédération des élus indigènes comme représentent de l'arrondissement d'Oran le [20], il participe à l'accueil du gouverneur général de l'Algérie à Alger en [21] et il accompagne les gouverneurs dans leurs visites en Oranie[7].

Décès
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Reguieg Habib Ould L’Hadj Miloud décède le au Trembles, près de Sidi Bel Abbès. Sa disparition est relayée dans la presse oranaise et algéroise, qui souligne la perte d’une personnalité de premier plan, attachée à la recherche et à la justice[23].
Distinctions
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Grand officier de la Légion d'honneur — [1],[24],[25]
Officier de l'ordre des Palmes académiques — [10].
Officier de l'ordre du Mérite agricole --- [32]
Décorations étrangères
modifierSources
modifier- L’Écho d'Oran, 8 août 1930.
- L'Écho d'Alger journal républicain 13 octobre 1931.
- L'Union Oran, 16 décembre 1927, page 3.
- L'Écho d'Alger journal républicain, 8 avril 1912.
- L'Écho d'Oran journal d'annonces 8 mai 1930
- La Presse libre journal 3 mai 1930
- Le Mobacher Algérie 21 février 1903
- Les recherches effectuées au Trembles lors de la création de l'état civil.
- L'Écho d'Alger journal républicain 3 décembre 1931 page 3
- L'Écho d'Alger journal républicain 25 juillet 1933 page 4
- L'Écho d'Oran journal d'annonces 24 février 1925
- La Dépêche algérienne journal 20 octobre 1905 p 4
Notes et références
modifier- 1 2 « Légion d'honneur », le temps, , p. 4 (lire en ligne
) - ↑ Les recherches effectuées par le colonialisme français au moment de la création de l'état civil.
- ↑ « Arrête », Le Mobacher, , p. 4 (lire en ligne
). - ↑ « Terrain de Culture », Le Progrès de Bel-Abbès, , p. 3 (lire en ligne
). - 1 2 « Délégations financières algériennes / Gouvernement général de l'Algérie »
, sur Gallica (consulté le ). - 1 2 Reguieg Habib, « Aux Électeurs Indigènes de la 2e Circonscription (Oran-Bel-Abbès) », Le Républicain sud-oranais : Messager de l'Ouest : organe de concentration républicaine,, .
- 1 2 « M- Carde visite l'Oranie », L'Afrique du Nord illustrée : journal hebdomadaire d'actualités nord-africaines : Algérie, Tunisie, Maroc, , p. 12 (lire en ligne
) - ↑ « Aviation », Le Petit Oranais,
- ↑ « Oran, Pour l'Aviration », L'Écho d'Alger : journal républicain du matin, , p. 5 (lire en ligne
) - 1 2 3 « nomination au titre d'Officier d'Académie », Journal officiel de la République française. Lois et décrets, , p. 2092 ("Alessandri-Valdine".zoom lire en ligne
) - ↑ « les Trembles », L'Écho d'Oran : journal d'annonces légales, judiciaires, administratives et commerciales de la province d'Oran, (lire en ligne
) - ↑ « 80 jeunes indigenes », L’Écho d’Alger, , p. 3 (lire en ligne
). - ↑ « Pour les sinistres », L’Union Oran, , p. 3
- ↑ « Les Trembles », L’Écho d’Oran, , p. 2 (lire en ligne
) - ↑ « TAFRAOUI : Fête du marabout Sidi Ghalem », L'Écho d'Oran, , p. 5 (lire en ligne
). - 1 2 Reguieg Habib, « 7e circonscription candidature Reguieg (bel abbes) », L’Écho d’Oran, , p. 6 (lire en ligne
) - ↑ « Elections Cantonales », l'Echo d'Alger, républicain du matin, , p. 4 (lire en ligne
) - ↑ « Lourmel », La Gazette d'Aïn-Temouchent : organe des intérêts régionaux, , p. 2 (lire en ligne
). - ↑ « Les Etudiants Musulmans nord-Africain a Temouchent », La Gazette de Ain-Temouchent, , p. 1 (lire en ligne
) - ↑ « un congres , la Fédération des élu indigènes », L'Union : journal républicain d'union franco-musulmane, (lire en ligne
). - ↑ « Le retour du gouverneur général de l'Algérie », L’Écho d'Alger, Journal républicain du matin, , p. 4 (lire en ligne
). - ↑ « Le retour du gouverneur générale Jules Carde à Alger », L’Écho d’Alger, journal republican du matin, , p. 1 (lire en ligne
). - 1 2 « Oran », L’Écho d’Alger, Journal républicain du matin, , p. 2 (lire en ligne
) - ↑ « Promotion a la légion d'honneur », La Dépêche de Constantine : journal politique quotidien, , p. 2 (lire en ligne
) - 1 2 « REGUIEG EL HABID Ould El Hadj Miloud », sur Ordre national de la Légion d'honneur.
- ↑ « Legion d'honneur », La Presse libre,
- ↑ « Legion d'Honneur », L’Ordre, .
- ↑ « ECHOS, Legion d'Honneur », L’Écho d’Oran, , p. 2 (lire en ligne
). - 1 2 « REGUIEG EL HABIBA EL HADJ MILOUD », sur Ordre national de la Légion d'honneur.
- ↑ « Legion d'Honneur », La Dépêche de Constantine, , p. 1 (lire en ligne)
- ↑ « Legion d'honneur », Journal officiel de la République française. Lois et décrets, (lire en ligne).
- ↑ « Ordre du mérite agricole », Journal officiel de la République française. Lois et décrets, no 12, .
- ↑ « Ordre du mérite agricole », La Dépêche algérienne., , p. 4.
- ↑ « LES TREMBLES », L'Écho d'Oran : journal d'annonces légales, judiciaires, administratives et commerciales de la province d'Oran, (lire en ligne)
Liens externes
modifierVoir aussi
modifier- Reguieg Abdelkader Ould El Hadj Miloud -le frere
- Khaled Reguieg -le fils(Moudjahid a l'OCFLN)
- Reguieg Abdelkader -le fils (Moudjahid au FLN)
- Reguieg El Hadj Mohamed- le fils
- Reguieg el Hadj Ould Mohamed -le neveu